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Pas d’aide militaire conditionnelle à Israël : Les sénat US vole au secours de Tel-Aviv

by Perspectives Med
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Pas d’aide militaire conditionnelle à Israël : Les sénat US vole au secours de Tel-Aviv

Le vote de mardi a été poussé par Bernie Sanders, sénateur progressiste, qui cherchait à ce que toutes les aides US apportées à Israël soient gelées à moins que ce rapport ne soit établi. Pour ce faire, il s’est appuyé pour la toute première fois sur une loi, vieille d’une décennie, qui exige que toute aide militaire ou en matière d’armement soit utilisée conformément aux accords internationaux conclus concernant les droits de l’Homme. Si les sénateurs américains avaient déjà tenté de mettre un terme à des ventes d’armes à d’autres pays dans le passé, ce mécanisme précis n’avait jamais été testé.

La résolution a été rejetée par 72 voix contre onze. Seuls les sénateurs démocrates Jeff Merkley, Bernie Sanders, Chris Van Hollen, Heinrich, Laphonza Butler, Ed Markey, Ben Ray Lujan, Mazie Hirono, Peter Welch et Elizabeth Warren, en plus du sénateur républicain Rand Paul, se sont prononcés en sa faveur. B. Sanders, indépendant proche des démocrates, aura fait chou blanc face au poids du lobby sioniste. « Nous devons nous assurer que l’aide américaine est utilisée conformément aux droits de l’Homme et à nos propres lois », a déclaré B. Sanders dans un discours, avant le vote, où il demandait de soutenir sa résolution, regrettant « l’incapacité », a-t-il dit, du sénat à prendre en considération toute mesure portant sur l’effet de la guerre sur les civils.

Si la mesure a été rondement rejetée, elle reflète toutefois une inquiétude croissante parmi les membres du parti démocrate du président américain Joe Biden, notamment dans son aile la plus à gauche. Les démocrates ayant soutenu la mesure forment un petit groupe d’extrême-gauche au sein de la formation qui ne cesse de croître, ainsi qu’une poignée de libertaires républicains qui s’opposent par principe aux aides étrangères.

La Maison Blanche, de son côté, a noté être opposée à la résolution qui aurait été susceptible d’ouvrir la voie à l’imposition de conditions sur la délivrance de l’assistance sécuritaire à Israël.

Les sénateurs qui se sont opposés à la mesure ont indiqué qu’elle transmettait un mauvais message au moment même où l’État juif est sur le point d’entreprendre une campagne beaucoup plus ciblée.  « Cette résolution n’est pas seulement à côté de la plaque, mais elle est dangereuse. Elle envoie le plus mauvais signal possible au plus mauvais moment », a commenté le sénateur républicain Lindsey Graham.

Ben Cardin, sénateur démocrate et président de la Commission des Relations étrangères, a affirmé que la résolution qui a été écartée était « contre-productive » et qu’elle rendrait plus compliqué, pour les États-Unis, de prévenir une escalade dans le conflit actuel.

John Kirby, porte-parole du Conseil national de Sécurité, a estimé que la résolution était « inapplicable ». « Nous ne pensons pas que cette résolution soit le bon outil pour nous attaquer aux problématiques qui se posent. Et nous ne pensons pas que ce soit le bon moment de la présenter. Elle est inapplicable, très franchement », a-t-il noté. Tout en ajoutant que « les Israéliens ont indiqué qu’ils se préparent à changer leurs opérations, qui perdront beaucoup en intensité. Et nous pensons que cette transition, dans la stratégie de combat, sera utile – que ce soit en termes de nombre de victimes civiles et de renforcement de la délivrance de l’aide humanitaire ».

Les États-Unis donnent à Israël 3,8 milliards de dollars chaque année – pour des aides allant d’avions de chasse à des bombes puissantes, susceptibles de détruire les tunnels du Hamas. J. Biden a par ailleurs demandé au Congrès d’approuver une enveloppe supplémentaire de 14 milliards de dollars.

La résolution de B. Sanders a été déposée dans le cadre de la loi Foreign Assistance Act, qui autorise le Congrès à obliger le département d’État à fournir un rapport sur le respect des droits de l’Homme et toute autre information pour un pays bénéficiant d’une assistance américaine. Cette législation, qui date de 1961, avait été amendée sous l’administration du président Nixon, permettant au Congrès d’assurer la supervision de l’aide militaire américaine à l’étranger. Elle exige que toutes les aides militaires, armements et autres, soient utilisés en respectant les accords internationaux conclus en matière de droits de l’Homme.

Si la résolution avait été adoptée, elle aurait exigé du département d’État qu’il fournisse un rapport au Congrès dans les trente jours. Après réception, le Congrès aurait pu réfléchir à une autre résolution proposant des changements dans l’assistance sécuritaire à Israël.

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