Les groupes d’assaut continuent de pénétrer dans la mosquée Al-Aqsa sous une haute protection des forces d’occupation israéliennes, qui ont imposé des mesures militaires dans la mosquée et aux alentours de la vieille ville d’AlQods occupée, et ont restreint l’accès des fidèles à ses esplanades, répondant ainsi aux appels lancés par des groupes d’extrême droite israéliens pour marquer cet événement.
Le gouvernorat d’AlQods a rapporté que les forces d’occupation ont renforcé leurs mesures aux portes de la mosquée Al-Aqsa ainsi qu’autour de la vieille ville, et ont empêché plusieurs fidèles d’entrer. Il a précisé qu’un nombre très restreint a réussi à atteindre la mosquée pour accomplir la prière de l’aube, avant que les forces d’occupation n’agressent et ne frappent plusieurs citoyens et fidèles. Il a ajouté que les forces d’occupation se sont déployées de manière intensive dans les différentes esplanades de la mosquée Al-Aqsa, tandis que des colons effectuaient la « prosternation épique » près de Bab al-Rahma, dans la zone orientale de la mosquée, soulignant que le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, se trouvait à la tête des assaillants. Le gouvernorat a expliqué que les colons poursuivent l’accomplissement de rituels talmudiques lors de ces assauts, incluant le port des tefilines, la tenue de rituels collectifs et la récitation de chants et de prières à haute voix, au moment où les groupes du « Temple » poursuivent la mobilisation de leurs partisans afin de porter le nombre de participants aux assauts d’aujourd’hui à environ 5 000 colons.
Le ministère des Wakfs et des Affaires religieuses islamiques a affirmé que l’incursion du sinistre I. Ben Gvir et de centaines de colons dans la mosquée Al-Aqsa constitue une violation du statut historique et juridique établi, affirmant que ces assauts et l’accomplissement de rituels talmudiques s’inscrivent dans le cadre de plans visant à imposer le partage temporel et spatial de la mosquée. Le ministère a réaffirmé que la mosquée Al-Aqsa est un « droit exclusif des musulmans », appelant les pays arabes et islamiques à soutenir la fermeté des Palestiniens à AlQods, tout en demandant à la communauté internationale d’agir et de faire pression sur ‘Israël’ pour mettre fin aux violations contre AlQods et les lieux saints.
De son côté, l’imam et prédicateur de la mosquée Al-Aqsa a déclaré que le gouvernement israélien cherche à imposer un nouveau fait accompli dans la mosquée en intensifiant les assauts et les rituels exécutés par les colons.
L’armée d’occupation israélienne a fait état d’une attaque à l’arme blanche dans la colonie d’« Elon Moreh », établie sur les terres de Naplouse, au nord de la Cisjordanie occupée, ayant fait un blessé parmi les colons. L’armée a déclaré que deux Palestiniens avaient été « neutralisés », précisant que l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances de l’opération.
De son côté, le service de secours israélien a indiqué avoir été alerté de la blessure d’un homme de 51 ans, poignardé près d’une ferme à Naplouse, qualifiant son état de grave. Dans la foulée, l’armée israélienne a annoncé l’imposition d’un cordon sécuritaire autour de la localité de Beit Furik, à l’est de Naplouse.
Train d’arrestations
En parallèle, l’armée d’occupation israélienne a lancé, jeudi à l’aube, de vastes raids dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie occupée, interpellant au moins 32 Palestiniens, dont deux enfants et d’anciens prisonniers. Le bureau d’information des prisonniers a précisé que ces arrestations ont ciblé en particulier les gouvernorats de Qalqilya, Naplouse, Tulkarem et Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, ainsi que Bethléem au sud, à la suite d’incursions dans les domiciles palestiniens, accompagnées de fouilles et de saccages. Le bureau a indiqué que les forces d’occupation ont arrêté 10 Palestiniens dans le gouvernorat de Qalqilya, et 6 autres dans le camp de Dheisheh et la ville de Bethléem.
Dans le gouvernorat de Naplouse, les forces d’occupation ont arrêté 6 Palestiniens, dont l’ancien maire de la ville et un ancien prisonnier, outre deux enfants de la localité de Burqa, au nord-ouest.
Les forces d’occupation ont également arrêté 4 Palestiniens dans les localités de Saida et Attil, au nord du gouvernorat de Tulkarem, ainsi que 6 autres dans le gouvernorat de Jénine, après avoir pris d’assaut leurs habitations et agressé les résidents.
Bande de Gaza : Gaza, génocide silencieux, Gaza martyrisée
Dans la bande de Gaza, le correspondant d’Al-Mana a fait état d’un martyr et de blessés dans un bombardement israélien contre des Palestiniens dans l’entourage de l’hôpital Al-Yaman al-Said dans le camp de Jabalia au nord. En outre, des tirs intenses en provenance des véhicules militaires israéliens se trouvant à l’est de la localité d’Al-Qarara, au nord de Khan Younès
On signale par ailleurs que 1,4 million de personnes dans la bande de Gaza devraient être confrontées à des « niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë » d’ici décembre 2026, contre 1,2 million entre la mi-avril et juin, malgré les améliorations enregistrées grâce à l’aide humanitaire, selon une nouvelle analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publiée jeudi.
Selon l’IPC, le nombre de personnes en situation de crise (Phase 3) ou dans une situation plus grave devrait atteindre 67 % de la population de Gaza, tandis que 212 000 personnes devraient demeurer en situation d’urgence (Phase 4). Les cinq gouvernorats de l’enclave sont classés en situation de crise.
Le rapport indique que l’élargissement de l’aide humanitaire à la suite du cessez-le-feu conclu en octobre 2025 a contribué à améliorer la sécurité alimentaire et la situation nutritionnelle. En mai, l’aide alimentaire a ainsi bénéficié à environ 1,49 million de personnes. Toutefois, le document souligne que les rations restent insuffisantes, que les moyens de subsistance se sont effondrés et que 83 % des ménages déclarent ne disposer d’aucune source de revenus, rendant la majorité des familles dépendantes de l’aide extérieure.
L’IPC avertit également que les progrès récents demeurent « extrêmement fragiles », l’aide humanitaire ayant diminué depuis février en raison des contraintes de financement et des incertitudes entourant les opérations des organisations humanitaires internationales. Sans assistance alimentaire, près de 1,9 million de personnes, soit environ 90 % de la population de Gaza, seraient confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë d’ici décembre, prévient le rapport.
Le document estime par ailleurs que 74 200 enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë d’ici avril 2027, dont 11 432 souffrant de malnutrition aiguë sévère.
Parallèlement, 24 600 femmes enceintes et allaitantes ont un besoin urgent d’un soutien nutritionnel.
Enfin, l’IPC appelle à garantir un accès humanitaire durable, à renforcer les programmes de nutrition et à instaurer un cessez-le-feu permanent afin d’éviter une détérioration des progrès récemment enregistrés.

