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Le G7 au chevet de Kiev : Moscou essuie les critiques de l’Occident

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Le G7 a condamné le «renforcement de la présence militaire» russe à sa frontière avec l'Ukraine. Moscou avait auparavant rappelé son droit à disposer de ses troupes sur son territoire, et souligné la multiplication des provocations occidentales.

Réunis à Liverpool, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont apporté, dimanche, leur soutien à Kiev, dans un contexte de regain de tension en Ukraine. Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des Etats-Unis ainsi que le Haut Représentant de l’Union européenne ont appelé la Russie à la «désescalade» et à «la recherche de solutions diplomatiques».
«Nous sommes unis dans notre condamnation du renforcement de la présence militaire et du discours agressif de la Russie à l’encontre de l’Ukraine», écrivent-ils, réaffirmant leur «soutien sans faille à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine». Moins diplomate, Liz Truss, ministre britannique, a évoqué des «conséquences massives pour la Russie en cas d’incursion en Ukraine».
L’Ukraine, soutenue par les Etats-Unis, accuse Moscou de préparer une invasion du pays, ce que la Russie dément formellement. De son côté, la Russie souhaite obtenir des garanties sur la non-extension de l’OTAN à l’est, notamment en Ukraine et en Géorgie, ce que Jens Stoltenberg , secrétaire général de l’alliance atlantique, a balayé d’un revers de la main le 10 décembre.
«Nous ne pouvons pas ne pas être préoccupés par la perspective d’une éventuelle admission de l’Ukraine à l’OTAN car cela sans aucun doute entraînera que des contingents militaires [de cette structure], des bases et des armes qui présentent pour nous une menace y seront déployés», avait déclaré Vladimir Poutine au lendemain d’une discussion en visioconférence avec Joe Biden.
Le narratif occidental se heurte néanmoins à plusieurs éléments. Le 9 décembre, Valéri Guerassimov chef d’état-major général des forces armées russes, a rappelé que les exercices militaires étaient «une pratique de routine pour les forces armées de n’importe quel Etat», qu’ils avaient lieu sur le territoire national russe et ne nécessitaient «pas d’avertissement quelconque». D’autre part, il a promis que toute «provocation» de l’Ukraine serait stoppée, tout en dénonçant le rôle de l’OTAN et de ses alliés dans l’escalade observée dernièrement.
En effet, parmi les derniers incidents en date, l’approche d’un navire de guerre ukrainien des eaux russes le 9 décembre dans le détroit de Kertch, qui sépare la mer Noire et la mer d’Azov. «Ces actions constituent une menace pour la sécurité de la navigation», avait déclaré le Service fédéral de sécurité russe (FSB). La Défense russe a fait savoir le 9 décembre que son aviation avait aussi dû escorter des avions militaires américains et français qui approchaient de son territoire en mer Noire. «L’aviation stratégique américaine a considérablement augmenté le nombre de survols des frontières russes, au cours desquels des exercices de tirs de missiles de croisière visant des cibles situées sur le territoire de la Fédération de Russie sont effectués», a déclaré V. Guerassimov, évoquant une trentaine de vols au cours du mois de novembre, «soit deux fois et demie de plus qu’au cours de la même période l’année dernière». Enfin, il apparaît pour le moins surprenant que les Occidentaux reprochent à la Russie de ne pas faire de diplomatie, alors que Moscou demande régulièrement que les accords de Minsk II, signés le 12 février 2015 pour la résolution du conflit, soient appliqués par Kiev. «En paroles, nos partenaires du format Normandie – l’Allemagne et la France – ne contestent pas l’importance des accords de Minsk. […] Mais en actes, malheureusement, ils encouragent la politique de l’actuel gouvernement ukrainien axée sur leur démantèlement, ce qui mène malheureusement les négociations et le règlement [de ces tensions] dans l’impasse», avait ainsi noté V. Poutine le 18 novembre. Outre le cessez-le feu, les accords de Minsk prévoient une réforme constitutionnelle en Ukraine prenant en compte le statut des régions sécessionnistes de Donetsk et de Lougansk ainsi que des élections locales.
Ce plan n’a pour l’heure pas été suivi par Kiev, qui refuse d’appliquer ces points avant que les questions de sécurité ne soient réglées, ce qui est contraire à l’ordre établi par l’accord.

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