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Cherté de la vie : Trop c’est trop !

Sous la double pression de la sécheresse et de la hausse des prix des produits de consommation, le front social promet une surchauffe dans le pays. Surtout que l’Exécutif peine à prendre en charge les risques d’un déclassement social généralisé.

Les faibles précipitations que le pays a connu cette année du fait d’un dérèglement climatique poussent le pays de plus en plus dans la case du stress hydrique. Au point que l’alimentation en eau potable risque de connaitre, l’été venu, des perturbations de grande ampleur. Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est aussi la pression sur les prix des produits de base, induite par le surcoût du prix du baril, qui s’ajoute aux ingrédients de la colère de masse. Tout cela fait que la marmite qui boue déjà risque de brûler. Surtout que l’Exécutif peine à dégager des solutions alternatives susceptibles de répondre un tant soit peu aux attentes des citoyens qui n’en peuvent plus. Ni les solutions d’appoint ne sauraient triompher d’un stress hydrique menaçant le pays depuis des années. Ni les expédients imaginés pour atténuer le poids de la facture énergétique sur les citoyens ne s’avèrent crédibles. La meilleure preuve est à situer au niveau de l’appui accordé à titre exceptionnel aux transporteurs. Ces derniers agitent aujourd’hui le spectre d’une grève générale qui risque de paralyser le pays…

Devant pareil blocage qui s’exprime sur plusieurs versants, que reste-t-il ? une des réponses provient du Front social marocain, composé de formations progressistes, qui a appelé à une marche nationale, prévue dimanche 29 mai à Casablanca. Dans un appel publié sur sa page Facebook, le mouvement a expliqué que cette forme de protestation intervient «contre la flambée des prix, l’oppression et la normalisation».

Dans son appel, le Front a expliqué que cette marche est destinée à faire entendre la voix des manifestants appelant à «faire baisser les prix des carburants et transférer les actifs de la société La Samir à l’État marocain». Le front a appelé aussi à «rendre les 17 milliards de dirhams volés par le lobby des carburants». L’appel évoque plusieurs revendications, dont l’arrêt de la spoliation immobilière, mettre fin au recrutement par contrat dans le secteur public et à garantir le droit au travail et aux indemnités au chômage.

La même source plaide aussi pour le «respect des libertés» et appelle à «libérer tous les détenus politiques» et à «annuler les accords de normalisation avec l’État sioniste».

En avril dernier, le Front social marocain a organisé plusieurs sit-in dans des villes marocaines contre la flambée des prix, momentum qui a aussi permis de dénoncer «la répression systématique des différentes catégories sociales et des voix libres».

Les autorités locales laisseront-elles faire le Front qui, et c’est une première, entend marcher en solo, sans l’aide de la Jemaa « Justice et bienfaisance » ? Ledit Front générera-t-il la participation des formations de l’opposition qui peinent à être visible face aux attaques systématiques ciblant et le pouvoir d’achat des masses et les droits fondamentaux garantis par la loi suprême du pays ?

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