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La guerre rattrape les Marocains : Les prix à la pompe flambent !

by Perspectives Med
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La guerre rattrape les Marocains : Les prix à la pompe flambent !

Les citoyens sont jetés en pâture aux marchands indélicats qui exploitent la guerre au Machrek et ses répercussions sur le marché des hydrocarbures pour se refaire une santé. L’exemple typique de ces spécimens est à situer au niveau des stations de service. Certaines ont fermé boutique, invoquant l’épuisement des stocks, pour faire bonbonne après minuit en appliquant les nouveaux tarifs, tandis que d’autres ont décidé de répercuter les hausses quitte à s(‘attirer la colère des citoyens. Les citoyens qui protestent auprès des pouvoirs publics savent qu’ils font fausse route. Surtout que le ministère de l’Energie, en charge de veiller sur l’état du marché n’a pas bougé le petit doigt pour exiger des importateurs de carburant de porter le stock de sécurité à 60 jours ! Leila Ben Ali doit répondre, et c’est la moindre des choses, de cette défaillance devant le Parlement. Quand bien même il aurait été de bonne guerre pour l’actuel Exécutif que de sonder les voies qui devaient permettre la reprise des activités de la raffinerie Samir, l’unique du pays paralysée par un procès à l’international… Le stock stratégique dont disposait le pays dépassait, du temps où les torches de Samir étaient allumées, celui des 60 jours actuels…

Alarmés depuis quelques jours déjà, le PJD avait déjà exigé la réunion des commissions parlementaires en charge de l’énergie, comme des infrastructures, pour débattre des répercussions de la guerre menée contre l’Iran et de ses incidences sur le Maroc.

Mohamed Benkaddour, président de la Fédération nationale des associations de protection des consommateurs, déploré auprès du confrères Yabiladi les pratiques « contraire à l’éthique » de certaines stations de distribution de carburant. « Tout le monde s’attendait à ces augmentations, mais certains ont choisi d’y recourir plusieurs heures à l’avance », a-t-il fustigé. D’après lui, « certaines stations qui se sont engagées à ne pas augmenter les prix avant minuit ont connu un fort afflux des voitures ». Et de condamner la « tactique d’autres stations qui prétendaient que leur stock était épuisé en attendant minuit, pour augmenter les prix ». Plus, a-t-il estimé, « cette augmentation aurait pu être évitée, car la loi marocaine prévoit que la réserve stratégique devrait couvrir les besoins de deux mois ». « Par conséquent, ce que les Marocains achètent aujourd’hui au prix du marché international a été acheté au prix avant que le conflit au Moyen-Orient n’éclate », dit-il.  Et d’ajouter que « l’État doit intervenir et fixer les prix dans ces circonstances exceptionnelles. Ces conditions ne devraient pas être exploitées pour alourdir les poches des citoyens ; il n’est pas trop tard pour que l’État intervienne », a-t-il rappelé.

Depuis la libéralisation des prix des carburants au Maroc, le 1er janvier 2015, le gouvernement a levé les subventions sur le diesel, l’essence et le fioul, rendant les prix soumis aux fluctuations du marché international et à la concurrence des entreprises. Les tarifs de détail sont mis à jour le premier et le seizième de chaque mois par les entreprises opérant dans le secteur. N’empêche, la loi n° 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence permet à l’État d’intervenir exceptionnellement. L’article 4 prévoit que « les dispositions des articles 2 et 3 ci-dessus n’empêchent pas l’administration, après consultation du Conseil de la concurrence, de prendre des mesures temporaires contre des hausses ou baisses excessives de prix, justifiées par des circonstances exceptionnelles, une calamité générale ou une situation manifestement anormale sur le marché d’un secteur particulier ». Selon le même article, « la durée d’application de ces mesures ne doit pas excéder six (6) mois, renouvelable une fois par l’administration ».

Par ailleurs, la Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’Homme a exprimé sa préoccupation face aux nouvelles augmentations des prix du carburant au Maroc. Dans une déclaration, elle a fait état « évolutions choquantes et injustifiées pendant une période économique et sociale sensible ». Dans ce sens, la Ligue a condamné une hausse des prix qui « impactent profondément le pouvoir d’achat des citoyens », avec des salaires qui restent « en-deça du coût de la vie en augmentation rapide ». L’instance a ainsi demandé « une enquête urgente et transparente sur les bénéfices réels réalisés par les entreprises de carburant au Maroc et les marges qu’elles adoptent ».

La Ligue a appelé à une révision de la politique de libéralisation des prix du carburant, qui selon elle a montré ses limites dans la protection des consommateurs. Elle a préconisé la réactivation du système de compensation ou l’adoption de mécanismes de soutien à même de garantir la stabilité des prix et d’alléger le fardeau des citoyens. L’instance a également exhorté le gouvernement à prendre « des mesures urgentes pour réguler le marché du carburant et limiter la domination des lobbies de l’énergie ».

 

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