Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, de retour de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, a estimé que les équipes de réponse « couraient encore après l’évolution du virus », qui continue de se propager. « L’épidémie évolue rapidement », a-t-il déclaré lors d’un point presse hybride, soulignant que la réponse devait être portée par les autorités nationales, l’appropriation communautaire et une coordination étroite entre partenaires.
Le plan conjoint de préparation et de réponse, élaboré par l’OMS, l’Africa CDC et leurs partenaires, repose sur le principe « un plan, un budget, une équipe » et couvre la coordination d’urgence, la surveillance, les tests de laboratoire, la prévention des infections, la prise en charge clinique, l’engagement communautaire, la recherche et la logistique. A.G. Tedros a indiqué que le coût de ce dispositif pour l’année s’élève à 518 millions de dollars.
Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC, a indiqué que l’épidémie a atteint 397 cas confirmés et 63 décès, avec plus de 5 009 contacts suivis. Le taux de létalité est estimé à environ 15,9 %. Onze pays sont considérés comme à risque. Depuis sa déclaration le 15 mai, l’épidémie s’est étendue d’une province et trois zones de santé à trois provinces en République démocratique du Congo et 26 zones de santé touchées. « Cela montre que l’épidémie se déplace, avec l’épicentre toujours en Ituri, où se concentrent plus de 90 % des cas et 70 % des décès », a-t-il précisé.
J. Kaseya a qualifié cette flambée de Bundibugyo de « la plus grave » parmi les trois épidémies enregistrées liées à cette souche, et de « quatrième plus importante » en nombre de cas confirmés. Si la tendance se poursuit, elle pourrait devenir la troisième plus importante.
Les responsables ont évoqué la désinformation, l’insécurité et la forte mobilité des populations comme principaux défis. A.G. Tedros a averti que « la désinformation est presque aussi dangereuse que le virus lui-même », tandis que J. Kaseya a regretté que certaines communautés s’interrogent encore sur l’absence de vaccins et de traitements disponibles malgré près de deux décennies d’épidémies d’Ebola. Ce dernier a également indiqué que près de 498 millions de dollars avaient été promis par les partenaires, mais que peu de fonds avaient été effectivement débloqués, appelant à transformer les engagements en financements concrets.

