Le journal israélien Haaretz a qualifié la guerre au Liban de « guerre absurde et inutile », affirmant que personne n’en connaît les objectifs ni l’issue. Dans son éditorial, le quotidien a souligné que la poursuite de la guerre ne signifie rien d’autre que davantage de « tueries injustifiées » et de soldats tombés « en vain ». Il a appelé à réduire la zone de combat et à commencer le retrait des forces israéliennes du « bourbier du Liban », plutôt que d’étendre les opérations et de renforcer les troupes.
Haaretz a indiqué que l’annonce par l’armée israélienne de classer les zones situées au sud du fleuve Zahrani comme zones de combat — incluant la ville de Tyr et les camps de réfugiés — présage d’une escalade dangereuse au Liban. Cela va de pair avec les assassinats à Beyrouth qui, selon le journal, donnent l’impression de viser à entraîner le Hezbollah dans une guerre totale.
Le journal a lié l’escalade au Liban à l’extension de l’occupation dans la bande de Gaza, estimant que Benjamin Netanyahu « embrase à nouveau deux guerres », après l’échec de la guerre contre l’Iran, stoppée par le président américain Donald Trump. Il a ajouté que ce qui se passe au Liban et à Gaza se déroule sous le couvert d’une « supercherie appelée cessez-le-feu », qui n’a été respectée sur aucun des deux fronts, affirmant que le gouvernement israélien continue de parier que ce qui n’a pas été accompli par la force peut l’être par encore plus de force.
Haaretz a estimé que la reprise de la guerre à Gaza n’augure que plus de destruction et de mort, soulignant que ce qui n’a pas été réalisé en plus de deux ans de guerre, de massacres et de destruction systématique ne le sera pas par une nouvelle vague d’escalade. Le journal a conclu en affirmant qu’une guerre sans objectifs, si ce n’est de compter les cadavres de l’autre camp, est une guerre « insatiable ». Il a insisté sur le fait qu’abréger sa durée à Gaza et au Liban permettrait d’en réduire les dommages, tout en réitérant que cette guerre sert les intérêts politiques de B. Netanyahu.
Cet article intervient alors que la Résistance islamique au Liban fait face quotidiennement et en continu aux forces d’occupation dans le sud du Liban, leur infligeant des pertes matérielles et humaines, sans oublier le ciblage des positions de l’occupation au nord de la Palestine occupée. Entre-temps, le Média de guerre de la Résistance a diffusé plusieurs vidéos d’attaques aux drones Ababil contre des cibles israéliennes dont un positionnement sur le site de Hadab al-Boustan, à la frontière sud du Liban, des plateformes du Dôme de fer dans la caserne de Ramim (Hounine), contre des équipements de communication de l’armée de l’ennemi israélien sur le site d’Al-Assi, à la frontière sud du Liban, cela outre le ciblage de deux chars Merkava dans la localité de Rchaf, un véhicule Nemera dans la localité de Al-Taybeh…
On signale par ailleurs que l’armée israélienne a annoncé avoir pénétré loin dans le territoire libanais, au-delà du fleuve Litani, informations qu’il faut prendre avec des pincettes. N’empêche, la barbarie des raids israéliens ne fait, elle, aucun doute. Pas moins de quinze enfants ont été tués et 62 autres blessés depuis une semaine au Liban, où Israël poursuit ses frappes malgré un cessez-le-feu, a rapporté vendredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Israël, qui cherche à endiguer le Hezbollah tout en faisant main basse sur une partie du pays de Cèdre a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne au Liban. « Au cours de la seule semaine écoulée (…), on dénombre 15 décès et 62 blessés, soit une moyenne de 11 enfants » tués ou blessés par jour, a déclaré devant la presse à Genève Ricardo Pires, porte-parole de l’Unicef. « Nous comprenons que la grande majorité de ces enfants ont été touchés par les frappes aériennes dans le sud du Liban. Hier encore, sept enfants ont été tués et 30 blessés », a-t-il ajouté.
