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Dossier saharien : Le Polisario s’allie à Pretoria pour influencer Paris

by Perspectives Med
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Dossier saharien : Le Polisario s’allie à Pretoria pour influencer Paris

Les observateurs avertis lient ce déplacement à la volonté du Polisario de livrer un message à la présidence française via le chef d’Etat sud-africain qui a été reçu par Emmanuel Macron. L’affaire est assez sensible en ce sens que Paris a définitivement tranché dans le dossier saharien en reconnaissant la marocanité des provinces méridionales. Plus, les caciques du Front n’ignorent pas qu’entre Paris et Rabat, les liens se sont davantage raffermis et devraient inaugurer une nouvelle ère avec le déplacement attendu du Roi du Maroc à Paris pour sceller le nouveau partenariat stratégique. Le front a-t-il quelque chose à offrir à la France qui pourrait l’aider, es qualité d’allié du Maroc qui a son poids au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, à mieux intégrer la dynamique en cours qui vise avant tout à tourner la page d’un conflit vieux d’un demi-siècle, avec les remugles qu’il charrie encore hérités de la guerre froide ? La question mérite d’être soulevée à l’heure où les leaders du Polisario savent que le meilleur moyen d’agir passe directement par Rabat. Le Royaume n’a toujours pas fermé la parenthèse de la réconciliation qui fait de lui la « patrie clémente et miséricordieuse » pour ses enfants égarés. Plus, le choix même de l’émissaire par lequel transiterait toute offre du Polisario a de quoi faire braquer Rabat. Entre le Maroc et l’Afrique du Sud, les relations peinent à retrouver les chemins de la réconciliation à cause notamment du dossier saharien, mais pas que… La mobilisation de Pretoria dont l’aura est quelque peu chamboulée ces derniers temps avec la montée en puissance de la xénophobie qui marquera de son empreinte une nation prétendue multicolore n’est pas sans précédent. En janvier 2024, Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, s’était rendu en Afrique du Sud afin d’examiner un éventuel rôle de Pretoria dans le processus politique. Mal lui en a pris, le Maroc est sorti de ses gonds pour rejeter vivement pareille démarche que rien ne justifie.

Des analystes avancent l’idée selon laquelle les séparatistes chercheraient à convaincre C. Ramaphosa de porter auprès du président français une initiative élaborée par le Polisario avant sa promotion sur la scène internationale. Fragilisé par les gains collectés par la diplomatie marocaine, le Front envisagerait d’assouplir son discours diplomatique. En lançant des roquettes sur la province saharienne de Smara le 5 mai dernier, le Polisario s’est attiré les foudres et de l’ONU et de plusieurs autres pays. Plus déstabilisant encore pour le Polisario qui s’érigeait en représentant exclusif des populations sahraouies, une délégation du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), a été accueille à Washington par Mike Waltz, représentant permanent des États-Unis auprès des Nations unies.

Quoi qu’il en soit, l’option de Pretoria ne fait que traduire la passe difficile dans laquelle se trouve le Polisario et, cela va de soi, les difficultés rencontrées par l’Algérie à peser sur l’évolution du dossier. Nombre d’observateurs conviennent qu’Alger reste un soutien essentiel du Polisario, mais ne dispose plus de la capacité d’influer sur le cours des discussions internationales autour de la question du Sahara. Discussions nourries par l’administration américaines qui , en dépit du conflit ouvert avec l’Iran autour du détroit d’Ormuz, cherchent à clore le dossier le plus rapidement possible.  Et c’est dans ce cadre-là qu’il faudra placer les menées au niveau du Congrès US pour promouvoir le projet de loi qui consiste, depuis son lancement le 24 juin 2025, à intégrer le Polisario dans la liste américaine des organisations terroristes.  Scott DesJarlais et Matt Van Epps sont les tout derniers nouveaux élus républicains à supporter, depuis le 9 juillet, l’initiative pilotée par le républicain Joe Wilson et le démocrate Jimmy Panetta. L’affaire est loin d’être anodine au regard du poids des nouveaux ralliés. S. DesJarlais est à la tête de la sous-commission des forces stratégiques de la Commission des forces armées à la Chambre des représentants alors que M. Van Epps siège à la Commission de la sécurité intérieure ainsi qu’à la sous-commission pour la sécurité des transports et la sûreté maritime. Plus, le sénateur républicain Ted Cruz a déposé une proposition similaire au Sénat pour inscrire le Polisario sur la liste américaine des organisations terroristes. Cette initiative a déjà obtenu le soutien de trois sénateurs.

Attendons pour voir…

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