mercredi, juin 10, 2026
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Guerre génocidaire d’Israël : L’occupation persiste à user de l’arme de la faim

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : L’occupation persiste à user de l’arme de la faim

Citant le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Farhan Haq, porte-parole de l’ONU, a rapporté lors d’une conférence de presse que « suite à des attaques de missiles vers Israël depuis la nuit dernière, les autorités israéliennes ont fermé aujourd’hui le point de passage de Kerem Shalom / Karem Abu Salem, qui était le seul point de passage vers Gaza opérationnel pour le fret au cours des deux dernières semaines ».

« Cependant, les humanitaires ont été autorisés à récupérer du fret du côté palestinien du point de passage », a-t-il précisé, ajoutant qu’Israël avait également fermé le point de passage de Rafah. Soulignant que « la population de la bande de Gaza dépend d’un flux régulier de biens humanitaires et commerciaux provenant de l’extérieur », F. Haq a déclaré que « l’ONU et nos partenaires humanitaires travaillent d’arrache-pied pour maintenir un flux d’approvisionnement continu et prévisible malgré les restrictions ».

« De tels efforts ne pourront pas être maintenus si les points de passage restent fermés », a-t-il ajouté.

Il a en outre transmis la profonde préoccupation de A. Guterres « par la décision de fermer les points de passage de Kerem Shalom et de Rafah et de suspendre l’entrée des approvisionnements à Gaza ». Il appelle à la « reprise immédiate des mouvements humanitaires à grande échelle vers et à travers Gaza et exhorte toutes les parties à faciliter l’acheminement rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire, conformément à leurs obligations en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire ». Il a également indiqué que Guterres « souligne que l’assistance humanitaire est indispensable à la survie et au bien-être des civils à Gaza ».

« Les besoins humanitaires restent immenses, et l’accès doit rester prévisible, soutenu et sans entrave », a-t-il affirmé.

Interrogé pour plus d’informations sur les fermetures israéliennes, F. Haq a répondu : « À l’heure actuelle, aucun des points de passage n’est ouvert. La distribution de l’aide se fait à l’intérieur de Gaza, mais rien ne rentre de l’extérieur », a-t-il précisé. Notant que l’ONU ne soutient pas la décision israélienne de fermer les points de passage vers la bande de Gaza, il a conclu que l’ONU souhaite que « l’ancien système de trafic humanitaire normal et de trafic commercial normal soit rétabli, et nous n’acceptons donc aucune de ces fermetures ».

  1. Guterres a aussi fait savoir que 136 membres du personnel de l’organisation ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au cours de l’année écoulée, dont 80 dans la bande de Gaza.

A signaler aussi qu’une vingtaine de pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Japon, ainsi que la Commission européenne, ont exprimé lundi leur « profonde préoccupation » face à la situation humanitaire « catastrophique » qui persiste à Gaza, exhortant Israël à ne pas appliquer sa nouvelle loi d’enregistrement ciblant les ONG internationales (ONGI). Dans une déclaration conjointe publiée lundi, les signataires soulignent que l’aide entrant à Gaza reste « largement insuffisante, tant en quantité qu’en qualité », alors que la quasi-totalité de la population dépend de services vitaux.

Le groupe des signataires se dit profondément préoccupé par la récente décision de la Haute Cour israélienne de rejeter le recours des ONGI concernant la loi d’enregistrement. « La loi d’enregistrement affectera et limitera sévèrement la capacité des ONGI à intervenir dans le Territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est », avertit le texte, exhortant à nouveau fermement Israël à ne pas mettre en œuvre cette loi dans sa forme actuelle.

Le communiqué souligne que les ONG internationales font « partie intégrante de la réponse humanitaire ». En travaillant avec les organisations de la société civile palestinienne et les Nations unies, elles fournissent une part importante des services essentiels dans des secteurs tels que l’eau, l’assainissement, les installations d’hygiène, les hôpitaux de campagne, l’éducation, la nutrition et les efforts de déminage.

Qualifiant ces organisations de « professionnelles et transparentes » » les signataires précisent qu’elles jouent un rôle indispensable dans la fourniture d’une aide humanitaire fondée sur des principes. Leur rôle est jugé essentiel pour le relèvement précoce, les efforts de reconstruction et la mise en œuvre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. « Leur travail est crucial pour la survie et le bien-être des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est », insiste la déclaration.

