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Un cessez-le-feu « flou » pour Gaza : La boucherie des sionistes se perpétue

Alors que la guerre fait toujours rage dans la bande de Gaza, les radars sont braqués sur Doha et Le Caire vers lesquelles des responsables de l’administration US ont été missionnés pour « boucler », s’ils le peuvent, le dossier du cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne. En attendant, la barbarie sioniste est toujours en vigueur contre les Gazaouis. Pas moins de 4 massacres ont été commis lors des dernières 24 heures, occasionnant 115 martyrs, pour l’essentiel des enfants et des femmes. Le nouveau bilan établi par le ministère de la Santé de Gaza fait état de 36.586 martyrs et 83.074 blessés depuis le 7 octobre.
Un cessez-le-feu « flou » pour Gaza : La boucherie des sionistes se perpétue

Le chef de la CIA et un conseiller spécial de la Maison Blanche sont attendus mercredi au Proche-Orient pour tenter de rallier des soutiens à la dernière proposition de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Brett McGurk, conseiller spécial de Joe Biden pour le Proche-Orient, est arrivé au Caire où une délégation de responsables de la résistance palestinienne, du Jihad islamique et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a été invitée par les responsable égyptiens pour évaluer la situation à Gaza. Alors que William Burns, est à Doha où le Hamas dispose toujours de ses quartiers.  Une source qatarie, pays qui mène avec l’Egypte et les Etats-Unis la médiation indirecte entre Israël et le Hamas, a dit que W. Burns, patron de la CIA, était attendu à Doha, pour « continuer à œuvrer avec les médiateurs à conclure un accord » de cessez-le-feu alors que le site américain Axios assure que B. McGurk, est, lui, était attendu au Caire, quelques jours après l’annonce du président américain d’une nouvelle proposition d’accord.

Le plan présenté par Joe Biden prévoit un cessez-le-feu de six semaines accompagné d’un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, la libération de certains otages, notamment les femmes et les malades, et de prisonniers palestiniens détenus par Israël. Ce plan vise à établir un cessez-le-feu « permanent » dans une phase ultérieure, à condition que le Hamas « respecte ses engagements », précise le locataire de la Maison Blanche. Ismaël Haniyeh, leader du Hamas, avait assuré mercredi que la résistance palestinienne étudie avec sérieux et dans un esprit positif toute proposition destinée à arrêter l’effusion du sang. Mais pas à n’importe quel prix, l’offre palestinienne déjà formulée devant garantir la cessation définitive des hostilités, le retrait total de l’armée sioniste de l’enclave palestinienne, l’échange des prisonniers et la reconstruction de la bande de Gaza. Il n’a pas manqué, non plus, de souligner que la ville d’Al-Qods, dont l’esplanade a été investi par les colons israliens sous bonne garde, représentait une question centrale dans la lutte du peuple palestinien. La veille, lors d’une conférence de presse à Beyrouth, le responsable du Hamas Oussama Hamdane a déclaré que la réponse d’Israël aux médiateurs concernant une proposition de cessez-le-feu acceptée par le mouvement palestinien le 6 mai « évoqu[ait] l’ouverture de négociations sur tout et sans fin ». Le Hamas a, en outre, fait savoir aux médiateurs qu’il « ne [pouvait] accepter un accord qui ne garantisse pas… un cessez-le-feu permanent et le retrait [israélien] complet de la bande de Gaza, ainsi que la conclusion d’un accord (…) sur l’échange de prisonniers », a poursuivi O. Hamdane.

Face aux manœuvres américaines, dans la nuit de mardi à mercredi, le cabinet de guerre israélien s’est réuni pour discuter des derniers développements liés à la guerre à Gaza et ce, peu après que les deux partis ultraorthodoxes membres du gouvernement Benyamin Nétanyahou ont dit soutenir la proposition annoncée par J. Biden. Selon la télévision publique israélienne KAN, le cabinet a décidé, au cours de cette réunion, de demander aux Etats-Unis des garanties pour poursuivre la guerre contre le Hamas si le mouvement islamiste palestinien violait l’accord.