Depuis le début le 17 avril du cessez-le-feu qu’Israël n’a jamais respecté, l’Unicef dénombre 55 enfants tués et 212 autres blessés. Jeudi, des frappes israéliennes ont fait au moins 14 martyrs dans le sud du Liban, et trois, dont deux enfants, près de Beyrouth, selon le ministère libanais de la Santé. « Nous réitérons notre appel à toutes les parties pour qu’elles respectent pleinement le cessez-le-feu et se conforment au droit international en toutes circonstances », a insisté R. Pires. « En vertu du droit international humanitaire, les enfants et les infrastructures civiles doivent être protégés en permanence », a-t-il ajouté, réitérant un appel à un accès « en toute sécurité, rapidement et sans entrave » des organisations humanitaires à toutes les zones touchées, en particulier dans le sud du Liban.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que 608 personnes avaient été tuées et 1.774 blessées au Liban depuis le cessez-le-feu entre le 17 avril et le 22 mai. « La menace d’une intensification des activités militaires suscite de vives inquiétudes quant à la santé de la population », a déclaré Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS, lors de la conférence de presse à Genève. « À ce jour, dans ce conflit, 16 hôpitaux et 13 centres de soins de santé primaires ont été endommagés lors d’attaques contre le système de santé. Trois hôpitaux restent fermés », a ajouté le porte-parole. C. Lindmeier a déclaré que l’accès aux soins médicaux d’urgence et aux services de santé maternelle au sud du Litani « demeure extrêmement limité ». Les patients doivent faire face à des délais allant jusqu’à 48 heures pour obtenir l’autorisation de transfert vers des établissements de référence, ce qui entraîne des risques importants pour leur santé, notamment une augmentation de la morbidité et de la mortalité maternelles et néonatales, a-t-il ajouté.
Selon un dernier bilan officiel établi mercredi, les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.324 personnes depuis le début de la guerre début mars quand le Hezbollah a attaqué Israël en représailles aux frappes israélo-américaines contre l’Iran et annonçant la reprise de ses opérations de résistance après une suspension de 15 mois au cours desquels Israël a violé des milliers de fois le cessez-le-feu conclu en novembre 2024. Tuant et blessant des milliers de civils et détruisant des dizaines de villages frontaliers avec la Palestine occupée.
Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a déclaré que l’agression israélienne actuelle a pour objectif d’occuper le sud du Liban, d’en expulser sa population en vue de l’annexer ultérieurement. Lors de la cérémonie commémorative organisée vendredi par le Hezbollah à Beyrouth, en l’honneur du martyr Hussein Ghassan Fawaz, il a souligné que « les crimes israéliens contre le Sud sont perpétrés avec l’approbation américaine et l’acquiescement suspect des autorités de Beyrouth, dans le but d’infliger le plus grand tort possible à notre peuple et d’accroître le prix de sa résistance. L’objectif de cette agression est d’occuper le Sud et de déplacer sa population afin de permettre aux sionistes de l’annexer ultérieurement à leur entité, comme ils l’ont fait au Golan. Cependant, la présence de la résistance et la fermeté de notre peuple empêcheront l’ennemi d’atteindre ses ambitions historiques ».
Le député du bloc Fidélité à la résistance perçoit d’autres objectifs aussi à cette agression. « Cette destruction systématique de nos régions poursuit un autre objectif : satisfaire aux pressions financières et économiques américaines sur l’entourage de la résistance, en coopération avec une faction du gouvernement, afin d’affaiblir notre partenariat au sein de l’État. Le slogan américain est d’affaiblir notre influence au sein de l’État, ce qui signifie en réalité la représentation politique du duo national représentant les musulmans chiites, conformément aux résultats des élections législatives. Nous déjouerons ces objectifs, quel qu’en soit le prix. » Selon H. Fadlallah « aucune option politique n’est envisageable, car on nous propose la capitulation, ce qui est inacceptable ».
Et de poursuivre en évoquant la période entre novembre 2024 et mars 2026 au cours de laquelle la résistance avait suspendu ses opérations. « Nous avons déjà tenté d’éviter la guerre et avons coopéré avec les autorités qui ont étendu leur contrôle total sur le sud du Litani, mais elles n’ont pas réussi à stopper les attaques et notre sang a continué de couler. Lors de nos entretiens avec les autorités, nous avons essayé de les inciter à assumer leurs responsabilités. Notre acceptation de la formule plaçant le sud du Litani sous le contrôle total de l’armée visait à trouver des solutions pour conjurer le spectre de la guerre, car nous voulions que le Sud vive en sécurité et en stabilité. Nous étions pleinement préparés à ce que l’État prenne les rênes du sud du Litani, mais il a manqué à ses responsabilités et n’a pas apporté le soutien nécessaire. L’ennemi a exploité la situation à la frontière et le manque d’armes dans de nombreux villages pour pouvoir y pénétrer et les occuper. »
Le député a souligné que l’Iran insiste pour que cesse l’agression contre le Liban et n’accepte aucun accord qui exclut le Liban. « Par conséquent, l’ennemi tente de prendre les devants en intensifiant ses attaques et en tirant profit de la position des autorités à Beyrouth, de leur insistance à poursuivre les négociations et de leur refus de les suspendre malgré les massacres sanglants, confirmant ainsi que non seulement elles manquent à leurs devoirs, mais offrent également à l’ennemi une tribune politique pour justifier son agression ».
