Certains militants ayant pu témoigner ont confirmé qu’un certain nombre de participants avaient été soumis à « des violences sexuelles, en plus d’être battus, traînés, menottés et d’avoir les yeux bandés », a déclaré Y. Ajissa à Anadolu. Il a ajouté que « les violations israéliennes comprenaient des agressions et du harcèlement sexuels », ainsi que des passages à tabac, qualifiant ce qui s’est passé de « violation flagrante de la dignité humaine ». A ses yeux, « ces violations révèlent la véritable nature de l’entité israélienne, sa criminalité et sa brutalité, ainsi que l’étendue de son danger pour la région et pour le monde ».
Évoquant ce qu’il a décrit comme « la faible réponse internationale face à l’incident », Y. Ajissa a souligné : « Nous avons été choqués par le manque de réaction et de condamnation généralisées, en particulier de la part de l’Union européenne, concernant ce qu’a fait l’entité sioniste. »
Il a ajouté qu’« imposer des sanctions à Israël est devenu une nécessité, car il intensifie ses violations en l’absence d’obligation de rendre des comptes ». Il a également décrit les actes israéliens comme « le prolongement des violations » que Tel-Aviv « commet à Gaza à l’encontre du droit international et des institutions internationales ». Israël « affiche ses pratiques en toute impunité, en l’absence d’action internationale sérieuse », a-t-il également affirmé, s’interrogeant : « Si ces militants de nationalités non arabes et non musulmanes ont été soumis à ces violations, quelle est la situation de la population de Gaza et de la Cisjordanie occupée ? » Il a insisté sur le fait que « le danger posé par cette entité est immense ».
Y. Ajissa a appelé à la libération des deux militants toujours en détention, le ressortissant brésilien Thiago Avila et le ressortissant hispano-suédois Saif Abu Keshek, notant que « les autorités israéliennes continuent de les détenir et de les interroger depuis plusieurs jours ».
Il a également exigé « une protection pour les navires qui ont pris la mer et ceux qui navigueront plus tard vers la bande de Gaza, ainsi que des garanties qu’ils ne seront pas attaqués ou soumis à des actes de piraterie dans les eaux internationales, ni même dans les eaux territoriales de certains pays européens ».
La mission du printemps 2026 de la Flottille mondiale Sumud, qui visait à briser le blocus israélien de la bande de Gaza et à y acheminer de l’aide humanitaire, a été interceptée par les forces israéliennes le 29 avril au large de la Crète. Les forces israéliennes sont intervenues dans les eaux internationales, attaquant les navires transportant des militants à environ 600 milles marins de Gaza et à seulement quelques milles des eaux territoriales grecques. Au total, 177 militants ont été arrêtés et auraient subi des mauvais traitements. Selon divers rapports, Avila et Abu Keshek, qui n’ont pas été relâchés depuis qu’ils ont été emmenés de force en Israël, auraient fait l’objet de graves violences physiques et de menaces de mort lors de leurs interrogatoires.
Israël impose un blocus sur la bande de Gaza depuis 2007, laissant les 2,4 millions d’habitants du territoire au bord de la famine. L’armée israélienne a lancé une offensive brutale sur Gaza en octobre 2023, qui dure maintenant depuis deux ans, tuant plus de 72 000 personnes, en blessant plus de 172 000 autres et causant des destructions massives à travers le territoire assiégé.
Dérapages en Cisjordanie
La situation en Cisjordanie occupée atteint un niveau « terrible », a alerté vendredi Max Rodenbeck, directeur du programme Israël/Palestine de l’International Crisis Group, lors d’une réunion de l’ONU consacrée aux conditions de vie des Palestiniens dans le territoire. « Permettez-moi de commencer par un seul mot : terrible », a-t-il lancé devant les diplomates réunis au siège des Nations unies dans le cadre d’une réunion en format Arria. « La situation en Cisjordanie est terrible. »
Selon lui, l’accélération de la colonisation israélienne, les confiscations de terres et les restrictions économiques imposées aux Palestiniens se sont aggravées sous l’actuel gouvernement israélien, y compris à Jérusalem-Est.
M. Rodenbeck a notamment affirmé que l’enjeu n’était plus seulement le rythme de l’expansion des colonies, mais l’ampleur des terres progressivement retirées aux Palestiniens. « Au cours des quatre dernières années, ce gouvernement a lancé 102 nouvelles colonies, soit presque autant que durant les cinquante années précédentes », a-t-il souligné. Il a également accusé les autorités israéliennes, dont le ministre des Finances Bezalel Smotrich, de mener des politiques ayant fortement fragilisé l’économie palestinienne.
Malgré une situation moins explosive qu’à Gaza, M. Rodenbeck a estimé que la Cisjordanie continuait de subir une détérioration constante. « La Cisjordanie n’est pas Gaza. Elle n’est pas en guerre contre Israël. La situation y est relativement calme. On aurait pu penser qu’avec le cessez-le-feu à Gaza, certaines mesures israéliennes, l’expansion des colonies, l’annexion ou encore la guerre économique, auraient été allégées. Mais aucune de ces politiques n’a été assouplie. La pression continue de s’intensifier », a-t-il déclaré.
Organisée par les missions permanentes du Danemark, de la France, de la Grèce, de la Lettonie et du Royaume-Uni, la réunion visait à attirer l’attention sur les difficultés croissantes auxquelles font face les Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Depuis octobre 2023, la Cisjordanie occupée connaît une intensification des opérations militaires israéliennes et des violences de colons, marquées par des raids, arrestations et attaques contre les Palestiniens et leurs biens. Selon des chiffres palestiniens officiels, au moins 1 155 Palestiniens ont été tués, environ 11 750 blessés et près de 22 000 arrêtés depuis le début de l’offensive israélienne sur Gaza.
