Abdelmadjid Tebboune, Président algérien, n’a pas dérogé à la règle en évoquant le dossier saharien lors de la déclaration conjointe à la presse, sans toutefois dévoiler les détails des discussions. Il a indiqué que les deux parties avaient « abordé la question du Sahara occidental, la situation dans le Sahel africain et la crise libyenne» . Elles ont convenu de poursuivre « le dialogue et la concertation », ainsi que de la nécessité de soutenir les efforts de l’ONU et les initiatives multilatérales afin de privilégier des solutions pacifiques à ces crises et conflits, conformément au droit international et aux droits garantis par la Charte des Nations unies.
Côté espagnol, le communiqué de la présidence du gouvernement publié sur son site, ne fait aucune mention de la question du Sahara. Il met plutôt l’accent sur les dossiers bilatéraux et régionaux, soulignant que P. Sánchez a salué « le rôle stratégique que joue l’Algérie dans la stabilité de la région du Sahel », tout en exprimant la volonté de l’Espagne de renforcer les relations entre l’Union européenne et ses partenaires méditerranéens, dans le cadre de la Stratégie Espagne-Afrique 2025-2028, destinée à approfondir les liens avec le continent africain. Comme il a également insisté sur le fait que « la coopération et l’entente entre nos deux pays sont essentielles pour renforcer la paix, la sécurité et le développement durable dans notre région », dans un contexte marqué par les défis géopolitiques auxquels le monde est confronté.
Alger avait rappelé son ambassadeur à Madrid, suspendu le traité d’amitié signé en 2002 entre les deux pays, puis imposé des restrictions commerciales en gelant les opérations bancaires, dans le sillage du repositionnement espagnol, en 2022, sur le dossier saharien. À l’époque, l’Algérie avait exigé du gouvernement espagnol des « clarification » sur son revirement concernant le différend du Sahara, estimant que le rétablissement de la confiance devait s’appuyer sur des bases « claires, prévisibles et conformes au droit international ». Alger affirmait alors que cette crise ne relevait pas d’un simple « accès de colère passager » appelé à se dissiper rapidement. Dès la fin 2023, Alger a commencé à normaliser de nouveau ses relations avec l’Espagne, malgré le maintien par Madrid de son soutien au plan d’autonomie marocain, en nommant un nouvel ambassadeur à Madrid et en levant les restrictions commerciales, en prélude à l’annonce en mars dernier de la réactivation du traité d’amitié entre les deux pays.

