L’ayatollah Mojtaba Husseini Khamenei a assuré que cette vengeance ne dépend ni de sa présence ni de celle d’aucun autre dignitaire. « Que nous soyons présents ou non, cela se réalisera, et bientôt, des hommes et des femmes libres du monde entier joueront leur rôle dans cette mission divine », a-t-il affirmé. Donal Trump a répliqué en assurant que toute tentative le visant conduirait à « l’effacement » de l’Iran.
Sur le plan diplomatique, la Russie et la Chine se sont opposées vendredi à une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Iran, soutenue par l’Occident, soulignant que la résolution 2231 avait expiré en octobre 2025 et que le Conseil n’avait plus le mandat de discuter du dossier nucléaire de Téhéran. Les deux alliés de l’Iran ont réagi vendredi aux efforts de l’Occident qui veut maintenir le dossier iranien à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU. Elles estiment que la résolution 2231 a expiré et que le Conseil n’a plus aucune autorité légale pour examiner le dossier nucléaire de Téhéran.
La réunion a été convoquée à la demande des membres européens du Conseil de sécurité, malgré les objections de Moscou et de Pékin. Elle s’est tenue après un vote de procédure adopté par 11 voix pour, 2 contre et 2 abstentions. Il s’agissait de la troisième réunion du Conseil de sécurité sur la question depuis l’expiration de la résolution 2231 en octobre 2025. Deux réunions précédentes avaient eu lieu en mars et en juin de cette année, mais n’avaient abouti à aucun résultat formel.
La résolution 2231, adoptée en 2015 pour entériner le PGAC (Plan global d’action commun, JCPOA en anglais) ou l’accord nucléaire signé entre l’Iran et le groupe 5 +1, a expiré le 18 octobre 2025. L’Iran, la Russie et la Chine affirment que toutes les dispositions, restrictions et responsabilités du Conseil de sécurité en vertu de la résolution ont pris fin à cette date, retirant ainsi au Conseil tout mandat sur la question nucléaire iranienne. Les trois pays considèrent également que les tentatives de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne d’invoquer le mécanisme dit de «rétablissement automatique» des sanctions (snapback) sont juridiquement invalides, car la résolution a pris fin.
Avant la réunion, Anna Evstigneyeva, représentante permanente adjointe de la Russie auprès des Nations unies, a déclaré que la résolution 2231 n’avait plus de force opérationnelle et que le Conseil de sécurité n’avait plus le mandat d’examiner les questions s’y rapportant depuis le 17 octobre 2025. Certains membres du Conseil ne respectent pas les règles établies en convoquant à plusieurs reprises des réunions sur des sujets qui ne figuraient plus à l’ordre du jour du Conseil, et ce à des fins politiques, a-t-elle indiqué. La Russie rejette fermement les tentatives injustifiées d’attiser les tensions autour de l’Iran ou d’utiliser le Conseil de sécurité comme lieu de règlement de comptes politiques avec Téhéran, a averti la diplomate. Elle a ajouté que les affirmations selon lesquelles le mécanisme de rétablissement automatique des sanctions avait été activé étaient dépourvues de tout fondement juridique.
Sun Lei, représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations unies, a fait écho à la position de la Russie en déclarant que la résolution 2231 avait expiré le 18 octobre 2025, mettant ainsi fin à l’examen de la question nucléaire iranienne par le Conseil de sécurité. Il a estimé que les efforts déployés par certains pays pour insister sur la tenue de réunions concernant une question qui a déjà été retirée de l’ordre du jour du Conseil compromettent le climat nécessaire aux négociations. Comme il a également averti que la politisation au sein du Conseil de sécurité accentuait les divisions entre ses membres et créait des obstacles à la recherche d’une solution politique.
Lors de cette réunion, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont réitéré leurs accusations concernant le programme nucléaire pacifique iranien et ses capacités de défense. La séance s’est toutefois conclue sans aucune décision, résolution ou autre conclusion officielle.
L’Iran, la Chine et la Russie ont toujours soutenu que l’expiration de la résolution 2231 avait mis fin définitivement à toutes les mesures et restrictions du Conseil de sécurité liées au programme nucléaire iranien. Dans une lettre conjointe soumise aux Nations unies après l’expiration de la résolution, les trois pays ont déclaré que le parachèvement de la résolution 2231 marquait la fin de l’examen par le Conseil de sécurité de la question nucléaire iranienne, tout en rejetant les efforts renouvelés visant à utiliser le Conseil pour réactiver des mécanismes expirés.
