#Libération_Palestine

Logo Perspectives med

Nouvelle trêve fragile à Gaza : Le Hamas revendique l’opération d’Al-Qods

La trêve entrée en vigueur le 24 novembre entre Israël et le Hamas, au pouvoir à Gaza, a été prolongée in extremis le 30 novembre matin, ont indiqué les deux belligérants. La trêve devait expirer à 7 heures locales ce 30 novembre, mais un quart d'heure avant l'échéance, l'armée israélienne a publié un communiqué indiquant que la « pause opérationnelle » allait « continuer », « à la lumière des efforts des médiateurs pour poursuivre le processus de libération des otages » détenus à Gaza. La trêve reste fragile, l’armée israélienne persistant dans ses opérations. En Cisjordanie, la situation reste explosive avec un attentat meurtrier revendiqué par le Hamas.
Nouvelle trêve fragile à Gaza : Le Hamas revendique l’opération d’Al-Qods

Le Hamas a indiqué que la trêve était prolongée pour « un septième jour ». Le gouvernement israélien a annoncé avoir reçu une nouvelle « liste » de noms de femmes et enfants otages dans la bande de Gaza devant être libérés dans la journée en échange de prisonniers palestiniens, conformément à l’accord de trêve avec le mouvement de résistance palestinien du Hamas.

« Conformément aux termes de l’accord, Israël a reçu il y a peu de temps une liste [de noms] de femmes et d’enfants », a indiqué peu après un communiqué du bureau du Premier ministre israélien, sans préciser le nombre de ces otages devant être libérés.

La trêve, entrée en vigueur le 24 novembre pour quatre jours puis prolongée de deux, a déjà permis la libération de 70 otages israéliens et de 210 prisonniers palestiniens. En outre, une trentaine d’étrangers ou binationaux, dont trois ressortissants russes et plus d’une dizaine de Thaïlandais, ont été libérés hors du cadre de cet accord. Un nouveau groupe de dix otages israéliens a été remis à la Croix-Rouge, dont cinq binationaux. Le Hamas a aussi signalé avoir relâché deux femmes otages russes et quatre Thaïlandais. En échange, Israël a libéré 30 prisonniers palestiniens. Après les libérations du 24 novembre (24), du 25 novembre (17), du 26 novembre (17) et du 27 novembre (11) du 28 novembre (12) et du 29 novembre (16), au total, 97 otages – 70 Israéliens et 27 étrangers – ont été libérés par le Hamas. De son côté, Israël a libéré 210 prisonniers palestiniens depuis le 24 novembre.

La trêve a aussi permis l’entrée de centaine de camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, assiégée et dévastée par les bombardements israéliens. Un trafic jugé insuffisant au regard des besoins exprimés par les autorités palestiniennes.

A signaler que la confrontation israélo-palestinienne est loin d’avoir faibli, en se déplaçant vers la Cisjordanie. Ainsi, une attaque a été menée ce 30 novembre, selon la police israélienne, par « deux résidents de Jérusalem-Est » occupée et annexée par Israël. « Deux terroristes venus en voiture et armés l’un d’un [fusil d’assaut] M-16 et l’autre d’un pistolet » ont ouvert le feu vers 7h40 (5h40 GMT) à Jérusalem-Ouest, a déclaré Doron Torgemann, directeur de la police de Jérusalem, à la presse sur les lieux de l’attentat, sans préciser dans l’immédiat la nationalité des victimes. Selon la police, les deux assaillants, frères trentenaires affiliés au Hamas qui avaient été par le passé incarcérés par Israël, « ont été tués rapidement par deux soldats qui n’étaient pas en service et un civil qui leur ont tiré dessus ». Des images diffusées par les télévisions israéliennes montrent deux hommes sortant d’une voiture blanche et ouvrant le feu avant d’être abattus.

