Le mokhtar de la localité a démenti les rumeurs selon lesquelles ces habitants avaient été avertis via un appel téléphonique les sommant d’évacuer la maison. « Ce ne sont que des rumeurs et des mensonges », a assuré Amine Shoumar selon lequel elles sont destinées à justifier la barbarie de l’ennemi et sa criminalité ».
Le village d’al-Saksakiya ne figurait parmi les 9 villages qui avaient été avertis dans la matinée, d’un ordre d’évacuation émis par l’armée d’occupation, à savoir: Teir Debba, Abbasiyah, Bourj Rahal, Maaroub, Bariche, Arzoune, Jannata, Zrariyah, et Aïn Baal. Dans le Mont-Liban, un drone israélien a pris pour cible une voiture dans la zone Moultaqa-AlNahreyne, dans le Chouf, tuant 3 personnes. A Tyr, un raid sur une voiture à Jal al-Bahr a coûté la vie à un citoyen, Qassem Mohammad Abbas et blessé quatre autres. A Bourj Rahal au sud trois ouvriers agricoles ont succombé dans un raid sur leur voiture. Par ailleurs, un drone a visé deux voitures sur l’autoroute du littoral sud, desservant les localités de Saadiyate et Jiyyeh.
Selon les dernières informations, les raids et les pilonnages d’artillerie israéliens ce samedi ont visé les localités suivantes la ville de Nabatiyeh ainsi que les localités : Zrariyah, Teir Debba, Barich, Maaroub, Kfar Remman, Meyfadoun, Arnoun, Chahabiyah, Nabatiyeh al-Fawqa, Kfar, Haris, Majdal Selem, Hadatha et Mansouri, Kfar Dounine, Marwaniyah, Habouche, Haris, Yatar, Safad al-Batikh, al-Jmayjmah, al-Kharayeb, Houmine al-Fawqa, …
Les observateurs indiquent que l’armée israélienne ne limite pas ses raids dans la bande frontalière qu’elle a baptisée la ligne jaune, mais bombarde bien au-delà, au sud du Litani. L’évolution rapide de la situation sur le front libanais révèle un changement qualitatif dans la nature de l’affrontement. La bataille ne se mesure plus seulement à l’intensité des échanges de tirs, mais aussi à la capacité de la résistance à imposer une guerre d’usure prolongée et à perturber la stabilité opérationnelle de l’ennemi. Face à cette escalade, les débats dans les médias et au sein des instances militaires et sécuritaires israéliennes témoignent d’une inquiétude croissante quant à l’incapacité de l’armée israélienne à contenir ce type de conflit, notamment compte tenu du fait que la résistance dispose d’un système de drones flexible et déployé, capable de maintenir le rythme des attaques malgré les bombardements et les destructions.
Ce scénario ne se limite pas à la dimension militaire directe ; il concerne également le rétablissement de l’interconnexion des différents fronts que Tel-Aviv et Washington ont tenté de contenir. Dans ce contexte, les analyses israéliennes elles-mêmes indiquent que le Hezbollah ne perçoit pas la confrontation comme un front frontalier isolé, mais plutôt comme un élément d’un conflit régional ouvert où les intérêts libanais, iraniens et israéliens sont inextricablement liés.
À cet égard, Avi Ashkenazi, correspondant et analyste des affaires militaires du journal Maariv, a estimé que l’un des échecs les plus marquants de la gestion de la guerre par le niveau politique israélien a été de permettre aux États-Unis de lier le cessez-le-feu avec l’Iran au front libanais, considérant que ce lien offrait à Téhéran le « gros lot » et établissait l’équation de fronts qui se chevauchent. Évoquant les opérations sur le terrain, il a fait remarquer que la destruction des ponts sur le Litani n’avait pas atteint son objectif. Il a cité des responsables militaires affirmant que le faible niveau de l’eau permettait aux combattants de traverser le fleuve sans avoir besoin des ponts, gardant ainsi les lignes de ravitaillement ouvertes pour le Hezbollah. Il a soutenu qu’Israël menait actuellement une bataille défensive limitée au Liban, sans lancer d’offensive d’envergure, et a averti que cette approche augmentait le risque d’une frappe.