Ismail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a démenti par ailleurs les informations selon lesquelles son pays aurait demandé des négociations directes avec les États-Unis, tout en révélant que Téhéran avait accepté la visite du médiateur international dans la capitale iranienne pour discuter des questions d’actualité. Concernant la gestion des violations américaines, il a souligné que les États-Unis avaient violé de manière flagrante le mémorandum d’entente signé entre les deux parties en lançant une attaque militaire sur le territoire de la République islamique d’Iran, en annulant l’exemption des sanctions pétrolières et en imposant de nouvelles séries de sanctions. « Si l’autre partie manque à ses engagements, l’Iran fera de même en retour », a affirmé le responsable iranien.
Vendredi, Donald Trump a annoncé que Washington avait accepté d’entamer des pourparlers avec l’Iran « à sa demande », selon ses dires. « La République islamique d’Iran nous a demandé de continuer +les discussions+. Nous avons accepté de le faire, mais les Etats-Unis leur ont signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était TERMINE ! », a déclaré le président américain.
Concernant les initiatives diplomatiques régionales, E. Baghaei a expliqué que la visite d’Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, au sultanat d’Oman samedi, sera principalement axée sur le détroit stratégique d’Ormuz et la sécurité de la navigation maritime dans la région. Il a souligné que l’Iran est déterminé à assumer pleinement ses responsabilités en matière de sécurité du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, notant que la coopération et la coordination entre Téhéran et Mascate sont permanentes afin de faciliter le passage sûr et stable de tous les navires par cette voie navigable vitale.
La visite d’A. Araghchi intervient alors que des responsables iraniens ont donné à plusieurs reprises l’assurance que la gestion de la navigation dans le détroit d’Ormuz serait limitée aux pays riverains (l’Iran et le sultanat d’Oman), tout en soulignant que sa réouverture se ferait selon leurs propres modalités.
La navigation dans ce détroit a provoqué une seconde escalade militaire depuis la conclusion le 17 juin du mémorandum d’entente que les Etats-Unis tentent de vider de son contenu, en interdisant à l’Iran ce qu’il a été convenu dans l’article 5. Ils ont poussé le sultanat d’Oman à ouvrir un passage à proximité de leurs côtes à l’insu de l’Iran. Les Etats-Unis ont mené des attaques contre des zones du sud de l’Iran et par des mouvements dans le détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran a riposté en ciblant des sites, des bases et des installations vitales américaines dans le Golfe et en Jordanie.
Selon les médias américains Axios et Politico, Washington a fait savoir à Téhéran qu’il lui donnait jusqu’à samedi pour s’engager publiquement à ne plus attaquer de navires dans le détroit d’Ormuz et d’affirmer que le détroit d’Ormuz est ouvert à la navigation. Le site web a cité trois responsables américains, lors d’un point de presse vendredi, affirmant que cette demande avait été transmise directement à Téhéran, ainsi que par l’intermédiaire de médiateurs régionaux.
Selon des sources officielles, Washington s’attend à ce que l’Iran publie une déclaration à l’issue de la réunion prévue samedi à Oman.
À cet égard, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a souligné que le détroit d’Ormuz ne sera ouvert que dans le cadre d’accords iraniens, et non sous la pression de menaces américaines
L’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté, citant une source bien informée, que cette dernière dément les informations d’un article du site Axios, soulignant que le détroit d’Ormuz se situe dans les eaux intérieures et territoriales de l’Iran et du sultanat d’Oman. La source a expliqué que toute décision relative à la gestion du détroit d’Ormuz est prise par les deux États côtiers, l’Iran et Oman, et a précisé que les dispositions futures concernant le détroit sont déterminées conformément à l’article 5 du Mémorandum d’Islamabad. Ajoutant que cet article confère à l’Iran la responsabilité de définir les dispositions futures concernant le détroit, par le biais d’un dialogue avec le sultanat d’Oman. La source a souligné que la participation du Qatar aux pourparlers s’inscrit dans son rôle de médiateur et vise également à faciliter les échanges de vues entre l’Iran et les autres pays de la région.
Le site Axios a affirmé, se basant sur un « projet de protocole d’accord entre Washington et Téhéran », que l’accord prévoit de nouvelles dispositions pour la gestion du détroit d’Ormuz, « notamment sa réouverture dans le cadre d’un nouveau mécanisme ».
L’Iran reste mobilisée à défendre sa souveraineté et ses acquis. Le ministre iranien de la Défense, le général de brigade Sayyed Majid bin Reza, en a fait foi dans un message publié sur la plateforme X, faisant référence à une réunion conjointe avec la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère de la Choura . « Lors de cette réunion, j’ai souligné que le récent conflit a démontré que l’expertise iranienne et les investissements dans les technologies de pointe constituent les atouts majeurs des capacités de défense du pays », a-t-il dit tout en précisant qu’« au plus fort du conflit, la production de défense s’est non seulement poursuivie, mais la capacité de production de drones a triplé. »

