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Le massacre des Palestiniens ne cesse pas à Gaza : Bombes et balles israéliennes sèment toujours la mort

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Le ministère de la Santé palestiniens a annoncé samedi un nouveau bilan des morts dans la guerre menée par l’armée sioniste contre les civils de la bande de Gaza. Le bilan s’élève à 32.705 personnes tuées depuis le 7 octobre. Un bilan qui doit être revu à la hausse avec de nouveaux tirs israéliens sur les Palestiniens en quête d’aide alimentaire.

En 24 heures, 82 morts supplémentaires ont été recensés, selon un communiqué du ministère, qui fait état de 75.190 blessés en près de six mois de guerre. Le Croissant rouge palestinien a fait état de cinq morts et 30 blessés ce samedi 30 mars avant l’aube dans la ville de Gaza, par des tirs et une bousculade lors d’une nouvelle distribution d’aide alimentaire qui a dégénéré. Ce nouveau drame s’est produit à l’aube alors que des milliers de personnes attendaient l’arrivée d’une quinzaine de camions de farine et autres aliments, selon l’organisation de secours, au rond-point de Koweit à Gaza, théâtre de précédents incidents ces dernières semaines. Des vidéos tournées par l’AFP montrent des camions avançant dans la pénombre, au milieu de feux de détritus. On y entend des tirs tout autour, des cris et les klaxons des poids lourds tentant de progresser. Trois des personnes décédées ont succombé à des tirs nourris de chars israéliens positionnés à quelques centaines de mètres, selon le Croissant rouge. Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a répondu ne « pas avoir trace de l’incident ». Les victimes ont été transportées à l’hôpital Baptiste de Gaza.

Près de six mois après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël, l’armée israélienne a mené de nouveaux raids sur la bande de Gaza dévastée, faisant au moins 71 morts ces dernières 24 heures selon le ministère de la Santé. Alors que les négociations indirectes entre le Hamas et Israël en vue d’une trêve semblaient dans l’impasse, Benyamin Netanyahou a, selon son bureau, « approuvé un prochain cycle de négociations, dans les jours à venir, à Doha et au Caire […] pour aller de l’avant », après s’être entretenu avec les directeurs des services de renseignements, Mossad et Shin Bet.

Ces derniers mois, plusieurs sessions de négociations ont eu lieu via les médiateurs internationaux – Égypte, Qatar, États-Unis –, mais sans résultat, les protagonistes s’accusant mutuellement de les bloquer. Depuis le début de la guerre, une seule trêve d’une semaine a été instaurée fin novembre. Elle avait permis la libération d’une centaine d’otages enlevés pendant l’attaque du 7 octobre en échange de prisonniers palestiniens incarcérés par Israël. Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés de Gaza ont mené une attaque dans le sud d’Israël qui a entraîné la mort d’au moins 1 160 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes. D’après Israël, environ 250 personnes ont également été enlevées et 130 d’entre elles sont toujours otages dont 34 sont mortes, à Gaza. Après cette attaque, Israël a juré de détruire le Hamas, qu’il considère comme une organisation terroriste, à l’instar des États-Unis et de l’Union européenne. Au total, plus de 32 000 Palestiniens ont été tués dans l’offensive israélienne de représailles, d’après le ministère de la Santé du Hamas. Outre le bilan humain et les destructions, la guerre a provoqué une catastrophe humanitaire et un risque de famine pour la majorité des 2,4 millions d’habitants, selon l’ONU. « Il n’y a pas un autre endroit au monde où un aussi grand nombre de personnes font face à une famine imminente », a déploré Matthew Hollingworth, chargé des territoires palestiniens au Programme alimentaire mondial (PAM).
Israël doit « veiller sans délai » à ce que soit assurée « sans restriction et à grande échelle, la fourniture par toutes les parties intéressées des services de base et de l’aide humanitaire requis de toute urgence », a ordonné le 28 mars la Cour internationale de justice (CIJ). L’ONU déplore une aide largement insuffisante pour répondre aux besoins immenses des Palestiniens assiégés par Israël, notamment dans le nord.