En Israël, les signes de la difficulté d’engagement en profondeur rencontrée par ses forces au Sud-Liban se multiplient, avec l’efficacité croissante des drones d’attaque adoptés par le Hezbollah et leur transformation en un gouffre financier quotidien qui impose des ajustements successifs aux plans de déploiement et opérationnels de l’armée. La bataille ne se mesure plus uniquement au volume des bombardements mutuels, mais plutôt à la capacité de la résistance à imposer une guerre d’usure de longue durée.
Dans ce contexte, la chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que, selon les évaluations de sécurité israéliennes, le Hezbollah exploite un réseau de drones spécialisé au Sud-Liban. Ce réseau comprendrait une centaine d’opérateurs répartis en petites cellules dispersées, distinctes de ses formations traditionnelles de grande envergure. Toujours selon ces évaluations, ce réseau aurait lancé à ce jour environ 160 drones vers les forces israéliennes, dont près de 90 seraient reliés directement à leurs opérateurs par des câbles à fibre optique. Face à cette situation, les incidents sécuritaires persistent sur le front nord de la Palestine occupée, avec une utilisation croissante de drones d’attaque. Les médias israéliens ont rapporté deux incidents distincts hier matin, l’un dans la colonie de Shlomi et l’autre dans la région de Rosh HaNikra, en Galilée occidentale, faisant des blessés parmi les soldats. Plus précisément, les médias israéliens ont fait état d’une explosion suivie de fumée dans la colonie de Shlomi, avant de confirmer qu’un drone avait ciblé un point précis de la colonie. Dans un second incident, des informations ont indiqué qu’un drone chargé d’explosifs avait explosé dans la région de Rosh HaNikra.
Selon la radio de l’armée israélienne, deux soldats ont été grièvement et légèrement blessés par un tir direct de drone chargé d’explosifs à Ras al-Naqoura, près de la frontière libanaise. Un autre soldat a été légèrement blessé lors d’une autre attaque de drone, l’explosion s’étant produite près d’une position israélienne au Sud-Liban. Un correspondant de la chaîne israélienne Channel 15 a commenté ces deux incidents, affirmant que le Hezbollah « a repris les frappes de drones chargés d’explosifs en territoire israélien, infligeant des pertes à l’armée israélienne », ce qui témoigne de l’efficacité croissante des drones d’attaque pour cibler les forces israéliennes et les positions frontalières. Parallèlement, et en réponse aux attaques contre la banlieue sud de Beyrouth, et afin de renforcer la logique d’« expansion contre expansion », la résistance a lancé une salve de missiles sophistiqués contre la base de Shraga (quartier général de la brigade Golani et base de déploiement de la Force Egoz), au sud de Nahariyya. Immédiatement après le lancement, les sirènes ont retenti dans une vaste zone de la Galilée occidentale. Les médias israéliens ont rapporté avoir entendu les sirènes à Nahariyya et dans ses environs, avant qu’elles ne se propagent à Acre et à la région de Krayot, au nord de Haïfa, signe d’un renforcement de l’alerte sécuritaire et militaire dans le nord du pays.
Deux responsables israéliens ont alerté sur la menace croissante que représentent les drones à fibre optique de la Résistance islamique (Hezbollah), alors que les inquiétudes grandissent en « Israël » quant à leurs capacités offensives. David Azoulay, président du conseil local de Metula, a déclaré lors d’une interview accordée à la chaîne israélienne Channel 13 : « Les drones du Hezbollah sont leurs F-35 », faisant référence à leur efficacité et à leur impact au sol. De son côté, Alon Davidi, maire de Sderot, a déclaré : « Je ne sais pas ce qui se passerait si un millier de drones chargés d’explosifs étaient lancés de Gaza vers nous. »
Dans un contexte régional extrêmement complexe, où les négociations internationales se mêlent aux bruits de la canonnière, le Liban entame un nouveau cycle de négociations avec Israël tandis que le sud reste exposé à la possibilité d’une explosion à tout moment, sur fond d’escalade israélienne dans le sud atteignant la banlieue sud de Beyrouth, dans une scène qui illustre clairement l’effondrement de tous les espoirs véhiculés sous le slogan de « l’instauration d’un cessez-le-feu ». Cela laisse pratiquement penser que le gouvernement entamera des négociations sous la contrainte, c’est-à-dire conformément aux souhaits d’Israël. Il ne semble nullement être en mesure d’imposer ses conditions ni vouloir protéger leur souveraineté ; il cherche plutôt à gagner du temps en minimisant les pertes, tout en continuant de s’appuyer sur le rôle des États-Unis pour contenir Israël.
