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En dépit de la contestation populaire en Tunisie : K. Saïed persiste et signe

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Le président Kaïs Saïed, fort des pleins pouvoirs qu’il s’est arrogé depuis un an et demi, concentre désormais aussi toute la colère de l’opposition tunisienne. Contrairement à ce que cette dernière avait suggéré pour dépasser la crise politico-institutionnelle, le 2ème tour des législatives est en marche.
En dépit de la contestation populaire en Tunisie, K. Saïed persiste et signe

Les Tunisiens battent encore le pavé douze ans après le départ de Ben Ali et l’amorce d’un processus de réformes politico-institutionnelles alternatives. Excédés par les dérives du maître de Carthage, les représentants de l’opposition multiple au Président Kaïs Saïed exige qu’il « dégage ». Mais ce dernier, honni par ses adversaires, s’accroche à son agenda. Expurger les « pourris » qui ont gangréné le pays qui traverse la pire crise économique marquée au fer de nombreuses pénuries de denrées alimentaires. L’opposition qui rejette la mascarade électorale et exige l’annulation du 2ème tour des législatives, ce que le chef de l’Etat refuse d’entendre, n’en finit pas de ruer dans les brancards. Surfant, entre-autres, sur les revendications économiques.

Aux abords de l’avenue Bourguiba, là où la « Révolution de jasmin » a pris son envol, plusieurs rassemblements étaient organisés samedi. Ennahdha, formation islamiste qui ne bénéficie d’aucune sympathie auprès de la présidence, continue à rameuter les siens. Les formations de gauche qui ont payé un lourd tribut donnaient aussi de la voix.  Autant dire que les opposants au coup de force réalisé par K. Saïed se présentent en rangs dispersés pour exiger la fin des réformes politiques engagées par le président tunisien.

Prenant les devants de cette journée de mobilisation contre lui et pour montrer qu’il reste populaire, K. Saïed a lui-même arpenté l’avenue Bourguiba, s’y offrant un bain de foule retransmis sur les réseaux sociaux par le service de communication de la présidence.  En juillet 2021, un an et neuf mois à peine après son élection avec 72% des voix, le président tunisien juge le pays ingouvernable. Il limoge alors son Premier ministre et gèle le Parlement. Depuis, les Tunisiens, qui avaient en grande partie soutenu un président sans coloration politique, se sentent trahis.

Les plus vulnérables des Tunisiens dénoncent leurs conditions de vie qui se détériorent avec une inflation supérieure à 10% qui grignote leur pouvoir d’achat. L’État tunisien est très endetté et a du mal à financer l’importation de produits de base. Lait, sucre, café ou récemment les pâtes ont disparu du marché. Après la pandémie, la guerre en Ukraine a aggravé les pénuries et fait gonfler les prix, notamment des produits importés, comme le pétrole ou le blé. Parallèlement, les discussions avec le FMI pour l’octroi de 1,7 milliard d’euros de crédit piétinent. Or, sans ce prêt, ce pays maghrébin ne pourra pas atteindre ses équilibres budgétaires, ni honorer sa dette qui flirte avec les 32 milliards d’euros.

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