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N. Maduro et C. Flores jugés en juin 2027 : Les Américains font main basse sur les avoirs pétroliers de Caracas

by Perspectives Med
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N. Maduro et C. Flores jugés en juin 2027 : Les Américains font main basse sur les avoirs pétroliers de Caracas

Lors de leur précédente audience, en mars, leurs avocats avaient demandé l’abandon des poursuites, faisant valoir que les sanctions américaines empêchaient le Venezuela de financer leur défense. Cette requête a toutefois été retirée après que l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’agence du département américain du Trésor chargée des sanctions, a autorisé le déblocage de fonds vénézuéliens destinés aux frais de justice du couple.

Âgé de 63 ans, N.Maduro, et son épouse, 69 ans, ont été transférés aux États-Unis à l’issue d’une opération militaire menée au Venezuela en janvier. Ils sont poursuivis notamment pour narco-terrorisme et trafic de drogue. Les procureurs américains les accusent d’avoir collaboré avec des cartels de la drogue afin d’acheminer des milliers de tonnes de cocaïne vers les États-Unis. « Je suis innocent. Je ne suis pas coupable. Je suis un homme honnête. Je suis toujours le président de mon pays », avait déclaré l’ancien président chaviste lors de sa mise en accusation en janvier. Depuis leur arrestation, N. Maduro et C. Flores sont détenus sans possibilité de libération sous caution au Metropolitan Detention Center, à Brooklyn.

Manne pétrolière

Entre-temps, les exportations de pétrole brut du Venezuela auraient généré plus de 13 milliards de dollars depuis janvier 2026, sans qu’un état détaillé de l’utilisation de ces revenus soit rendu public. Selon des données compilées par Kpler et Argus Media, citées par le Financial Times, ces recettes proviennent principalement des ventes des bruts vénézuéliens Merey, Boscan et Hamaca. Ces revenus s’inscrivent dans un contexte exceptionnel marqué par l’intervention américaine au Venezuela au début de l’année 2026.

Après plusieurs mois de tensions et un déploiement militaire américain dans la région, Washington a pris le contrôle des mécanismes d’exportation pétrolière du pays après l’enlèvement du président et son transfert aux États-Unis pour y être jugé. L’administration US avait initialement présenté son rôle comme temporaire, en se définissant comme un simple « gardien » des revenus pétroliers vénézuéliens. Depuis, Donald Trump a adopté un discours différent, affirmant que les États-Unis « gagnaient beaucoup d’argent » grâce à cette gestion et que les revenus générés dépassaient largement les coûts de l’opération militaire. Le Département d’État assure de son côté que plusieurs milliards de dollars auraient été réinjectés dans l’économie vénézuélienne sous supervision d’un audit confié au cabinet KPMG. Cependant, plusieurs élus américains réclament davantage de transparence.

Des comités de surveillance du Congrès affirment ne pas avoir reçu de documents détaillant ces flux financiers depuis avril. Le représentant démocrate Joaquin Castro dénonce une gestion « sans transparence ni garanties », estimant que les ressources pétrolières constituent un élément central des motivations américaines. À Caracas, un site officiel destiné à suivre les revenus pétroliers administrés par Washington ne mentionne pour l’instant qu’un seul transfert, d’un montant de 300 millions de dollars effectué en mars. L’économiste Francisco Rodríguez estime que la reprise des recettes pétrolières n’a pas encore entraîné d’amélioration économique significative, les fonds reversés au Venezuela restant insuffisants au regard des besoins du pays. La question des revenus pétroliers devient d’autant plus sensible après les séismes du 24 juin, dont les dégâts sont estimés à 37 milliards de dollars par l’ONU. Malgré ses réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde, évaluées à plus de 300 milliards de barils, le Venezuela souffre depuis plusieurs années d’un manque d’investissements et d’une baisse de production. À ce jour, aucune date n’a été annoncée par Washington pour publier une répartition complète des revenus pétroliers collectés depuis janvier.

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