Tout cela se déroule alors que deux coup de théâtre viennent d’avoir lieu en Slovénie et aux USA. Le Parlement slovène a voté mardi un décret reconnaissant l’Etat de Palestine, la coalition au pouvoir ayant décidé de passer en force et de rejeter une motion de l’opposition. Une semaine après l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, le petit pays alpin a franchi le pas après moult rebondissements. Le décret a été approuvé par 52 voix, l’opposition ayant boycotté la séance. Alors qu’à Washington, la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de loi autorisant l’imposition de sanctions à la Cour pénale internationale (CPI), en réponse à la demande de son procureur général d’émettre des mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens.

Flou américain :

J. Biden a semblé, mardi, revenir sur les propos qu’il avait tenus récemment sur B.Nétanyahou dans une interview au magazine Time, dans laquelle il laissait entendre que le premier ministre israélien faisait volontairement traîner la guerre à Gaza. Cet entretien, publié plus tôt mardi, s’était tenu avant que le président américain, dont les relations avec B. Nétanyahou sont notoirement compliquées, annonce une proposition présentée comme israélienne pour un cessez-le-feu à Gaza, et qui a été froidement accueillie par le chef du gouvernement israélien. A la question de savoir s’il croyait que B. Nétanyahou faisait traîner la guerre dans son propre intérêt politique, M. Biden avait répondu : « Il y a tout lieu pour les gens de tirer cette conclusion. » Mais un peu plus tard, à la Maison Blanche, le démocrate de 81 ans a semblé revenir sur ses propos lorsqu’on lui a demandé si M. Nétanyahou s’adonnait à « des calculs politiques ». « Je ne pense pas, il cherche à résoudre ce gros problème qu’il a », a-t-il lancé à la presse. Le dirigeant américain a toutefois reconnu dans l’interview à Time avoir un « désaccord majeur » avec lui au sujet de l’après-guerre dans le territoire palestinien, et a jugé qu’Israël avait eu un comportement « inapproprié » pendant le conflit, déclenché par une attaque du Hamas le 7 octobre.

A Doha, on tente de temporiser. « Nous n’avons pas encore vu de position très claire de la part du gouvernement israélien sur les principes énoncés par [Joe] Biden », a déclaré mardi Majed Al-Ansari, porte-parole du ministère des affaires étrangères qatari, lors d’une conférence de presse. « Nous avons lu et vu les déclarations contradictoires émanant des ministres israéliens, ce qui ne nous donne pas beaucoup confiance sur l’existence d’une position unifiée en Israël sur la proposition actuellement sur la table », a ajouté le responsable qatari, dont le pays joue le rôle de médiateur entre Israël et le Hamas. M. Al-Ansari a aussi souligné que le Hamas n’avait pas non plus annoncé sa position. « Nous n’avons vu aucune déclaration des deux côtés nous donnant beaucoup de confiance dans le processus », a-t-il déclaré, en affirmant toutefois que « le processus progresse » et que Doha collabore « avec les deux parties ».

Drames multiformes :

Dans la bande de Gaza, la situation s’aggrave au fil des jours et à mesure que l’armée sioniste persiste dans ses raids et bombardements indiscriminés. Les habitants en sont réduits à boire des eaux usées et à manger des aliments pour animaux, a dénoncé mardi la responsable régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en plaidant pour une augmentation immédiate de l’aide humanitaire au territoire assiégé. La guerre entre Israël et le Hamas dans l’étroit territoire palestinien a aussi des répercussions sur les soins de santé dans l’ensemble de la région, a mis en garde Hanan Balkhy, directrice régionale de l’OMS pour la Méditerranée orientale, lors d’un entretien avec l’AFP au siège de l’Organisation, à Genève. La responsable, qui a pris ses fonctions en février, a aussi mis en avant l’impact de la guerre sur les enfants à long terme.

