Home MondeConflictualitéLa guerre se poursuit entre Téhéran et Washington : Le baril de pétrole atteint le seuil des 100 dollars

La guerre se poursuit entre Téhéran et Washington : Le baril de pétrole atteint le seuil des 100 dollars

by Perspectives Med
0 comments
La guerre se poursuit entre Téhéran et Washington : Le baril de pétrole atteint le seuil des 100 dollars

De retour de Washington et à l’heure où la région du Kurdistan irakien est pilonnée par intermittence par l’Iran,  Ali al-Zaidi, premier ministre irakien a rencontré jeudi Massoud Pezechkian, président iranien, à Téhéran. Selon un communiqué de la présidence iranienne, A. al-Zaidi, venu à Téhéran pour desconfl contacts officiels, s’est entretenu avec M. Pezechkian. Au cours de cette rencontre, les deux parties ont souligné que les liens historiques, culturels, religieux et entre les peuples des deux pays constituaient un fondement important pour le développement des relations stratégiques, et ont insisté sur l’importance de préserver et de renforcer ces liens. Pezechkian et al-Zaidi ont déclaré que la mise en œuvre intégrale des accords signés précédemment entre l’Iran et l’Irak revêtait une grande importance pour le développement des relations bilatérales et la réalisation des intérêts communs. Les deux parties ont également souligné la nécessité d’utiliser plus efficacement les capacités communes existantes dans les domaines politique, économique, commercial, du transport de transit, de l’énergie et de la coopération régionale. Au cours de la rencontre, il a été souligné que le développement des relations entre Téhéran et Bagdad dans tous les domaines contribuerait à la stabilité, à la sécurité et à la prospérité des deux pays, tout en renforçant la solidarité et la coopération régionales.

Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a dénoncé jeudi une attitude « irrationnelle » et « dominatrice » des Etats-Unis, après 12 jours consécutifs d’attaques américaines contre le territoire iranien et de représailles iraniennes contre les bases américaines au Moyen-Orient. « Le problème réside dans l’approche de l’Amérique, une approche irrationnelle, expansionniste et dominatrice, qui a entraîné une vive réponse de notre part », a déclaré A. Araghchi, eà la télévision d’Etat A. Araghchi, en marge d’une visite à Téhéran du Premier ministre irakien. Le chef de la diplomatie iranienne a souligné qu’aucune mesure ne pourrait être prise par l’Iran à moins que les États-Unis ne réalisent qu’« il n’y a pas d’autre voie que de respecter le peuple iranien et ses intérêts ».

Après une douzième nuit consécutive d’hostilités, l’armée iranienne a juré qu’elle poursuivrait ses « représailles », « tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront ». Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques. L’armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l’armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de « drones hostiles ».

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) en Iran a annoncé, dans son 45ᵉ communiqué, la destruction d’un radar du système de défense antimissile américain THAAD lors de frappes éclair sur des bases américaines en Jordanie. Il a précisé qu’il s’agit d’une punition contre l’armée américaine infanticide et d’une riposte aux agressions répétées contre le territoire de la République islamique d’Iran. D’après le communiqué, un système Patriot et un radar C-RAM ont été ciblés et détruits, tandis que le feu a été mis aux réservoirs de carburant de cette base américaine. Un vaste entrepôt d’équipements pour hélicoptères ainsi qu’un atelier de maintenance et de réparation d’hélicoptères ont également été incendiés et détruits.

Le CGRI a en outre annoncé, dans son 44ᵉ communiqué, l’attaque et la destruction d’un grand entrepôt de matériel militaire, d’un système de défense antimissile Patriot et d’un hangar d’avions sans pilote américains MQ-9 sur la base aérienne d’Ali Al-Salem, en riposte à l’armée américaine infanticide et à son ingérence dans le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution ont également ciblé les lieux d’hébergement des forces américaines ainsi que deux hangars d’hélicoptères dans la caserne d’Udairi, faisant plusieurs morts et blessés parmi les forces agresseurs et causant d’importants dégâts à plusieurs hélicoptères et drones. Une tour de télécommunications a également été visée en réponse aux frappes américaines contre des tours de communication en Iran.

En parallèle, les Forces armées iraniennes ont annoncé jeudi avoir ciblé au Koweït des sites utilisés par l’armée américaine, en réponse aux frappes américaines contre l’Iran. L’armée iranienne a indiqué, dans une déclaration retransmise par la télévision d’État, avoir visé au moyen de drones « des dépôts de munitions et des sites logistiques de l’armée américaine dans le camp de Doha, des réservoirs de carburant sur la base aérienne d’Ali Al-Salem et un dépôt de munitions dans le camp d’Arifjan » au Koweït.

Par ailleurs, le CGRI a annoncé qu’un pétrolier a pris feu à la suite d’une explosion, alors qu’il tentait de franchir la voie minée au sud du détroit d’Ormuz, précisant qu’après l’explosion et l’imposant incendie qui s’est déclaré sur le navire, deux autres bâtiments ont changé de cap. Il a également confirmé que le détroit d’Ormuz est sous le contrôle total des forces iraniennes et qu’il restera entièrement fermé tant que les actes d’agression menés par les États-Unis se poursuivront dans la région.

