Les chasseurs-bombardiers israéliens ont également attaqué la bourgade d’Abba dans le district de Nabatiyeh, outre la bourgade de Choukine, parallèlement à un pilonnage d’artillerie continu des bourgades de Yahmour al-Chqif et Arnoun. Un drone d’attaque a largué une bombe sur la bourgade d’Al-Mansouri, alors qu’un autre raid a visé la bourgade de Sajd. Un autre drone a visé la bourgade de Srbine, tandis que la chasse israélienne a ciblé la bourgade de Al-Jemayjmeh.
L’armée israélienne a adressé des menaces aux habitants de plusieurs bourgades et villages, exigeant leur évacuation. Il s’agit des villages : Al-Rihan dans le district de Jezzine, Jarjou’, Kfareremane, Al-Namyrieh, Arabsalim, Al-Jemayjmeh, Harouf, ainsi que Machghara et Qallaya dans la Békaa Ouest.
Par ailleurs, la chaine 15 israélienne a signalé que les colons de Kiryat Shmona, limitrophe avec le Liban, ont reçu des appels téléphoniques de la part du Hezbollah les sommant d’évacuer la colonie alors que l’armée israélienne a indiqué qu’une panne technique a empêché un hélicoptère de l’armée de redécoller lors d’une mission d’évacuation de blessés au sud du Liban ; un autre hélicoptère a été envoyé pour les évacuer. La Résistance islamique cible un rassemblement de véhicules et de soldats de l’armée de l’ennemi israélien entre la zone de Wadi al-Ouyoun et la bourgade de Srbine avec une salve de roquettes. En outre, un bulldozer D9 a été pris pour cible et endommagé dans la localité de Naqoura.
Les médias israéliens ont fait état de la mort d’un soldat israélien dans l’explosion d’un drone piégé lancé par le Hezbollah à l’intérieur d’une base militaire au nord de la Palestine occupée, tandis que le ministère israélien de la Santé a reconnu que 8 autres ont été blessés, dimanche, par les tirs du Hezbollah. L’armée israélienne a pour sa part fait état de la mort d’un sergent-chef de réserve, résident de Petah Tikva, après avoir été frappé par un drone piégé lancé par le Hezbollah sur un site militaire près de la colonie de Manara, dans la région du Doigt de la Galilée, au nord des territoires occupés. Elle a précisé que le soldat servait comme conducteur au sein du bataillon de Transport 6924 relevant du centre de transport militaire, au sein de la division de la technologie et de la logistique. Selon le communiqué, le soldat transportait des équipements lourds vers le site militaire au moment de l’attaque au drone du Hezbollah. D’après les estimations israéliennes, le Hezbollah a lancé 4 drones d’assaut en direction de la position militaire.
Dans ce contexte, les médias israéliens ont évoqué une montée de l’inquiétude au sein d’Israël face aux drones du Hezbollah. i24 a fait référence à ce qu’elle a qualifié de « cauchemar israélien » tout en affirmant que l’initiative reste entre les mains du Hezbollah, grâce à ces drones qui constituent un défi majeur pour l’armée israélienne. Le Hezbollah utilise, pour la première fois, ces drones de manière intensive contre les colonies du Nord et des cibles à l’intérieur d’Israël. La Chaîne 12 a rapporté pour sa part que de hauts officiers de l’armée israélienne ont averti : « Nous sommes revenus au jeu des équations face au Hezbollah ».
Entre-temps, la Résistance islamique au Liban continue de mener des opérations dans le cadre de la riposte aux violations du cessez-le-feu par l’occupation israélienne et à ses agressions contre le Liban, particulièrement les villages du Sud. Elle a annoncé, tôt lundi, avoir visé à deux reprises une force israélienne à l’intérieur d’une maison à Baydar al-Faqani, dans la bourgade de Taybeh, avec deux drones d’assaut atteignant sa cible avec précision. Ce qui a nécessité l’intervention des hélicoptères des forces de l’ennemi pour évacuer les blessés.
Depuis la fin de la guerre des 66 jours en novembre 2024 et la conclusion d’un accord de cessez-le-feu, l’État libanais traverse l’une des phases les plus critiques de son histoire en ce qui concerne sa souveraineté nationale. L’analyse de l’action politique de la présidence et du pouvoir exécutif, du cessez-le-feu du 27 novembre 2024 jusqu’à la guerre de 2026, révèle une conduite diplomatique et militaire caractérisée par une série de concessions fondamentales qui ont affecté le cœur même de la doctrine de défense libanaise et la souveraineté de l’État.