Mardi, l’ONG Oxfam s’est indignée en évoquant « les conditions de vie (qui) sont tellement épouvantables qu’à Al-Mawasi il y a juste 121 latrines pour 500 000 personnes. Ce qui signifie que 4 130 personnes doivent partager chaque WC ». Al-Mawasi est un village du gouvernorat de Rafah (sud de la bande de Gaza) où nombre de Palestiniens se sont réfugiés depuis le début de l’offensive israélienne à Rafah. Alors que « 1,7 million d’habitants » sont désormais concentrés sur « moins d’un cinquième de la bande de Gaza », « les bombardements aériens et terrestres incessants d’Israël et l’obstruction délibérée à la réponse humanitaire rendent pratiquement impossible l’accès des organisations humanitaires aux civils pris au piège et affamés », dénonce Oxfam dans ce communiqué intitulé « Le risque de famine augmente alors qu’Israël rend l’aide à Gaza pratiquement impossible ». « Lorsque la famine sera déclarée, il sera trop tard. Lorsque la faim entraînera de nombreux décès supplémentaires, personne ne pourra nier les conséquences terribles du blocage délibéré, illégal et cruel de l’aide par Israël », a dénoncé Sally Abi Khalil, directrice d’Oxfam pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a déclaré le même jour qu’il soutenait le plan de cessez-le-feu à Gaza présenté par le président américain. « Toute initiative qui mène à un cessez-le-feu conduisant à une cessation de ce qui se passe actuellement est bien sûr la bienvenue », a -t-il déclaré depuis la Malaisie où il est arrivé dimanche dans le cadre d’une tournée en Asie du Sud-Est. V. Türk a estimé que la situation à Gaza était au-delà de toute description. « C’est plus que catastrophique », a-t-il souligné. Les normes de la conduite de la guerre y sont « brutalement violées », a avancé M. Türk. Il n’y a « aucune sécurité à Gaza, et c’est une situation très tragique », a-t-il encore déclaré.

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a jugé mardi « inconcevable » que plus de cinq cents Palestiniens aient été tués en Cisjordanie depuis le 7 octobre. « Comme si les événements tragiques survenus en Israël puis à Gaza au cours des huit derniers mois ne suffisaient pas, la population de la Cisjordanie occupée est également soumise, jour après jour, à une effusion de sang sans précédent. Il est inconcevable que tant de vies aient été fauchées de manière aussi gratuite », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Selon V. Türk, les forces israéliennes ont tué, le 1er juin, un adolescent palestinien et en ont blessé grièvement un autre, près du camp de réfugiés d’Aqabat Jaber, proche de la ville de Jéricho, ajoutant que le deuxième jeune est mort le jour suivant. « Leur mort, ainsi que celle de quatre autres Palestiniens tués par les forces de sécurité israéliennes lundi, porte à 505 le nombre de Palestiniens tués depuis le 7 octobre, selon les informations évaluées par le Bureau des droits de l’homme des Nations unies », a-t-il détaillé, demandant que les responsabilités soient établies.

Selon les responsables palestiniens, au moins 522 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens depuis le début de la guerre. « Les meurtres, les destructions et les violations généralisées des droits humains sont inacceptables et doivent cesser immédiatement », a demandé le haut-commissaire, appelant Israël à « adopter mais aussi à appliquer des règles d’engagement » pleinement conformes aux normes en matière de droits humains.

Plus de 3 000 policiers sont mobilisés pour la « Journée de Jérusalem » qui a permis aux colons israéliens d’organiser la marche des drapeaux. Cette année encore, Itmar Ben Gvir le ministre de la Sécurité nationale, et chef de file du parti suprémaciste Force juive a exigé que le défilé suive l’itinéraire polémique des années précédentes et passe par le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem pour atteindre le mur des Lamentations.

Il y a tout juste deux ans, le Hamas avait tiré des roquettes sur Jérusalem au moment de la marche des drapeaux. Et des affrontements avaient fait plus de 300 blessés côté palestinien.  Cette année, à l’avant-veille de cette journée riche en tension, plusieurs centaines de personnes ont organisé aux abords de la vieille ville une marche multiconfessionnelle pour demander l’arrêt des combats à Gaza et la libération des otages.

Dans la journée de mercredi, au moins une vingtaine de Palestiniens ont été arrêtés par les services de sécurité déployées en Cisjordanie.

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