Le Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, a identifié l’une des trois victimes comme « une jeune femme de 24 ans ». Le Premier ministre israélien a félicité dans un communiqué les deux soldats et le civil qui sont intervenus sur les lieux de l’attaque. « Mon gouvernement continuera d’étendre la distribution d’armes aux citoyens », a-t-il assuré. Par ailleurs, deux soldats israéliens ont été légèrement blessés lors d’une attaque au bélier contre un poste de contrôle en Cisjordanie occupée jeudi, a déclaré l’armée israélienne, ajoutant que l’assaillant avait été « neutralisé ». L’armée « fouille la zone à la recherche d’autres suspects », a-t-elle ajouté dans un communiqué. L’attaque a eu lieu après qu’une trêve interrompant les combats entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza a été prolongée d’un jour.

A la mi-novembre, un soldat israélien avait été tué et cinq membres des forces de sécurité israéliennes blessés dans une attaque à un barrage séparant Jérusalem de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. L’attaque a été revendiquée par les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas. Les trois assaillants ont été abattus.

Des affrontements ont éclaté avant l’aube entre Palestiniens et forces israéliennes à l’extérieur de la prison israélienne d’Ofer, près de Ramallah, en Cisjordanie. Un Palestinien a été tué par les tirs israéliens, selon le ministère palestinien de la Santé. L’agence de presse palestinienne Wafa a identifié la victime comme étant un jeune de 21 ans d’un village à l’ouest de Ramallah.  Depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé, près de 250 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie.

Tuerie à Jénine

A Jénine, le ministère palestinien de la Santé a indiqué mercredi 29 novembre que « les deux enfants Adam al-Ghoul, huit ans, et Bassem Abou el-Wafa, 15 ans », avaient été tués « par des balles de l’occupant » israélien. Dans le même temps, l’armée israélienne a arrêté un enfant de 12 ans dans le camp de réfugiés de Jalazone, à Ramallah, a rapporté le Club des prisonniers, ONG palestinienne.

Un responsable du Croissant-Rouge palestinien a précisé à l’AFP que l’enfant et l’adolescent se trouvaient « dans une rue perpendiculaire à l’avenue principale du centre-ville de Jénine », zone théoriquement interdite à l’armée israélienne car sous contrôle de la seule Autorité palestinienne. Des images de vidéosurveillance mises en ligne et relayées par des médias affiliés au Hamas montrent un enfant fauché par une balle dans une rue alors que le tir fait fuir en courant d’autres enfants alentour. D’autres images montrent un adolescent également touché par balle. Alors que d’autres balles s’écrasent au sol autour de lui, il s’écroule et semble appeler à l’aide alors que cinq autres adolescents courent se réfugier derrière des voitures ou dans un magasin. Le garçon se débat au sol, agonisant, durant au moins une demi-minute.

Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a dit « vérifier » ces informations. Elle a toutefois fait état d’un raid nocturne dans le camp de réfugiés de Jénine au cours duquel elle a « tué deux terroristes de haut rang » dont l’un était recherché pour deux attaques ayant tué et blessé des Israéliens.

Le Croissant-Rouge a rapporté avoir secouru six Palestiniens blessés par balles lors de cette incursion. Un enfant de 12 ans interrogé par Tsahal A Jalazone, le père de Karim Ghawanmeh, 12 ans, a raconté à l’AFP avoir reçu un « appel dans la nuit » effectué par son frère en présence de soldats israéliens. « Un officier a dit : soit Karim vient maintenant et nous l’arrêtons, soit vous nous l’amenez demain matin », raconte encore Mahmoud Ghawanmeh, citant son frère. « Je n’ai pas eu d’autre choix que de me présenter avec lui le matin, j’ai cru que je serais avec lui pour son interrogatoire, mais l’officier m’a dit de rentrer chez moi », poursuit-il, sans préciser ce qui était reproché à son fils. Là aussi, l’armée israélienne n’a pas souhaité commenter dans l’immédiat.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Chronique

Recommandé pour vous