A Rafah, dans le sud frontalier de l’Égypte, s’entassent 1,5 million de Palestiniens, en grande majorité des déplacés. Le 29 mars, Israël a affirmé ne pas s’occuper de la distribution de nourriture à Gaza, accusant des agences de l’ONU d’être incapables de gérer la quantité d’aide qui y arrive chaque jour. Il a aussi mis en cause un rapport onusien mettant en garde contre le risque de famine dans le territoire palestinien, jugeant qu’il contenait notamment des « inexactitudes ». Face à l’entrée au compte-gouttes de l’aide par voie terrestre via Rafah, strictement contrôlée par Israël, plusieurs pays organisent quotidiennement des parachutages de vivres. Mais cela reste très insuffisant. Israël doit « permettre à l’Unrwa d’atteindre le nord de la bande de Gaza avec des convois de nourriture […] quotidiennement et d’ouvrir d’autres points de passage terrestres» , a déclaré Philippe Lazzarini, patron de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens(Unrwa). L’armée israélienne, qui accuse les combattants du Hamas de se cacher dans les hôpitaux, a dit poursuivre le 29 mars ses « opérations » dans et autour du complexe hospitalier Al-Chifa dans la ville de Gaza (nord), affirmant y avoir « éliminé environ 200 terroristes » depuis le 18 mars, tout en veillant à « empêcher toute atteinte aux civils, patients et équipes médicales ». Dans la même ville, la municipalité a mis en garde « contre les risques de propagation de maladies dangereuses, en raison de la prolifération des rongeurs et insectes favorisée par l’accumulation de grandes quantités d’ordures », accusant l’armée israélienne d’« empêcher les équipes municipales d’aller à la principale décharge ».

Plus au sud, à Khan Younès, plusieurs victimes d’un bombardement ont été transportées à l’Hôpital européen, où des femmes et des enfants pleurent la mort d’un jeune garçon, selon des images de l’AFP. « Un missile a été tiré, sans avertissement préalable, sur un bâtiment de quatre étages » qui abritait plus de 50 personnes, a raconté Ibrahim Amak, un déplacé. « Le monde entier garde les yeux fermés devant cette situation ».

Le 28 mars, B. Netanyahou a réaffirmé sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah en dépit des pressions internationales, y compris des États-Unis. « Nous tenons le nord de la bande de Gaza ainsi que Khan Younès. Nous avons coupé en deux la bande de Gaza et on se prépare à entrer à Rafah », ville considérée par Israël comme le dernier grand bastion du Hamas, a-t-il dit. Les États-Unis, principal allié d’Israël, qui s’opposent à cette opération, doivent discuter de cette question avec une délégation envoyée par le Premier ministre israélien. Dans ce contexte toujours dramatique, les États-Unis ont décidé d’autoriser un nouvel envoi d’armes et de munitions à Israël, notamment des bombes de 900 kilos dont les effets sont particulièrement dévastateurs, a révélé la presse vendredi. Ces nouvelles livraisons suscitent des critiques acerbes aux États-Unis au sein même du parti démocrate qui se déchire sur la guerre menée par Israël, et le soutien apporté par Washington à l’armée israélienne. Plusieurs figures du Parti démocrate se disent indignées par l’annonce de ces nouvelles livraisons d’armes : une « mauvaise décision » pour le sénateur démocrate Jeff Merkley, pour lequel l’administration US ne peut pas « faire pression de façon crédible pour l’aide humanitaire », tout en fournissant des armes qui « tuent de Palestiniens innocents de façon indiscriminée ». Même son de cloche au sein de la gauche américaine, chez Bernie Sanders. « Nous ne pouvons pas un jour demander la fin des bombardements de civils, et le lendemain fournir des bombes qui peuvent raser à elles seuls des quartiers entiers » a assuré le sénateur du Vermont.

L’administration américaine justifie de son côté la poursuite de son aide militaire à Israël. « La conditionnalité de l’aide ne fait pas partie de notre politique » à l’égard d’Israël, a indiqué au Washington Post un responsable de la Maison Blanche. Autrement dit, Washington n’utilisera pas les livraisons d’armes et de munitions comme moyen de pression sur Israël, dénonce une partie du camp démocrate et de la gauche américaine. Mais sur ce point, l’administration américaine refuse de bouger, même si Joe Biden se montre de plus en ouvertement en désaccord avec le Premier ministre israélien et avec les conséquences humanitaires de la guerre à Gaza.    

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