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Guerre génocidaire d’Israël : Le Hamas anglué dans le processus de paix…

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : Le Hamas anglué dans le processus de paix…

Le Hamas a annoncé samedi avoir entamé au Caire des réunions avec des médiateurs et des factions palestiniennes afin d’examiner l’achèvement de la mise en œuvre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, ainsi que les modalités de transition vers la deuxième phase. Dans une déclaration vidéo, Hazem Qassem, porte-parole, a indiqué que les discussions porteraient sur l’application complète de la première phase de l’accord, notamment la fin de ce qu’il qualifie de violations israéliennes, la réouverture des points de passage et l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza.

Il a précisé que les pourparlers aborderaient également la deuxième phase de l’accord, incluant des propositions relatives au déploiement de forces internationales à Gaza et au désarmement des factions palestiniennes.

H. Qassem a affirmé que le Hamas abordait ces négociations dans un esprit de responsabilité nationale, plaçant les intérêts supérieurs du peuple palestinien au centre de son action politique. Il a ajouté que le mouvement cherchait à empêcher un retour à la guerre et à protéger les habitants de Gaza.

Une délégation de haut niveau du Hamas, conduite par Khalil al-Hayya, est arrivée au Caire vendredi pour des discussions avec les autorités égyptiennes sur la mise en œuvre de la première phase et la préparation de la suivante. Selon le Hamas, ces discussions s’inscrivent dans le cadre d’un plan en 20 points présenté en septembre par Donald Trump, prévoyant notamment un cessez-le-feu, des échanges de prisonniers, le retrait israélien de Gaza, la mise en place d’une administration technocratique et le déploiement d’une force internationale de stabilisation, ainsi qu’un appel au désarmement du Hamas.

La première phase de l’accord comprenait une trêve et des échanges de prisonniers. Des sources palestiniennes affirment toutefois qu’Israël aurait poursuivi des violations quasi quotidiennes de l’accord. La deuxième phase prévoit notamment de nouveaux retraits israéliens, tandis qu’une force internationale serait chargée de la sécurité, de l’acheminement de l’aide et de la reconstruction.

Selon les autorités sanitaires de Gaza, les violences depuis octobre 2023 ont fait près de 73.000 morts et plus de 173.000 blessés. Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, au moins 947 personnes auraient encore été tuées et 2.935 blessées lors d’attaques attribuées à l’armée israélienne.

La veille vendredi, le Hamas a appelé les pays arabes et islamiques à faire pression sur Israël afin de mettre un terme aux massacres qu’il poursuit dans la bande de Gaza. Dans une déclaration écrite, H. Qassem, a affirmé que « les sionistes occupant criminels poursuivent leurs massacres contre les civils dans la bande de Gaza, tandis que les pays garants, les médiateurs et le prétendu Conseil de paix demeurent incapables de mettre fin à ces crimes, voire même de les condamner ». En s’adressant aux médiateurs, aux pays garants et au Conseil de paix pour Gaza, il leur a demandé « d’exercer une pression sur les forces d’occupation qui rejettent totalement l’accord et ignorent tous les efforts déployés pour mettre fin aux violations ».

H. Qassem a également déclaré que « ce massacre qui se poursuit sous les yeux du monde contre le peuple palestinien impose une responsabilité historique et morale à toutes les parties, en premier lieu à la Ligue arabe et à l’Organisation de la coopération islamique, afin qu’elles prennent des mesures urgentes ».

Tension en Cisjordanie

Des rassemblements et manifestations ont eu lieu samedi dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie occupée pour dénoncer une nouvelle vague de violences attribuées à des colons israéliens. Des habitants et responsables locaux ont signalé des incidents dans les régions de Ramallah, Hébron, Naplouse et Bethléem, dans un climat déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires. Le 5 juin marque la Naksa, l’exode de plus de 300 000 Palestiniens expulsés de Cisjordanie suite à l’occupation par Israël en 1967. Les politiques israéliennes et la violence des colons perpétuent, 59 ans plus tard, le nettoyage ethnique des Palestiniens.

Les mobilisations ont été organisées après plusieurs jours de signalements faisant état d’incendies de terres agricoles, de dégradations de biens, de vols et d’attaques contre des commerces et infrastructures locales. Les habitants décrivent une pression croissante sur les zones rurales et sur les communautés vivant à proximité des colonies israéliennes.

Dans l’est de Ramallah, des incendies ont touché des parcelles agricoles palestiniennes. Des sources locales rapportent que les flammes se sont propagées à plusieurs terrains cultivés avant l’arrivée des secours. Dans le sud de Naplouse, d’autres départs de feu ont été signalés sur des terres plantées d’oliviers, avec des dégâts sur des exploitations agricoles. Des organisations palestiniennes et plusieurs habitants accusent les autorités israéliennes de ne pas empêcher ces attaques et dénoncent une réponse jugée insuffisante face aux violences commises par certains groupes de colons.