Dans ce contexte, le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que « le gouvernement entend faire de l’État le seul point de référence dans tout futur processus de négociation avec Israël, par le biais des institutions constitutionnelles officielles », soulignant que « la priorité actuelle est d’empêcher l’effondrement du cessez-le-feu avant d’entamer de nouvelles négociations ». Salam a passé sous silence le fait qu’aucun cessez-le-feu n’est en vigueur sur le terrain. Il a précisé à la chaine qatarie Al Jazeera que « le Liban aborde les négociations comme un processus intégré qui ne se limite pas à une désescalade militaire, mais comprend l’arrêt des attaques israéliennes sur le territoire libanais, la libération des prisonniers libanais, l’établissement d’un calendrier clair pour le retrait israélien et le retour des personnes déplacées dans les villages frontaliers de manière à permettre le lancement de la phase de reconstruction et la prise en compte des répercussions humanitaires et économiques de la dernière guerre. »
Sans tenir compte des appels à la raison lancés par la résistance libanaises, mais pas que, le responsable libanais a réitéré les propos tenus précédemment par le président Joseph Aoun, selon lesquels le Liban cherche à « obtenir des garanties américaines et internationales qui lui permettront de rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire, parallèlement à des contacts régionaux et internationaux visant à prévenir l’extension du conflit et à réajuster les règles d’engagement à la frontière sud ». Des sources bien informées ont indiqué que « la déclaration du Premier ministre, qui lie les négociations aux conditions libanaises, s’explique par les mêmes facteurs qui ont incité Aoun à prendre du recul, le plus important étant la position arabe qui appelle à la prudence et à ne pas précipiter les choses ni à offrir à Netanyahu plus que nécessaire ».
De son côté, J. Aoun a rencontré l’ancien ambassadeur Simon Karam pour discuter de l’ordre du jour du prochain cycle de négociations qui devrait se tenir à Washington la semaine prochaine. Il a également reçu un appel du conseiller britannique à la sécurité nationale, Jonathan Powell, qui a pris connaissance de la demande d’Aoun. « Le Liban s’engage à un cessez-le-feu complet, préalable indispensable à l’ouverture de négociations visant à mettre fin à la situation explosive dans le sud, permettant ainsi le redéploiement de l’armée libanaise aux frontières internationales, la libération des prisonniers libanais et le retour des personnes déplacées dans leurs villages et villes. »
Lors de ses rencontres avec des responsables européens et onusiens, le chef. De l’Etat libanais a déclaré qu’il était « nécessaire d’exercer une réelle pression internationale pour contraindre Israël à cesser le feu et à arrêter de cibler les civils, le personnel médical, les journalistes et la protection civile », considérant qu’« Israël agit en dehors de toutes les lois et normes internationales », et il a appelé la communauté internationale à fournir une aide humanitaire urgente compte tenu des lourdes pertes humaines et des besoins croissants des personnes déplacées.
En face, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, membre du Bloc Fidélité à la Résistance, a affirmé que le Liban se trouve sur la défensive, protégeant son existence et son destin face à l’agression israélienne. Il a déclaré qu’une nouvelle phase s’est ouverte, une phase où la résistance refusera tout retour au statu quo d’avant le 2 mars. Il a souligné que lorsque l’ennemi attaque des villages et des quartiers libanais, il doit s’attendre à une riposte, ce que la résistance apporte précisément. Il a insisté sur le fait que, quels que soient les coûts et les difficultés, la résistance ne permettra pas un retour en arrière. Il a fait remarquer qu’il existe deux approches différentes au sein du pays quant à la manière de faire face à l’agression sioniste, ce qui a engendré des divisions parmi les Libanais. « Il est donc nécessaire d’adopter une approche consciente, responsable et patriotique, afin d’éviter que le pays ne s’engage dans des impasses dangereuses. Nous devons partir d’un consensus national sur les options disponibles, pour geler les conflits internes et reconnaître l’agression israélienne contre le Liban comme une menace existentielle ».
