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Bases US dans le Golfe : La puissance américaine à l’épreuve de ses vulnérabilités

by Perspectives Med
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Bases US dans le Golfe : La puissance américaine à l’épreuve de ses vulnérabilités

L’institut estime que « l’ampleur des dommages causés aux bases américaines ailleurs dans la région, et la capacité de l’Iran à poursuivre ses frappes pendant six semaines, devraient pousser à une réévaluation plus large ». Il a souligné que l’Iran a réussi à rester dans le combat, à maintenir ses attaques et à pousser les États-Unis à recourir à la diplomatie, ajoutant : « Malgré les vantardises de Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre, sur la frappe de milliers de cibles iraniennes, la guerre n’a pas été tranchée ».

L’une des raisons cruciales avancées est la proximité géographique de l’Iran. Et de noter que « la fermeture précoce et continue du détroit d’Ormuz par l’Iran, et ses répercussions rapides sur les marchés mondiaux de l’énergie et de la finance, a donné à Téhéran un moyen de pression capital qui a contraint Washington à s’asseoir à la table des négociations ».

« La capacité de l’Iran à continuer d’infliger des dommages militaires a également été importante. Plus important encore, le déploiement de près de 40 000 soldats américains dans de grandes bases militaires proches du Golfe a offert à l’Iran un ensemble de cibles tentantes », relève la même source. Il a confirmé la mort de 6 soldats américains dans des frappes visant des bases au Koweït. De même, des frappes sur la base aérienne Prince Sultan en Arabie Saoudite ont entraîné la destruction d’un avion d’alerte précoce de type « E-3 Sentry » et endommagé ou détruit plusieurs avions ravitailleurs.

L’institut US souligne qu’au cours des combats, les États-Unis ont mis fin à leur déploiement de dix ans en Syrie, s’interrogeant : « Quel est le degré de dissuasion et la valeur opérationnelle que les États-Unis tirent d’une infrastructure militaire pouvant être ciblée même par les forces militaires d’un État de puissance moyenne ayant subi une forte dégradation ? Et si ces bases ne peuvent soutenir des guerres dans la région, pourquoi existent-elles au fond ? ».

Il reconnaît qu’il existe « une vulnérabilité similaire dans la zone Indo-Pacifique, où environ 80 000 soldats américains sont déployés dans une vingtaine de grandes bases — dont beaucoup sont à des distances de la Chine comparables à celles séparant les bases du Moyen-Orient de l’Iran ».

Il est probable que l’arsenal de missiles de la Chine soit de taille similaire au stock de l’Iran avant la guerre (environ 3 000 missiles), mais il est bien plus diversifié et sophistiqué. De plus, les systèmes de ciblage spatiaux les rendraient plus précis, tandis que l’immense capacité industrielle de la Chine lui permettrait de reconstruire rapidement son arsenal pendant un conflit.

L’institut prévient que les bases américaines en Corée du Sud et sur la première chaîne d’îles sont vulnérables au point de pouvoir provoquer une instabilité lors de crises, la Chine ayant intérêt à porter un premier coup en cas de crise avant que les forces américaines ne puissent quitter leurs bases.

Il précise que « le Pentagone a répondu à ce problème en prévoyant de répartir certaines forces américaines sur des bases plus petites et plus austères avant tout conflit. Cependant, le rôle traditionnel de longue date des grandes bases avancées, que ce soit pour les opérations ou comme symbole de rassurance pour les alliés régionaux, reste difficile à dépasser ». Et de conclure: « La Chine possède un arsenal nucléaire important et croissant, il est donc probable que les États-Unis soient moins enclins à entrer dans une guerre directe avec elle par rapport à ce qui s’est passé avec l’Iran. Néanmoins, les décideurs de la défense américaine doivent planifier les pires scénarios. Les dix derniers mois de conflit avec l’Iran devraient susciter des interrogations plus vives sur l’objectif des bases avancées et la théorie sur laquelle repose leur utilisation dans tout conflit futur ».

Autres vulnérabilités

Selon la chaine américaine CNN qui a cité des sources proches des évaluations internes du département américain de la Défense, les stocks de missiles clés ont considérablement diminué pendant la guerre contre l’Iran, créant des risques à court terme de pénuries potentielles de munitions si un nouveau conflit éclatait dans les années à venir. Au cours de la guerre qui a éclaté le 28 février, les forces américaines ont épuisé un énorme stock de missiles intercepteurs de pointe pour contrer les drones et les missiles provenant d’Iran, qui visaient au moins sept sites militaires américains, en particulier les systèmes radar et de communication, précise le site web Politico. Selon lui, l’épuisement du système de défense américain était rapide et coûteux car les forces américaines utilisaient parfois « 10 ou 11 missiles intercepteurs pour abattre un seul missile »

L’armée américaine a dépensé environ la moitié de son stock de missiles THAAD conçus pour intercepter les missiles balistiques et environ 50 % de son stock de missiles intercepteurs de défense aérienne Patriot, détaille une analyse du Centre d’études stratégiques et internationales.  Et environ 45 % de son stock de missiles de frappe de précision et environ 30 % de ses missiles Tomahawk, SM-3 et SM-6 ont aussi été consommés en sept semaines.

Si la guerre reprend au même rythme que le premier cycle, les stocks restants devraient s’épuiser en 40 jours. Or le remplacement de ces systèmes pourrait prendre entre 4 et 5 ans, malgré la signature par le Pentagone de contrats visant à augmenter la production et à sécuriser des chaînes d’approvisionnement alternatives, un délai qui ne correspond pas au besoin immédiat de reconstituer les stocks d’armes américains.

L’expert militaire Mark Cancian a déclaré que le réapprovisionnement des stocks pourrait prendre un à quatre ans, et que des années supplémentaires seraient nécessaires pour les accroître.

Lors d’une audition devant la commission des forces armées du Sénat, le commandant du commandement indopacifique américain, l’amiral Samuel Paparo, a expliqué que l’augmentation de la production prendrait un à deux ans, ajoutant : « Ce ne sera pas assez tôt. » L’industrie de la défense américaine est confrontée à des contraintes d’approvisionnement, ainsi qu’à la nécessité de construire de nouvelles installations et de recruter du personnel spécialisé.

À court terme, les États-Unis devraient conserver une capacité suffisante pour poursuivre leurs opérations, mais les stocks restants ne suffisent pas à contrer un adversaire de la taille de la Chine, avertit l’analyse du Centre d’études stratégiques et internationales.

Contraste percutant : la capacité des forces armées américaines à moderniser leur système de défense dépend désormais des décisions prises par Pékin en matière d’exportation, prévient Politico, car elle détient un quasi-monopole sur le traitement du gallium, un métal indispensable aux semi-conducteurs de pointe et aux composants radar. Elle contrôle également plus de 90 % du traitement des terres rares lourdes comme le terbium et le dysprosium, deux éléments essentiels au guidage des missiles.

Le président américain devrait se rendre en Chine le mois de mai prochain.

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