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Mauvaise passe pour les migrants subsahariens à Sfax : Entre rafles et déportations…

Dans la ville tunisienne de Sfax, après une troisième nuit de violences contre les Subsahariens à la suite de la mort d’un Tunisien poignardé lundi lors d’une altercation avec des migrants, le calme est revenu mercredi. Mais la tension reste palpable. De nombreux migrants se cloîtrent chez eux, d’autres ont été escortés par la police hors de leur domicile sous les clameurs des habitants leur intimant de dégager, d’autres encore sont condamnés à fuir la ville par tous les moyens.
Mauvaise passe pour les migrants subsahariens à Sfax

L’inquiétude et la peur sont très palpables parmi les migrants subsahariens, d’autant que plusieurs témoignages font état de migrants arrêtés par la police et transportés dans des bus vers la frontière tuniso-libyenne pour y être abandonnés.

Un groupe d’ONG tunisiennes et internationales ont dénoncé, mercredi, ces pratiques et appelé à porter assistance à ces migrants. Le communiqué ajoute que les organisations signataires « dénoncent les violations de droits humains dont sont victimes les personnes migrantes, demandeuses d’asile et réfugiées et demandent aux autorités tunisiennes de donner des clarifications sur ces faits et d’intervenir en urgence pour assurer une prise en charge de ces personnes ».

Sfax, ville de l’est de la Tunisie, est toujours sous tension même si trois suspects du crime du lundi ont été arrêtés et placés en garde à vue. Faouzi Masmoudi, porte-parole du tribunal de Sfax, fait le point sur la situation : « On a ouvert une enquête, le juge d’instruction s’est chargé de cette enquête pour homicide volontaire. Il y a trois suspects, qui sont maintenant en garde à vue et l’enquête se poursuit. »

Ce crime s’est déroulé après plus de deux semaines de tension dans cette ville, plaque tournante des départs irréguliers vers l’Italie. Des échauffourées ont eu lieu dans plusieurs quartiers entre Tunisiens et migrants subsahariens. Des pneus brûlés en signe de colère barrent la route où est mort Nizar Ben Brahim Amri : ce Tunisien a été poignardé, selon des témoignages, par trois migrants subsahariens. Depuis quinze jours, différentes échauffourées ont eu lieu…

Ces tensions ne sont pas nouvelles. Fin mai, un migrant subsaharien a été poignardé dans son domicile par un groupe de jeunes Tunisiens. Et ce week-end, plusieurs affrontements entre Tunisiens immigrants ont mené à des interpellations.

Pendant la nuit de mardi, des camions sécuritaires du sud et du nord de la Tunisie sont venus en renfort pour évacuer des migrants menacés de représailles. D’autres ont été emmenés dans des bus, escortés par la police vers une destination inconnue : des ONG craignent qu’ils ne soient déportés vers la frontière libyenne.

Kaïs Saïed, chef de l’Etat, a déclaré mardi soir dans un communiqué que la situation à Sfax n’est pas normale et qu’il faut imposer le respect de la loi.

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