Assurant que les conséquences de cette agression ne se limiteront pas à une seule région, communauté ou groupe, il a exhorté à privilégier « un seul objectif national : mettre fin à l’agression, libérer le territoire, faciliter le retour des personnes déplacées, obtenir la libération des prisonniers et, par la suite, parvenir à un accord sur les moyens de protection nationale ». Le député a souligné que le Liban n’est pas faible, mais fort grâce à ses résistants héroïques qui, jusqu’à présent, combattent l’ennemi avec bravoure, courage et sagesse dans les villages de la ligne de front. « Avec eux, l’unité nationale peut être mise à profit pour renforcer la position du pays face à cette agression israélienne, et nul ne doit négliger les atouts qui font sa force, en particulier la résistance ». Il a appelé à un retour aux textes originaux de la Constitution et de l’Accord de Taëf, et non à des citations sélectives ou à la sélection de certains mots. « L’Accord de Taëf stipule clairement : « Préparer les forces armées à faire face à une agression israélienne », mais les autorités successives n’ont pas appliqué cette clause. Quant à la majorité qui détient le pouvoir aujourd’hui, elle a ordonné à son armée de se retirer au lieu d’affronter l’ennemi. Sans l’héroïque résistance, l’ennemi serait aujourd’hui à Beyrouth, comme en 1982 ».
Le député a ajouté que l’Accord de Taëf stipulait « le recours à tous les moyens pour libérer le territoire », et l’un des plus importants en est la résistance, que la déclaration fondatrice du gouvernement post-Taëf a approuvée. Ceci confirme la validité de la légitimité constitutionnelle et de la charte, et toute violation de cette charte et de ses deux clauses constitue une menace réelle pour la Constitution et l’Accord de Taëf. Par conséquent, quiconque souhaite protéger et défendre Taëf doit en respecter les dispositions et ne pas permettre qu’il soit violé en outrepassant le principe fondamental d’hostilité envers Israël qu’il a approuvé. » Selon lui, « les négociations directes avec l’ennemi constituent une voie sans issue », précisant que le Hezbollah n’est pas opposé à une diplomatie fondée sur la force, qui a permis l’Accord d’avril 1996, la libération de prisonniers et l’obtention d’accords de protection.
Soutenant les négociations indirectes « qui atteignent leurs objectifs par des procédures spécifiques », il estime que la voie des négociations directes empruntée par le gouvernement libanais à Washington constitue « une violation de l’Accord de Taëf et de la Constitution ». Demandant au gouvernement de l’abandonner, H. Fadlallah lui a rappelé qu’il dispose de justifications nationales suffisantes pour le faire. « Sous la pression des États-Unis, le Liban peut déclarer aux Américains : « Puisque vous n’avez pas respecté notre engagement en faveur d’un cessez-le-feu global, que cet ennemi a attaqué la banlieue sud de Beyrouth et continue de s’en prendre quotidiennement au Sud, commettant des massacres, et puisqu’il n’a pas respecté de cessez-le-feu global, nous nous retirons des négociations directes. » Ceci justifie pleinement le retour du gouvernement à l’option d’accords internes renforçant la position du Liban ».
H. Fadlallah estime que l’option des négociations directes a exacerbé les divisions internes et créé une fracture au sein des institutions étatiques. « Il est inexact d’affirmer que l’État a entamé des négociations ; c’est plutôt la majorité au gouvernement qui s’y est engagée. Les négociations, et nous faisons partie de l’État, ne convergent pas sur cette voie, mais le fait de miser sur l’unité de notre peuple et de l’État renforce notre position ». Il a souligné que le fait de « miser sur l’administration américaine est une erreur, car une fois les négociations régionales terminées, cette majorité restera seule au pouvoir ». « Elle s’est enlisée dans une impasse et nous l’appelons à en sortir. Par conséquent, ce pouvoir dispose aujourd’hui d’une réelle opportunité. Nous ne voulons pas que notre pays vive dans les problèmes, ni dans les conflits internes, mais en même temps, notre peuple n’acceptera pas la soumission et la capitulation face à ces diktats qui lui sont imposés. Nous disposons d’une force populaire et d’une détermination suffisantes ». Il a aussi invité les autorités à « s’appuyer sur les nouvelles équations et le cadre régional qui se mettent en place aujourd’hui à Islamabad donne de la force au Liban ».
« Les temps ont changé. Lorsque l’Iran est attaqué, que ce soit par des destroyers, des avions ou des flottes, il riposte directement. De même, lorsque nous sommes attaqués sur notre territoire, nous ripostons. Nous sommes en mesure de défendre notre patrie et notre sud, et nous ferons tomber la ligne jaune et la ceinture de sécurité. Nous retournerons la tête haute dans nos villages et nos villes, et l’ennemi ne pourra pas rester sur notre sol », a-t-il conclu.
