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Crise libyenne : K. Haftar souffle toujours le chaud et le froid

En Libye, Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est du pays, a proposé depuis Benghazi, « une dernière chance » de tracer une voie politique et convoquer des élections. Des propos qui laissent un peu de répit pour la négociation.
Crise libyenne

Le maréchal autoproclamé a choisi de faire une déclaration d’apaisement alors que, depuis quelque temps, des sources libyennes rapportaient que le maréchal était prêt à proclamer samedi 24 décembre l’état d’urgence et l’autonomie des régions de la Cyrénaïque et du Fezzan.

K. Haftar, qui avait déjà lancé une offensive contre Tripoli avant d’être repoussé, préfère donc calmer le jeu. Il a indiqué que l’unité de la Libye était « une ligne rouge ». « Nous ne permettrons pas qu’elle soit violée ou compromise. Nous appelons toutes les villes et régions de l’ouest à un dialogue intra-libyen et un rassemblement de tous les acteurs », a-t-il dit.

Cette déclaration tombe le jour de l’indépendance, mais aussi un an après l’annulation d’un scrutin général très attendu qui devait aider à sortir le pays de la crise politico-institutionnelle. Comme elle intervient dans un contexte extrêmement préoccupant au regard d’une situation critique sur les plans sécuritaire et politique. Les affrontements entre milices sont de plus en plus fréquents depuis que le processus politique, initié en 2020 à Berlin, est tombé en désuétude.

Deux gouvernements parallèles sont installés, accentuant les divisions et chacun des deux camps n’entend rien lâcher à l’autre. Pour Abdoulaye Bathily, représentant de l’ONU, « c’est une fête de l’indépendance teintée d’amertume ». Il a invité les dirigeants libyens à trouver consensus, à travers des élections libres et équitables, en évitant l’escalade. « Le peuple est à bout », a déclaré l’ancien ministre sénégalais.   

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