D. Trump a également reproché à l’Iran d’avoir attendu quatre jours pour répondre à une proposition qu’il a qualifiée de « très simple ». « Ils nous ont envoyé ce document pour lequel nous avons attendu quatre jours, alors que cela aurait dû prendre dix minutes », a-t-il lancé. Selon lui, le texte iranien contenait initialement des garanties sur l’absence d’armes nucléaires « pendant une très longue période », avant que Téhéran ne revienne sur cette position. Dimanche, l’Iran a transmis au Pakistan sa réponse à une proposition américaine destinée à mettre fin au conflit, mais Donald Trump l’a jugée « totalement inacceptable ».
A Téhéran, le ministère iranien des Affaires étrangères n’a pas encore réagi à ces déclarations US qui interviennent à l’heure où le chef de la Maison Blanche compte réunir son cabinet pour décider de la marche à suivre. « Nous combattrons quand cela sera nécessaire et utiliserons l’arme de la diplomatie en cas de besoin ; la satisfaction des autres ne nous importe pas », signale la diplomatie iranienne qui ajoute que pour l’heure, « nous concentrons nos discussions sur la fin de la guerre, et nous discuterons du dossier de l’uranium plus tard.»
Sur ces entrefaites, on signale que Masoud Balmah, secrétaire général du Syndicat de la navigation maritime et des services connexes en Iran, a annoncé la fermeture de tous les ports des pays arabes situés dans le Golfe. « Tous les ports des pays situés au sud du golfe Persique sont hors service », a-t-il déclaré. « Seuls 110 navires chargés de pétrole brut, de gaz et de produits pétroliers quittaient quotidiennement le golfe Persique et traversaient le détroit d’Ormuz ; mais ce nombre est désormais tombé à zéro. »
Évoquant le port émirati de Jebel Ali, plaque tournante régionale, il a déclaré que « plus de 12 millions de conteneurs étaient importés, exportés et distribués chaque année via ce port dans la région », ajoutant que « ce port était pratiquement un moteur et un catalyseur pour le reste des ports des autres pays. »
« Il est naturel que lorsque ce port cesse de fonctionner, les perturbations et le chômage s’étendent nécessairement aux autres ports », a-t-il souligné. Et de rappeler que « lorsque les navires ne traversent pas le détroit d’Ormuz, l’entrée et la sortie des ports des pays de la région s’arrêtent et leurs activités commerciales sont perturbées »
Ces derniers jours, on assiste à une autre surenchère iranienne. Ainsi, plusieurs médias proches du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) ont appelé l’Iran à prendre le contrôle des câbles Internet sous-marins passant à travers le golfe Persique, d’une façon similaire à ce que Téhéran essaye de faire avec le trafic maritime. Une dizaine de câbles passent par le golfe, et représentent à eux seuls près de 20% du trafic mondial de données. Les agences de presse iraniennes rappellent ainsi qu’au quotidien, près de 10 000 milliards de dollars de transactions financières reliant l’Europe, le Golfe et l’Asie sont effectuées à travers ces câbles, sans que l’Iran ne touche aucune commission. Les États du Golfe en dépendent pour plus de 90 % de leurs services internet, bancaires et de cloud computing. L’Iran en dépend pour moins de 40 %, le reste transitant par voie terrestre via la Turquie.
Selon l’agence Fars, les entreprises étrangères seraient tenues d’obtenir des permis, de payer des droits de transit et d’opérer conformément à la loi iranienne, selon l’agence Fars. La gestion et la maintenance de ces câbles seraient aussi confiées exclusivement à des entreprises iraniennes, selon la proposition. Selon l’agence de presse Tasnim, des mesures pourraient obliger les géants de la tech (Microsoft, Meta, Amazon…) à obéir à la législation iranienne. Ces câbles pourraient être une cible de choix pour faire mal à l’économie mondiale, a averti Fars news selon laquelle des disruptions de quelques jours sur ces câbles pourraient entraîner des centaines de millions de dollars de dommages.