« Notre priorité demeurera la lutte contre l’ennemi et, lorsque nous l’empêcherons d’atteindre son objectif d’occupation de notre territoire, nous renoncerons à tout autre objectif, notamment aux tentatives d’affaiblir notre partenariat au sein de l’État. Cela ne signifie toutefois pas que nous tolérerons la violation de nos droits ; au contraire, nous combattrons toute tentative en ce sens », a-t-il souligné
Le député Fadlallah a rappelé l’attachement du Hezbollah à la patrie. « Personne ne saurait nous intimider par des discours séditieux ou des menaces de guerre civile. Toute tentative de saper notre partenariat national constitue une menace pour le pays. Nous exigeons clairement le retour à la Constitution et à l’Accord de Taëf, ainsi que la mise en place d’un véritable partenariat national dans la gestion des affaires de l’État. Quiconque joue avec le destin du pays et son équilibre devra en assumer les conséquences, car nous sommes en mesure de défendre nos droits, tandis que certains persistent à les bafouer et cherchent à instrumentaliser l’appareil d’État pour mettre en œuvre leurs politiques sectaires. Nous exercerons notre droit légitime, garanti par la loi, de nous opposer à toute atteinte aux droits de notre peuple ».
Le député a aussi insisté sur le fait que « l’une de nos forces réside dans l’unité et la cohésion de la résistance, notamment entre le Hezbollah et le mouvement Amal ».
D’après le correspondant de la télévision Al-Manar, la localité de Dibbine a subi dans la nuit de jeudi à vendredi d’intenses bombardements d’artillerie et des tirs continus de chars Merkava, ce qui a entraîné la fermeture de la route principale a la localité depuis Marjayoun. Les forces israéliennes ont avancé vers la route qui sépare Dibbine vers al-Khiyam, connue sous le nom le triangle Debbine/al-Khiyam/Abel al-Saqi. L’objectif étant de converger vers une région connue sous le nom al-Arid Al-Tahtani, dans la périphérie Sud-Est de Dibbine. Aux premières heures de la journée, les bombardements ont cessé brièvement avant que les avions de guerre ne lancent un nouveau raid, suivi de nouveaux tirs d’artillerie lourde en direction de la localité.
Cette scène réfute clairement les affirmations selon lesquelles l’occupant israélien contrôle la localité, car les bombardements continus confirment que Dibbine est toujours hors de portée de l’ennemi d’autant qu’elle est toujours soumise à des frappes aériennes et d’artillerie continues. La nuit dernière, de violents affrontements ont éclaté entre les résistants et les forces d’invasion, ponctués de tirs nourris qui ont perturbé les mouvements de l’ennemi et sa capacité à établir ses positions.
Après les affrontements des deux jours précédents, les mouvements de l’ennemi se sont ralentis dans le quartier Est et au Sud-Est de la ville, tandis que la résistance continuait de cibler les forces d’invasion avec des drones d’attaque et des obus d’artillerie, et de cibler les points de rassemblement avec des salves de roquettes.
Dans l’après-midi de vendredi, les forces israéliennes positionnées à la périphérie de la ville ont été la cible de tirs de roquettes répétés et de tirs de précision de la part des résistants. En représailles, l’ennemi a mené plusieurs raids visant les localités d’Arnoun, de Kfar Tebnite et de Bahamar al-Shaqif, ainsi que le sommet d’Ali al-Taher, tandis qu’un épais nuage de fumée s’élevait des zones visées. Ces attaques font suite à l’incendie d’un char ennemi qui a pris feu suite à une opération de la résistance dans la matinée.
Quelques jours après les affrontements directs dans la ville, on a vu l’armée israélienne tenter une nouvelle incursion plus profonde. Parallèlement aux bombardements d’artillerie visant les localités environnantes, la résistance surveillait de près les mouvements ennemis. La veille jeudi, elle a ciblé un char et un bulldozer à l’aide d’engins explosifs près de l’étang. Peu après minuit, dans la nuit de jeudi à vendredi, la résistance a de nouveau ciblé un mouvement ennemi près du stade et l’a contraint à battre en retraite.

