« Avant les consultations du Conseil de sécurité, j’ai rencontré M. Lacroix afin de discuter des questions relatives à la Mission des Nations unies, et j’ai réaffirmé la position du Front Polisario à cet égard », a fait savoir Mohamed Omar. Ce dernier s’est également entretenu avec Rosemary A. DiCarlo, secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix. À cette occasion, le représentant du Polisario a réitéré la position de son mouvement concernant le processus de règlement de la question du Sahara.
À travers ces rencontres, le Polisario cherche à peser sur les discussions prévues les 24 et 30 avril au Conseil de sécurité, portant sur une éventuelle modification du mandat de la MINURSO, conformément à la résolution 2797 adoptée le 31 octobre. Le Front s’accroche aux prérogatives de la mission onusienne, telles qu’elles ont été définies par le Conseil de sécurité en 1991, notamment l’organisation d’un référendum.
De son côté, l’Algérie déploie ses efforts diplomatiques visant à empêcher, ou du moins à retarder, toute restructuration de la mission onusienne au Sahara. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les échanges téléphoniquesentre Ahmed Attaf et ses homologues du Canada, de l’Italie et de l’Afrique du Sud. D’ici la fin du mois d’avril, le chef de la diplomatie algérienne devrait poursuivre ses consultations avec d’autres ministres des Affaires étrangères sur ce dossier.
En parallèle, les séparatistes multiplie les signaux en direction des Américains. Ainsi, pas plus trad que vendredi dernier, Mohamed Yeslem Beissat, « ministre des Affaires étrangères» du Front, a déclaré depuis Tindouf à un média officiel algérien, Al24 News, que l’administration Trump est « la première à déployer un effort réel et louable pour rapprocher les points de vue et organiser des négociations directes entre les deux parties, conformément aux résolutions des Nations unies ». Il a également qualifié l’initiative américaine d’« évolution importante » dans le processus de règlement de la question du Sahara. Pourtant, tous les pourparlers sont l’œuvre des précédentes administrations US, comme à Manhasset en 2007 et 2008 ou des Tables rondes de Genève en décembre 2018 et mars 2019. Cherche-t-il à flatter l’égo du locataire de la Maison Blanche?
Quant à Brahim Ghali, leader des séparatistes, il a salué avec prudence, « les efforts actuels menés, dans le contexte de la résolution 2797 (adoptée le 31 octobre, ndlr), par les Nations unies et les États-Unis d’Amérique pour parvenir à une solution juste, définitive et mutuellement acceptable ». Un positionnement tranche avec les critiques exprimées précédemment par le Polisario. Le mouvement avait vivement condamné « certains passages » de la dernière résolution de l’instance exécutive de l’ONU, rédigée exclusivement par les États-Unis. « Cela représente une déviation dangereuse et sans précédent (…). Ces éléments violent également le statut international du Sahara occidental (…) et entravent les efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel », lisait-on dans le communiqué daté du 31 octobre.
Le Polisario avait alors affirmé qu’il «ne participera à aucun processus politique ni à aucune négociation fondée sur des « propositions »» qui ne tendent pas vers le principe de «l’autodétermination».
Les discussions autour du Sahara, initiées par les États-Unis en février, portent essentiellement sur le plan marocain d’autonomie pour la région, récemment détaillé par Rabat.
Malgré sa récente promotion au sein de la direction du Polisario, Bachir Mustapha Sayed continue de se poser en opposant. Alors que M. Yeslem Beissat et B.Ghali ont salué les efforts des États-Unis pour relancer les pourparlers conformément à la résolution 2797, le nouveau président du « parlement sahraoui » a choisi, lui, une autre démarche. Dans un entretien livré à un site algérien L’Indépendant Infos, B. Sayed a affirmé que «la dernière résolution du Conseil de sécurité ne répond pas aux aspirations du peuple sahraoui en matière d’indépendance et de libération ». Il a néanmoins applaudi les « initiatives diplomatiques de l’Algérie visant à faire pression pour réviser ou même annuler le texte 2797, car il ne sert pas les intérêts des Sahraouis ».
En campant la stature de l’opposant qui ménage son protecteur algérien, l’hère tente de renforcer sa popularité auprès des habitants des camps de Tindouf, qui ne partagent pas la ligne de B. Ghali, en vue du prochain congrès prévu fin 2026 ou début 2027. Pour rappel, l’opposant d’ajourdh’hui avait tenté le diable en 2000 en proposant aux États-Unis d’installer une base militaire au Sahara une fois sous contrôle du Polisario, initiative qui lui avait coûté une longue traversée du désert.