Les autorités libanaises ont continué d’appliquer tous les engagements pris dans le cadre des accords internationaux, malgré le non-respect par Israël d’aucune des neuf clauses de cessez-le-feu. Cela s’est manifesté par la réaction immédiate aux demandes de l’armée d’occupation d’inspecter des sites et des maisons spécifiques, et par le refus de protéger tout point où l’ennemi prétendait observer une activité militaire, même après qu’il ait été prouvé qu’il était dépourvu d’armes. Cette approche d’inspections dictées par des ordres extérieurs, a transformé les institutions de sécurité libanaises en un instrument au service des préoccupations sécuritaires israéliennes. La mesure la plus controversée a sans doute été la « destruction et l’endommagement des armes » livrées par la résistance à l’armée libanaise au lieu d’être utilisées pour renforcer ses capacités de défense. Une autre décision prise à la demande d’Israël et représentant une concession politique s’est manifestée dans l’acceptation de l’envoi d’un émissaire officiel auprès du « Comité du Mécanisme », initiative que le Liban avait initialement refusée afin d’éviter toute politisation ou normalisation du comité technique chargé de superviser la cessation des hostilités. Cette acceptation est intervenue sans aucune contrepartie, et au moment même où l’ennemi intensifiait sa rhétorique hostile envers les institutions libanaises.
Avec le déclenchement de la guerre en 2026, la position officielle a basculé d’une phase de « concessions sur le terrain » à une « adhésion totale » au discours israélien et à une soumission à une médiation américaine partiale, entraînant des atteintes à la souveraineté sans précédent. Dès le début de la guerre de 2026, le discours présidentiel a commencé à imputer les attaques israéliennes à la résistance, malgré la reconnaissance officielle qu’aucun coup de feu n’avait été tiré sur Israël sous l’administration en place avant le début de l’agression. Cette adhésion au discours israélien visait à isoler la résistance au sein du pays et à la discréditer auprès de la communauté internationale, une concession morale et politique qui a affaibli la position libanaise unie.
Le 14 avril 2026, la présidence libanaise a accepté d’envoyer une délégation à Washington pour mener des négociations directes avec une délégation israélienne. Cette décision constituait en elle-même une concession historique, car elle a été prise sous la pression de bombardements intenses et sans condition préalable de cessez-le-feu, sous l’égide du secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Plus dangereux encore a été le fait d’accepter de siéger à la table des négociations malgré la déclaration antérieure de l’ennemi selon laquelle la question d’un cessez-le-feu ne serait pas abordée lors de la première session. De ce fait, la délégation libanaise s’est transformée en une partie exigeant la capitulation plutôt que de négocier ses droits souverains.
Ces négociations sont marquées par une série de concessions. L’une d’entre elles est l’acquiescement de la demande de contact direct avec Benjamin Netanyahu. Cette démarche a brisé les interdits diplomatiques libanais établis. Mais elle a été formellement annulée sous la pression des contestations locales. S’ajoute l’abstention de toute déclaration officielle clarifiant le déroulement de la réunion du 14 avril, laissant ainsi le champ libre à la version adverse qui présentait la réunion comme une victoire pour sa vision sécuritaire.
Une autre concession a été le silence concernant le « document américain » publié le 24 avril, qui comprenait des clauses légitimant le droit de l’occupant à la « légitime défense » sur le territoire libanais, ce qui revient concrètement à accorder à Israël le droit d’une intervention militaire permanente au Liban.
Alors que des villages situés en première ligne subissaient des destructions systématiques pendant sept jours consécutifs, la délégation libanaise à Washington gardait le silence, se contentant d’une demande tardive de l’ambassade du Liban visant à inscrire la question à l’ordre du jour des négociations. Ce comportement a attesté aux parties israélienne et américaine que les autorités libanaises étaient prêtes à négocier, quel qu’en soit le coût sur le terrain. Cela incita le Département d’État américain à publier un document garantissant le droit de l’occupation à poursuivre ses attaques sous prétexte de « recherche des armes ».