Les signataires dénoncent par ailleurs le fait que la loi sur les ONGI s’inscrit dans « un schéma plus large de mesures restrictives », soulignant les heures d’ouverture et de fonctionnement limitées des points de passage, les restrictions d’entrée pour les produits essentiels considérés comme étant à double usage, ainsi que d’autres obstacles bureaucratiques qui « entravent la réponse humanitaire requise d’urgence pour répondre aux besoins massifs sur le terrain ».

La déclaration appelle également Israël, « la puissance occupante à Gaza et en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est », à se conformer à ses obligations au titre du droit international humanitaire. « L’accès humanitaire est non négociable », précise le communiqué. Les signataires soulignent que toutes les organisations humanitaires reconnues internationalement, les ONGI, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les agences de l’ONU, y compris l’UNRWA, doivent pouvoir mener à bien leur travail vital « sans obstruction ». Et de conclure : « Israël est tenu de garantir et de faciliter, sans délai, l’acheminement sûr, rapide et sans entrave de l’assistance humanitaire à la population civile, et de s’abstenir de toute action qui entraverait de quelque manière que ce soit la livraison de cette assistance, y compris celle fournie par les organisations humanitaires. »

La déclaration a été signée par l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, le commissaire européen à l’Égalité, à la Préparation et à la Gestion des crises (Lahbib), l’Estonie, la France, la Finlande, l’Irlande, l’Islande, le Japon, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède et la Suisse.

La Cour suprême israélienne a rejeté en mai un recours déposé par des organisations de secours internationales opérant en Palestine, et leur a accordé un délai final d’un mois pour soumettre les listes de leurs employés au gouvernement sous peine de devoir cesser leurs activités. Dans un communiqué, le gouvernement israélien a déclaré que « la Cour suprême a rejeté hier un recours déposé par ‘AIDA’, une organisation faîtière représentant 19 organisations non gouvernementales de secours internationales opérant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ». Le texte ajoute que le dépôt de ce recours est intervenu « après que ces organisations se sont abstenues de fournir à Israël les listes de leurs employés locaux, comme l’exigent les procédures d’enregistrement des organisations non gouvernementales et l’examen de sécurité ».

Des dizaines d’organisations de secours internationales rejettent les nouvelles exigences israéliennes, qui incluent notamment la soumission de listes détaillant les noms des employés locaux, l’identification des bénéficiaires de l’aide humanitaire, et l’interdiction de critiquer Israël, comme conditions préalables pour être autorisées à opérer en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les organisations justifient ce refus par plusieurs raisons, citant entre autres la sécurité de leurs employés, la protection de leur vie privée, et la préservation de l’indépendance de l’action humanitaire conformément aux principes du droit international.

Le gouvernement a indiqué, dans son communiqué, que le panel de la Cour suprême, présidé par Yitzhak Amit, a rejeté le recours et a accordé aux organisations un délai final de 30 jours pour soumettre les documents requis. La Cour a estimé que l’exigence de l’État d’obtenir des informations sur les employés locaux, y compris les Palestiniens, constitue « une mesure de sécurité légitime ». Les organisations qui ne fourniront pas les documents requis seront contraintes de cesser immédiatement leurs opérations dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, a affirmé le gouvernement israélien

En décembre 2024, le gouvernement avait décidé d’obliger toutes les organisations internationales fournissant une aide humanitaire aux Palestiniens à s’enregistrer auprès du ministère des Affaires de la diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme avant le 31 décembre 2025, faute de quoi elles perdraient leur licence d’exploitation.

Jusqu’en mars dernier, 129 demandes d’enregistrement avaient été soumises, dont 30 ont été acceptées et 19 rejetées, le reste des demandes étant toujours en cours d’examen, tandis que 34 organisations n’ont même pas entamé les procédures d’enregistrement, selon le gouvernement.

Par le biais d’un communiqué conjoint publié en janvier dernier, 53 organisations internationales ont mis en garde contre « les graves conséquences humanitaires » découlant des mesures d’Israël visant à révoquer les licences de dizaines d’organisations humanitaires dans les Territoires palestiniens. Ces organisations, dont Amnesty International, Médecins Sans Frontières et Oxfam, ont souligné que les mesures d’Israël « entraveront gravement le travail humanitaire et menacent de paralyser les opérations de secours », dans un contexte de besoins humanitaires aigus, et ce, malgré le cessez-le-feu à Gaza.

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