La détention des militants avait auparavant été prolongée à deux reprises par la justice israélienne. La Flottille mondiale Sumud, qui faisait route vers Gaza, avait été interceptée le 30 avril au large de l’île grecque de Crète, à environ 600 milles nautiques de sa destination. Les premiers navires de la flottille, transportant de l’aide humanitaire, avaient quitté Barcelona le 12 avril, tandis que la flotte principale avait appareillé depuis l’île italienne de Sicile le 26 avril, dans le but de briser le blocus imposé par Israël à Gaza depuis plusieurs années.
La Flottille est arrivée dans le district de Marmaris, dans la province de Muğla au sud-ouest de la Turquie, pour des opérations de maintenance technique et de ravitaillement. Les procédures d’entrée des militants à bord des navires, qui accostent un par un au port de Marmaris, sont en cours.
La flottille d’aide à destination de Gaza, qui a quitté Barcelone, en Espagne, le 15 avril et transportait près de 300 militants de divers pays, était composée de 38 bateaux qui ont jeté l’ancre au port tard dans la nuit.
Dès les heures de la matinée, les procédures d’entrée pour les militants arrivant de l’île grecque de Crète ont été initiées de manière contrôlée, tandis que des préparatifs complets pour les processus juridiques et médicaux ont été achevés dans le district.
Le bureau du procureur général de Marmaris a ouvert une enquête d’office sur l’attaque et la détention de citoyens turcs pour des chefs d’accusation comprenant « privation de liberté », « détournement et détention de moyens de transport », « pillage aggravé », « dommages aux biens » et « mauvais traitements ». Conformément aux instructions du procureur, les témoignages des citoyens de retour sont en train d’être recueillis et la collecte de preuves a commencé.
Un poste de police temporaire a été mis en place dans la zone portuaire pour accélérer l’enquête et les procédures d’entrée, tandis que les autorités ont déclaré que toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurité et répondre aux besoins fondamentaux des arrivants.
Les dispositions nécessaires ont été achevées à l’hôpital d’État de Marmaris sous la coordination du directeur adjoint de l’Institut de médecine légale, tandis que des universitaires et des médecins experts des provinces turques de Denizli, d’Istanbul et de Muğla sont arrivés dans le district. Des spécialistes en médecine légale, des psychiatres et des médecins cliniciens procéderont à des examens, et des échantillons pourront être prélevés à des fins d’analyse toxicologique si cela est jugé nécessaire.
Les rapports qui seront rédigés seront soumis au bureau du procureur pour être inclus dans le dossier d’enquête.
Des responsables de Global Sumud Turquie ont déclaré que la mission humanitaire se poursuivrait, ajoutant qu’il est prévu que la flottille reprenne la mer mercredi.
La mission de printemps 2026 de la Flottille mondiale Sumud, visant à briser le blocus israélien de la bande de Gaza et à livrer une aide humanitaire vitale, a été interceptée par l’armée israélienne au large des côtes de la Crète le 29 avril. La flottille d’aide a été attaquée le 30 avril, près de la Crète, à quelque 600 milles nautiques de sa destination, l’enclave de Gaza ravagée par le blocus.
Israël impose un blocus paralysant sur la bande de Gaza depuis 2007, laissant les 2,4 millions d’habitants du territoire au bord de la famine.
Une enclave en ruines
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé une vaste initiative destinée à recycler près de 60 millions de tonnes de décombres dans la bande de Gaza, rapporte un article du média palestinien Al Qods paru le 11 mai. L’objectif est de transformer les ruines des bâtiments détruits en matériaux de construction afin de réparer les routes et permettre le passage des convois humanitaires dans un territoire largement paralysé par la guerre.
Selon le PNUD, cinq sites stratégiques équipés de concasseurs industriels doivent être installés pour traiter les gravats accumulés dans les rues et autour des quartiers détruits. La priorité est de rouvrir les principaux axes de circulation afin de faciliter l’accès des secours et préparer, à plus long terme, une éventuelle reconstruction. L’ampleur des destructions est considérable. Plus de 830 kilomètres de routes auraient été entièrement détruits, tandis que des quartiers entiers restent inhabitables. Les autorités locales alertent sur le manque d’engins lourds et de matériel spécialisé, dont l’entrée dans Gaza reste fortement limitée. Les opérations de déblaiement sont également ralenties par l’insécurité persistante et les frappes sporadiques qui continuent de viser certaines zones de l’enclave.
Au-delà des infrastructures, la crise humanitaire s’aggrave de jour en jour. Des milliers de corps seraient encore ensevelis sous les décombres, compliquant le travail des secours et le retour des déplacés. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 72 700 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, tandis que des centaines de milliers d’habitants vivent toujours sans logement stable, accès régulier à l’eau ou services essentiels. Malgré les initiatives internationales, aucune perspective claire de reconstruction durable ne semble émerger à court terme. Entre destructions massives, blocus logistique et fragilité sécuritaire, Gaza reste confrontée à une crise dont les conséquences pourraient se faire sentir pendant des décennies.
