L’ONG cible nommément quinze entreprises, israéliennes et étrangères, pour lesquelles « Amnesty International a rassemblé des preuves crédibles de leur contribution aux actions illégales d’Israël ». Cette liste, non exhaustive, compte par exemple l’avionneur américain Boeing, dont les munitions ont été utilisées sur la bande de Gaza, le chinois Hikvision qui est un leader mondial de la technologie de reconnaissance faciale et le fabricant de logiciels américain Palantir, qui apporte ses services à l’armée et au renseignement israéliens.Mais aussi des entreprises à caractère exclusivement non-militaire, comme le constructeur espagnol de matériel ferroviaire CAF ou le conglomérat sud-coréen HD Hyundai dont les « équipements lourds ont été largement utilisés dans la destruction » d’habitations et infrastructures appartenant à des Palestiniens dans les territoires occupés.
Le rapport d’Amnesty fait suite à celui de plus de 80 ONG, dont Oxfam et la Ligue des Droits de l’Homme, qui ont appelé lundi les États et entreprises, notamment européens, à mettre fin à leur « commerce avec les colonies israéliennes illégales » dans les territoires occupés palestiniens. A rappeler aussi que pour la première fois, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé mardi Israël de commettre un « génocide » à Gaza depuis octobre 2023 avec l’intention de « détruire » les Palestiniens.
Israël a frappé mardi soir l’hôpital pédiatrique al-Rantisi, où se trouvaient 80 patients, a fait savoir le ministère de la Santé de Gaza dans un communiqué publié mercredi. L’armée d’occupation israélienne a pris pour cible les étages supérieurs de l’hôpital à trois reprises en l’espace de quelques minutes, peut-on lire dans le communiqué du ministère de la Santé de Gaza qui condamne cette attaque. « Ce crime fait preuve une fois de plus de la politique systématique du régime d’occupation israélien visant à cibler et à paralyser le système de santé dans la bande de Gaza », indique le communiqué.
L’hôpital al-Rantisi est le seul hôpital spécialisé de la bande de Gaza dans le traitement des enfants, y compris des nourrissons, atteints de cancer, de maladies rénales et de troubles affectant les organes respiratoires et digestifs. Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moment de l’attaque israélienne, 80 patients étaient soignés dans différents services de l’établissement, dont 4 enfants en unité de soins intensifs et 8 nouveau-nés en service néonatal. À la suite de la frappe, 40 patients ont quitté l’hôpital pour tenter de se mettre à l’abri et protéger leurs enfants, tandis que 40 autres, accompagnés de leurs proches, ainsi que 12 patients en soins intensifs et 30 membres du personnel médical, sont restés sur place.
Simultanément aux attaques du régime sioniste sur la bande de Gaza, des rapports locaux font état de la destruction massive des infrastructures et de l’augmentation du nombre de déplacés. En dépit de toutes ces destructions et de cette catastrophe humanitaire, les Gazaouis continuent de résister aux politiques de déplacement forcé et d’évacuation de la ville menée par le régime israélien. Malgré le risque de mort, ils ne veulent pas quitter leurs maisons et se déplacer vers le sud de la bande de Gaza.
À noter que depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle le régime israélien a lancé sa guerre génocidaire contre l’enclave palestinienne, au moins 65 062 Palestiniens, majoritairement des femmes et des enfants, sont tombés en martyr et plus de 165 697 autres ont été blessés. Dans la journée de jeudi, les médias israéliens ont rapporté que 4 soldats ont trouvé la mort et 8 autres blessés, dont plusieurs grièvement atteints, par l’explosion d’un engin piégé au sud de Gaza. Cet incident de sécurité grave a eu lieu à Rafah, au sud de Gaza. En outre, deux autres soldats israéliens ont été tués à la frontière avec la Jordanie. L’auteur des tirs a été « neutralisé ».
