vendredi, avril 24, 2026
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Négociations sous le feu entre Beyrouth et Tel-Aviv à Washington : J. Aoun nie toute rencontre avec B. Netanyahu

by Perspectives Med
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Négociations sous le feu entre Beyrouth et Tel-Aviv à Washington : J. Aoun nie toute rencontre avec B. Netanyahu

Israël et le Liban tiennent jeudi à Washington une nouvelle session de pourparlers au niveau des ambassadeurs, durant laquelle Beyrouth va demander une prolongation de la trêve en vigueur depuis le 17 avril. L’objectif recherché par Beyrouth de cette réunion a trait à « la prolongation du cessez-le-feu, ce qui qui comprend l’arrêt de la destruction des habitations et des agressions contre les civils, les lieux de culte, les journalistes et les corps médical et éducatif », a déclaré jeudi le président Joseph Aoun. Il a ajouté que, dans le cadre des pourparlers, « un contact avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu n’a jamais été envisagé par moi », selon un message publié sur X par le bureau du président. « Pour la première fois, le dossier libanais revient sur la table américaine… ce qui nous ouvre la voie – si les choses se déroulent comme prévu – vers la reprise économique, la reconstruction et bien plus encore ».  Yazid bin Farhan, conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, a été reçu par ailleurs au palais de Baabda. Riyad, impliqué dans le jeu politique libanais depuis des lustres, ne serait pas particulièrement favorable à l’ouverture libanaise sur Israël telle qu’elle se négocie actuellement.

La veille, Nawaf Salam, chef du gouvernement, a réservé ses sentiments à ce sujet au Washington Post, en apportant beaucoup d’eau à son vin. « Nous ne pouvons pas vivre avec une soi-disant zone tampon, une présence israélienne où les personnes déplacées libanaises ne sont pas autorisées à retourner, où les villages et les villes détruits ne peuvent pas être reconstruits », précisant que le Liban ne pouvait signer aucun accord qui ne prévoit pas un « retrait total » des forces israéliennes. « Nous entamons ces négociations convaincus que les États-Unis sont la partie qui peut exercer une influence sur Israël. Leur rôle a été déterminant pour parvenir au cessez-le-feu, et nous espérons qu’ils continueront à exercer leur influence sur Israël », a-t-il déclaré mercredi, après sa rencontre avec le président français. Concernant le désarmement du Hezbollah, exigence centrale d’Israël et des pays occidentaux, le Premier ministre libanais a affirmé qu’il s’agissait d’un « processus ; ce n’est pas quelque chose qui va se faire du jour au lendemain. Mais ce qui importe avant tout, c’est que nous ayons fait preuve de sérieux », a-t-il poursuivi, ajoutant que « la seule façon d’y parvenir est de renforcer l’armée ».

L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a appelé ses ressortissants à quitter le Liban, évoquant un environnement sécuritaire « complexe » et susceptible de se dégrader rapidement. « Nous exhortons les citoyens américains à partir tant que des vols commerciaux sont encore disponibles », indique la mission diplomatique dans un communiqué. Elle recommande à ceux qui choisissent de rester de « préparer des plans d’urgence » et de « suivre de près l’évolution de la situation ».

A signaler que les médias israéliens ont indiqué que les combattants du Hezbollah ont tiré des obus de mortier sur les forces israéliennes au sud du Liban alors que la Résistance islamique a signalé avoir abattu un drone de reconnaissance  israélien dans la localité de Majdal Zoun. Plus, l’armée israélienne a reconnu que 45 soldats israéliens ont été blessés durant les 48 dernières heures au sud du Liban.

Le député Hassan Fadlallah du bloc de la résistance qui s’était exprimé contre les négociations avec la partie israélienne a rappelé que le crime contre les journalistes à At-Tiri « ne détournera pas la Résistance de la riposte ni de l’appel à cesser toute négociation directe avec l’ennemi. »

La machine à tuer sioniste a poursuivi la journaliste Amal Khalil et la photographe Zeynab Faraj dans le village d’At-Tiri, limitrophe de Bint Jbeil, ciblant par des frappes aériennes la zone où elles se trouvaient. Faraj a été grièvement blessée tandis que le contact a été rompu avec Khalil.

Le correspondant d’Al-Manar a rapporté mercredi soir que « le corps de la journaliste martyre Amal Khalil a été retiré des décombres d’un bâtiment de trois étages. Elle a succombé à un raid mené par l’aviation de l’ennemi israélien à At-Tiri, limitrophe de Bint Jbeil, après s’être réfugiée dans une maison avec sa collègue pour se protéger des tirs ennemis ». Les recherches avaient duré jusqu’à minuit, avant que la Défense civile ne la retrouve sous deux plafonds effondrés suite au raid ennemi sur la maison où elle s’était cachée.

Amal Khalil, correspondante d’AlAkhbar, tentait d’atteindre le dernier village avant la zone occupée. En chemin, un drone ennemi a ciblé une voiture qui la précédait, tuant deux jeunes hommes de Bint Jbeil. Amal Khalil s’est alors arrêtée, est descendue de sa voiture et a informé les équipes de secours pour qu’elles viennent transporter les martyrs.

Plusieurs collègues ayant témoigné ont affirmé que l’ennemi a commis un « crime caractérisé avec préméditation ».

Après que l’aviation ennemie téléguidée a frappé la voiture civile qui accompagnait celle des deux collègues, ces dernières se sont déplacées vers un arbre à proximité pour s’abriter. Les secouristes racontent avoir demandé à Khalil de reculer immédiatement, mais elle ne pouvait plus bouger en raison de l’horreur des blessures dans la voiture devant elle.

Lorsqu’elle a repris ses forces pour quitter la zone avec Zeynab Faraj, le drone a frappé de nouveau, à 16h00, ciblant cette fois la voiture de Khalil et la mettant hors d’usage.

Juste après ce raid, des contacts ont été pris avec les secours et l’armée libanaise avant de confier la mission d’évacuation à la Croix-Rouge, qui attendait l’autorisation du « mécanisme » pour bouger. Khalil a alors contacté un collègue pour l’informer de la situation avant de se réfugier dans une maison en attendant la Croix-Rouge.

Pendant plus d’une demi-heure, l’ennemi a refusé l’accès aux deux collègues et aurait demandé à la FINUL de ne pas emprunter la route principale Hadatha – Bint Jbeil. C’est alors que l’aviation de guerre ennemie a bombardé At-Tiri, ciblant la maison où elles s’abritaient. Après s’être assuré d’avoir atteint son objectif de tuer Khalil et Faraj, l’ennemi a donné l’autorisation aux ambulances de la Croix-Rouge de circuler.

Amal Khalil était une journaliste de terrain chevronnée et une voix courageuse qui a consacré sa plume et son objectif à documenter la résilience des villages frontaliers, refusant de céder aux menaces directes de l’occupation.

Israël n’est pas à son premier crime du genre depuis que l’occupation a étendu son agression contre le Liban le 2 mars dernier. Le 28 mars, la voiture d’un groupe de journalistes a été visé ce qui avait entraîné le martyre du correspondant de la chaîne Al-Manar, Ali Choaib et de la consœur et correspondante de terrain d’Al-Mayadeen, Fatima Ftouni, ainsi que du photographe Mohammad Ftouni. Toujours en mars, l’occupation israélienne a mené un raid contre la capitale Beyrouth visant le domicile du directeur des programmes politiques de la chaîne Al-Manar, Mohammad Cherri.

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