La veille mercredi, la force navale des Gardiens de la révolution a affirmé que les entrées et sorties du détroit d’Ormuz sont sûres et sous son contrôle total, mettant en garde les navires contre l’emprunt de routes alternatives, car elles sont dangereuses et non sécurisées, entraînant de lourdes conséquences irréversibles. Plus tôt, la télévision iranienne a réitéré que la navigation dans le détroit continue d’être gérée selon les dispositions iraniennes, soulignant que la marine des Gardiens de la révolution maintient le détroit fermé et qu’aucun navire ni embarcation ne peut le franchir. Elle a également indiqué que la volonté de la République islamique reste, jusqu’à présent, de maintenir la fermeture du détroit d’Ormuz.

Ces positions fermes interviennent alors que les États-Unis ont renouvelé leur agression contre l’Iran depuis plusieurs jours, les attaques s’étant principalement concentrées sur la côte sud, ciblant les ports, les tours de contrôle côtières ainsi que de nombreux ports vitaux et infrastructures civiles, ce qui a fait des martyrs. En riposte à cette agression, les forces armées iraniennes ont ciblé les bases et les intérêts américains répartis dans la région, du Golfe jusqu’à la Jordanie et la Syrie, en plus de viser les infrastructures liées à l’effort militaire américain.

Une douzaine de soldats américains ont été grièvement blessés lors d’attaques iraniennes menées par missiles et drones ce mois-ci, ciblant la Jordanie ainsi que d’autres pays, selon un responsable militaire américain cité par le New York Times. Le responsable, qui a requis l’anonymat, a précisé que les soldats ont été évacués par voie aérienne vers un hôpital militaire américain en Allemagne pour y être soignés. Le ministère américain de la Défense s’est refusé à tout commentaire. Ces derniers jours, des sites de suivi du trafic aérien ont repéré des vols d’évacuation médicale effectués par des avions de transport militaire C-17 de l’US Air Force, partis de Jordanie à destination de l’Allemagne.

18 morts et 550 blessés

Ces soldats grièvement touchés font partie des quelque 100 militaires américains blessés annoncés par le Pentagone, suite aux attaques iraniennes depuis le début du mois de juillet. D’après des responsables américains, environ 50 d’entre eux ont été blessés lors de frappes récentes contre des bases militaires en Jordanie où sont stationnées des forces américaines. Le Pentagone a toutefois indiqué que « la plupart des blessés ont repris le service ».

Le ministère de la Défense n’a révélé ces récentes pertes en Jordanie et ailleurs au Moyen-Orient qu’après la publication par le New York Times d’un rapport sur les victimes de quatre attaques survenues la semaine dernière. La dernière en date, vendredi, a coûté la vie à trois soldats et en a blessé plusieurs autres. D’après le journal, 18 soldats américains ont été tués et environ 550 autres blessés depuis le déclenchement de la guerre le 28 février dernier.

Depuis la reprise des agressions contre l’Iran, le quotidien souligne que le Pentagone ne fournit plus que des informations très limitées sur la stratégie militaire américaine, après près de cinq mois de guerre. Le dernier briefing majeur de la Défense sur le sujet remonte d’ailleurs au début du mois de mai.

Dans des communiqués publiés après les frappes US sur des positions iraniennes la semaine dernière, le Commandement central américain (CENTCOM) a affirmé que ces attaques constituaient une riposte aux ciblages par l’Iran de navires commerciaux traversant le détroit d’Ormuz, sans mentionner les attaques iraniennes contre les bases américaines dans la région, y compris en Jordanie. Un responsable militaire américain a fait valoir que le CENTCOM n’était pas tenu de rendre publiques les informations concernant les militaires blessés, en particulier lorsque ces derniers reprennent rapidement le service.

De son côté, Sean Parnell, porte-parole du Pentagone, a nié que l’armée ait dissimulé les pertes américaines ou fourni des informations trompeuses à ce sujet, qualifiant les accusations de dissimulation de « calomnies » à la suite du décès des trois soldats. Quant à Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, il a déclaré que la mort des soldats en Jordanie « ne fait que renforcer notre détermination ».

Selon plusieurs responsables américains, des forces spéciales, des avions de combat, des ravitailleurs, des bombardiers et plus de 150 agents médicaux ont été envoyés ou placés en alerte afin d’augmenter la capacité d’action de Washington dans la région. Ces mouvements interviennent après la mort de plusieurs militaires américains dans des attaques attribuées à des groupes soutenus par l’Iran. Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé la poursuite de ses frappes contre des cibles iraniennes pour le 12ᵉ jour consécutif. Selon l’ancien commandant du Centcom, le général Joseph Votel, ce renforcement ne signifie pas nécessairement qu’une opération militaire majeure est imminente. Il vise avant tout à offrir au président américain et au Pentagone davantage de « flexibilité » et d’options en cas d’évolution du conflit.

Par ailleurs, Roman Gofman, nouveau directeur du Mossad, s’est rendu à Washington il y a une quinzaine de jours afin d’évoquer avec les autorités américaines le conflit opposant Israël à l’Iran ainsi que le dossier du nucléaire iranien, a rapporté mercredi le média américain Axios. Selon deux sources citées par le média et proches des discussions, le chef des services de renseignement israéliens a rencontré John Ratcliffe, directeur de la CIA, ainsi que plusieurs responsables de la Maison Blanche. Cette visite constituait le premier déplacement de R. Gofman dans la capitale américaine depuis sa nomination, en juin, à la tête du Mossad. Considéré comme l’un des plus proches conseillers du Premier ministre israélien, il aurait notamment cherché à coordonner avec l’administration américaine l’approche à adopter dans les négociations en cours avec Téhéran sur un éventuel accord nucléaire, selon une source israélienne citée par Axios.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.