De son côté, Israël affirme régulièrement condamner les actes illégaux et maintient que les forces de sécurité interviennent selon les impératifs sécuritaires sur le terrain. Selon des données compilées par des observateurs régionaux, des dizaines d’incidents impliquant des colons ont été recensés ces derniers jours : intrusions dans des villages, destructions de cultures, vols de récoltes, détériorations de véhicules et restrictions d’accès à certaines terres. Au cours des manifestations du 6 juin, des participants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une aggravation de la situation en Cisjordanie et ont appelé à une plus grande protection internationale des civils et des terres agricoles. Ces mobilisations surviennent alors que la Cisjordanie connaît une hausse durable des tensions, alimentée à la fois par les affrontements, les opérations militaires et la multiplication des incidents impliquant des colons face aux habitants palestiniens.

Illégale au regard du droit international, la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée n’en finit pas de s’étendre. Dans le Gush Etzion, région emblématique du mouvement de colonisation, une colonie autorisée par le gouvernement israélien depuis 2024 sort de terre sur un site classé par l’Unesco.  Dénoncée régulièrement par les Palestiniens et les organisations de défense des droits humains, la colonisation israélienne de la Cisjordanie occupée est documentée sur le terrain depuis des décennies. Son ampleur est rendue chaque jour plus évidente. Les outils de visualisation satellitaire s’ajoutent aujourd’hui à l’observation accablante de la minutieuse entreprise d’appropriation territoriale d’Israël, en violation du droit international.

Parmi les derniers exemples en date, la colonie de Nahal Heletz, érigée sur une colline inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco, est particulièrement flagrante tant elle resserre l’étau autour des derniers villages palestiniens restants du Gush Etzion, au sud de Jérusalem. Elle s’inscrit dans l’expansion, visible depuis l’espace, du dispositif colonial israélien. Autorisée en juin 2024, par le gouvernement israélien, en même temps que celle de quatre autres colonies, la construction de Nahal Heletz a été ensuite entérinée par le ministre des Finances israélien, en août 2024 sur son compte X. Le fervent nationaliste et chantre de la colonisation saluait alors une « mission nationale » pour relier le Gush Etzion à Jérusalem. Le ministre justifie la création de Nahal Heletz en réponse à « la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien par plusieurs pays ». Allusion est ainsi faite à l’Irlande, la Norvège et l’Espagne.

Pourtant, l’installation de cette colonie est antérieure à l’autorisation officielle délivrée par Israël, selon plusieurs sources concordantes. En accordant sa bénédiction à la mise en place de Nahal Heletz, le gouvernement ne fait, en réalité, que légitimer un avant-poste déjà existant. Si le droit international proscrit catégoriquement la colonisation des territoires palestiniens occupés, le droit israélien lui-même interdit la formation d’avant-postes. En apparence seulement. Et pour cause, des images satellites permettent aisément de remonter le fil de l’établissement de Nahal Heletz. En août 2023, un an avant l’annonce de Bezalel Smotrich, la zone accordée par Israël pour bâtir la colonie ne présentait encore aucun signe apparent de construction, si ce n’est une route qui remontait jusqu’en haut de la colline.

Entre 2023 et le mois de mars 2024, des constructions sont apparues sur le site de Nahal Heletz, autorisé par le gouvernement israélien seulement à partir de juin 2024. Dès le mois de mars 2024, la route avait été étendue, un terrain avait été dégagé et plusieurs bâtiments étaient sortis de terre. Soit plus de trois mois avant l’autorisation officielle de l’implantation. Contacté sur le sujet, le ministère des Colonies israélien ne nous avait pas répondu à la date de publication de cet article.

Cette méthode du « fait accompli » est symptomatique de l’entreprise coloniale d’Israël, selon Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (Iremmo). « Beaucoup de colonies ont commencé par des faits accomplis qui ont ensuite été habillés juridiquement », explique le co-directeur d’Atlas du Moyen-Orient.

L’ONG israélienne La Paix Maintenant fait remonter les premières traces de Nahal Heletz à décembre 2023. Quoique moins précises que celles de Google Earth, d’autres images satellitaires, obtenues sur la plateforme Copernicus, semblent effectivement rendre compte d’une installation dès le mois de décembre.  Aussi appelée Bar Kokhba en hommage à Shimon bar Kokhba – meneur d’un soulèvement juif contre l’empire romain au IIe siècle – la colonie s’ajoute à Neve Ouri, un avant-poste agricole installé illégalement depuis 2019 sur la même colline. « Une nouvelle colonie signifie de nouvelles mesures de sécurité [israéliennes, NDLR] », rappelle Yonatan Mizrachi, co-directeur du projet « surveillance des colonies » de La Paix Maintenant. Le village de Battir, à moins d’un kilomètre de Nahal Heletz « pourrait par exemple voir une augmentation de la présence militaire ou l’apparition de plus de checkpoints », poursuit-il.

