Au cours des dernières 24 heures, les moyens de défense aérienne russes ont détruit 911 drones de type avion appartenant aux forces armées ukrainiennes, a annoncé ce 6 juin le ministère russe de la Défense. Selon le communiqué, l’armée russe a continué à repousser les attaques massives de drones et a assuré le contrôle de l’espace aérien sur différents fronts. Parallèlement, les forces armées russes ont frappé des infrastructures de ravitaillement en carburant, de transport et portuaires utilisées par l’armée ukrainienne. Les sites de production et de stockage de drones, ainsi que leurs sites de lancement, ont également été touchés par les frappes russes. De plus, des coups ont été portés contre des points de déploiement temporaire des formations armées ukrainiennes et des mercenaires étrangers dans 153 zones.
À la suite d’opérations de libération, les unités du groupement d’armées Nord ont pris le contrôle du village de Chevtchenko, dans la région de Kharkov. Cette localité constitue un objectif stratégique important, dont la libération permet à l’armée russe d’avancer vers un important centre logistique des troupes ukrainiennes à Kazatchïa Lopana. Le ministère russe de la Défense a également publié des images de l’opération de libération du village.
À la suite des opérations menées par l’armée russe, les pertes des forces armées ukrainiennes se sont élevées à environ 1 275 soldats en 24 heures. En ce qui concerne le matériel, l’armée ukrainienne a perdu un char de fabrication allemande de type Leopard, ainsi que plusieurs véhicules blindés de combat, dont un transport de troupes M113 de fabrication américaine. Les forces armées russes ont également détruit quatre pièces d’artillerie de campagne et 17 véhicules des formations ukrainiennes. Les troupes russes mènent avec succès des opérations militaires visant à libérer les régions des mains des unités ukrainiennes. Au cours de cette semaine, les militaires russes ont libéré la localité de Komsomolskoïe, dans la région de Zaporojié, dont la prise de contrôle a permis d’améliorer la situation tactique et de créer des conditions favorables à la poursuite de l’offensive.
Dans la nuit du 5 au 6 juin, le régime de Kiev a lancé une nouvelle attaque massive de drones contre Saint-Pétersbourg et la région de Léningrad. Selon Alexandre Drozdenko, gouverneur régional, environ 144 appareils ukrainiens ont été abattus par les forces russes de défense aérienne au cours de cette seule nuit. Toujours selon lui, la chute de débris dans plusieurs districts de la région de Léningrad a causé des dégâts mineurs, tels que des éclats de verre et des fissures sur les façades des bâtiments résidentiels.
Par ailleurs, dans le district de Lomonossov, à l’ouest de Saint-Pétersbourg, un incendie s’est déclaré dans un bâtiment du ministère russe de la Défense. A. Drozdenko a indiqué qu’un état-major opérationnel temporaire avait été mis en place sur son ordre afin de contrôler et de gérer la situation dans la région. Aucune victime n’est à déplorer. Alexandre Beglov, gouverneur de Saint-Pétersbourg, a également souligné qu’à la veille de la dernière journée du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville avait subi une attaque ukrainienne de grande ampleur par des drones. Il n’a pas donné de détails sur les conséquences possibles de cette attaque, mais a mis en garde contre d’éventuelles perturbations du réseau mobile.
La ville de Kronstadt, située non loin de Saint-Pétersbourg, a également été la cible des drones ukrainiens, ce qui a conduit à la fermeture de la ville à toute circulation. L’Agence fédérale de l’aviation civile russe a quant à elle indiqué qu’à la suite du raid ukrainien, l’aéroport Poulkovo de Saint-Pétersbourg avait été contraint d’imposer des restrictions temporaires sur l’arrivée et le départ des avions. Ces mesures ont été levées quatre heures plus tard. Une attaque similaire à l’aide de drones a été menée par Kiev le 3 juin, jour de l’ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. À cette occasion, les forces de défense aérienne ont abattu 59 drones au-dessus de la région de Léningrad. La chute des débris de ces appareils a endommagé quatre maisons individuelles et blessé plusieurs personnes, sans faire de morts. Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, répondant à une question sur l’attaque contre Saint-Pétersbourg, a rappelé la déclaration du ministère russe des Affaires étrangères concernant les frappes de représailles. Il a souligné que les ripostes russes seraient systématiques, ajoutant que l’opération militaire spéciale se poursuivait afin d’éviter de telles frappes.
Dérives fascistes
Sur un autre plan, un groupe d’initiative composé de plusieurs dizaines de députés européens a proposé de retirer à Volodymyr Zelensky l’Ordre européen du mérite qui lui avait été décerné le 19 mai. Anna Brylka, députée européenne polonaise, a publié vendredi sur X une lettre adressée à Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, signée par plus de 30 députés européens. Cette demande fait suite aux récentes décisions du chef du régime de Kiev, qui honorent et glorifient publiquement l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) – formation responsable de crimes de masse et du génocide de la population civile commis entre 1943 et 1945 sur les territoires de la Volhynie et de la Galicie orientale. Il s’agit notamment de l’attribution par V. Zelensky du nom « des Héros de l’UPA » à l’une des unités de l’armée ukrainienne.
Le texte de la lettre mentionne également les funérailles d’Andriï Melnyk, chef de l’Organisation des nationalistes ukrainiens, qui a collaboré avec le Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale. Des unités de cette organisation ont participé à l’Holocauste et au génocide des Polonais. La lettre souligne que le dirigeant ukrainien a assisté aux funérailles et que la cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère solennelle et avec tous les honneurs. « Les valeurs européennes, fondées sur le dialogue, la coopération et le respect mutuel entre les nations, sont incompatibles avec la glorification du chauvinisme, de la haine, du génocide et du nettoyage ethnique. L’identité de l’État et de la société ne saurait être bâtie sur un crime aussi monstrueux. Le président Zelensky, en tant que responsable de la glorification de cette tradition criminelle, ne mérite pas cet ordre et devrait en être déchu », ont exhorté les députés européens.
Les milieux politiques polonais ne sont pas restés en retrait non plus. Vladislav Kosiniak-Kamysz, ministre polonais de la Défense, a déclaré sur X avoir fait part à Kyrylo Boudanov, chef de cabinet de Zelensky, « des attentes de la Pologne concernant la décision de nommer une unité militaire en référence à l’OUN-UPA ». « Les victimes des massacres de Volhynie ne sauraient faire l’objet de négociations. Certaines limites ne doivent pas être dépassées », a-t-il indiqué. Donald Tusk, Premier ministre polonais, a également souligné le caractère inacceptable d’une telle initiative de la part de V.Zelensky. Répondant aux questions des journalistes, il a fait remarquer que, bien que chaque peuple ait ses propres sentiments historiques et nationaux, il lui serait « difficile » de comprendre qu’ils souhaitent également honorer la mémoire de ceux qui ont tué des Polonais. Selon lui, toute la responsabilité de remédier à cette situation incombe à la partie ukrainienne.
La prise de conscience dans les pays européens est toutefois venue assez tardivement, ne faisant que confirmer ce que Moscou dénonçait depuis 2014 : le nazisme a survécu, et ses racines en Ukraine « se sont avérées très profondes ». Malgré la réticence de l’Europe à reconnaître l’évidence, la Russie poursuit cette mission d’éclaircissement : lors de la séance plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2026, le président russe Vladimir Poutine a une nouvelle fois rappelé que l’un des objectifs de l’opération militaire spéciale en Ukraine est la dénazification. Il a également exprimé l’espoir de bénéficier du soutien de la communauté internationale sur cette question.