Grâce à cette colonie naissante, Israël consolide le couloir reliant Jérusalem au Gush Etzion. Nahal Heletz s’insère en effet dans ce vaste territoire, symbole du colonialisme israélien, où les dernières villes palestiniennes sont progressivement encerclées et étouffées. Située entre Bethléem et la frontière établie en 1949, cette région est occupée par Israël depuis les années 1960, mais les différentes colonies qui la constituent se sont étendues massivement au cours des quinze dernières années. « Le Gush Etzion est une pièce absolument maîtresse dans le sionisme religieux », raconte Sylvaine Bulle, sociologue spécialiste de la conflictualité politique et environnementale en Israël et autrice de Israël après le 7-Octobre.

Apparue dès 1967, juste après la guerre des Six Jours au cours de laquelle Israël conquiert la Cisjordanie, la première colonie de Kfar Etzion pose les fondations du Gush. Autoproclamée « demeure du peuple juif », la région occupe une place importante dans l’imaginaire sioniste et attire des colons aux aspirations religieuses et traditionnalistes dont l’objectif est de « faire revivre un Israël et une Judée ancestrale », développe Sylvaine Bulle.

L’accélération de la colonisation depuis le début des années 2000, en raison de la pénétration des sionistes religieux dans les coalitions gouvernementales successives et de l’hégémonie politique du Likoud de Benyamin Netanyahu depuis 2009, est particulièrement visible dans le Gush. « Aujourd’hui les questions juridiques ne se posent plus du tout, le gouvernement israélien actuel ne connaît aucune limite », insiste J-P.Chagnollaud.

Entre 2009 et 2024, l’avant-poste de Sde Boaz s’est élargi. En témoignent les images satellitaires qui rendent compte de la formation et du développement de plusieurs avant-postes illégaux, comme Sde Boaz, au sud de la ville palestinienne de Hussan, ou encore Gva’ot, à l’ouest de Nahalin. Plus évidente encore, l’expansion rapide en un peu plus d’une décennie de certaines colonies, implantées depuis le XXe siècle. Reconnue comme une ville indépendante de l’administration du Gush Etzion, la grande cité de Beitar Illit trône depuis les années 1980 sur les hauteurs, face à la ville palestinienne de Wadi Fukin. Entre 2009 et 2024, les immeubles rectilignes n’ont cessé de s’élever pour loger les 60 000 habitants de la colonie, empiétant toujours un peu plus sur les terres de Wadi Fukin.

Entre 2009 et 2024, Beitar Illit s’est sensiblement agrandie, empiétant sur Wadi Fukan en contrebas. À force d’urbanisation, les systèmes d’irrigation, vitaux pour l’agriculture du village palestinien en contrebas, ont été souillés.

À Efrat, plus à l’est, l’expansion est tout aussi visible. En quinze ans, l’extrémité nord de la colonie a vu fleurir de grands quartiers résidentiels, juste en bordure de la ville palestinienne d’al-Khader. Entre 2009 et 2024, le nord de la colonie d’Efrat s’est étendu. Si elle accueille aujourd’hui près de 13 000 habitants, Efrat prévoit d’élargir sa capacité pour, in fine, loger 50 000 colons. Comme beaucoup d’autres colonies, elle se félicite également d’accueillir des olims – des immigrants juifs venus de l’étranger.

Sensiblement moins peuplé, le kibboutz de Migdal Oz reste révélateur dans l’assise grandissante des colons en Cisjordanie occupée et dans le Gush Etzion. En quatorze ans, un vaste parc industriel est apparu à l’est de la petite communauté. Entre 2010 et 2024, une zone industrielle conséquente est sortie de terre à l’est de la colonie de Migdal Oz. Le site accueille, pêle-mêle, une gare routière, des ingénieurs électriciens, un supermarché ou encore Caliber-3, « académie du contre-terrorisme » qui propose des formations militaires pour adolescents ou des immersions touristiques dans la peau d’un soldat israélien.

Cette expansion, dont l’intensité a encore augmenté après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, s’appuie sur des revendications régulières de dunams (unité de mesure héritée de l’empire ottoman) cisjordaniens de la part d’Israël. Progressivement, Tel-Aviv resserre son étreinte sur la Cisjordanie occupée, en violation directe de la IVe convention de Genève, sans grande opposition de la communauté internationale.

« Il est clair que les États n’ont rien fait de concret, souligne J-P Chagnollaud, si ce n’est quelques mesurettes pour empêcher que les produits venant de la colonisation soient commercialisés ». Le chercheur rappelle toutefois l’information, rapportée par le quotidien israélien Haaretz, du dépôt par la Cour pénale internationale (CPI) de mandats d’arrêts à l’encontre de figures phares de la colonisation comme B. Smotrich ou la ministre des Colonies, Orit Strock. « Ça voudrait dire que ces gens-là sont poursuivis pour crimes de guerre, car la colonisation est un crime de guerre. » Confirmée par un Bezalel Smotrich particulièrement véhément à l’égard de la cour, la nouvelle a toutefois été démentie par la CPI.

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