Le document en préparation porterait notamment sur le programme nucléaire iranien, l’apaisement des tensions dans le détroit d’Ormuz ainsi que le devenir des stocks iraniens d’uranium hautement enrichi, qui pourraient être transférés vers un autre pays. Plusieurs points sensibles demeurent toutefois en suspens. La question d’un éventuel allègement des sanctions américaines continue notamment de diviser les négociateurs et pourrait compliquer l’avancée des discussions, précise le Wall Street Journal. Si les pourparlers progressent, la période initiale d’un mois pourrait être prolongée d’un commun accord.
Les tensions régionales se sont fortement aggravées après les frappes lancées le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivies de ripostes iraniennes et de perturbations dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz. Un cessez-le-feu négocié par le Pakistan est entré en vigueur le 8 avril, mais une première session de discussions organisée à Islamabad le 11 avril n’avait pas permis d’aboutir à un accord durable. La trêve a ensuite été prolongée par le président américain Donald Trump, sans échéance précise. Depuis le 13 avril, Washington impose par ailleurs un blocus naval visant le trafic maritime iranien dans cette voie maritime hautement stratégique.
Donald Trump ne rêve plus que d’une chose : refermer au plus vite le dossier iranien, car il est fatigué de la guerre qu’il a lui-même lancée contre l’Iran, rapporte The Atlantic. D’après le média américain, au départ, il imaginait que tout irait très vite, confiant à ses proches que l’Iran serait « comme le Venezuela ». Pourtant, rien ne s’est passé comme il l’avait anticipé.
Les frappes américaines et israéliennes ont tué le chef suprême iranien, mais au lieu de se rendre, l’Iran a riposté en fermant le détroit d’Ormuz, un point de passage essentiel pour le pétrole mondial. En combinant mines sous-marines, drones et petits bateaux, l’Iran est parvenu à bloquer la zone, provoquant une explosion des prix de l’énergie qui a figé le conflit dans un point mort durable. Aujourd’hui, Donald Trump veut en finir. The Atlantic explique que le président s’ennuie avec cette guerre. Il ne pensait pas que le conflit durerait aussi longtemps. Il a répété plusieurs fois que la victoire était proche, mais rien ne change. Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, fait la même chose lors de ses briefings : il parle de succès, mais la réalité est différente.
Toujours d’après le journal américain, le problème est que l’Iran refuse de négocier. Washington a soumis une proposition d’accord tenant sur une seule page, restée sans réponse. Une première réunion officielle s’est soldée par un échec et une seconde, prévue fin mars, n’a jamais eu lieu, la délégation iranienne ayant quitté Islamabad avant même l’arrivée des émissaires américains. Pendant ce temps, la hausse des prix de l’essence alimente la panique chez les Républicains, qui redoutent de perdre la Chambre aux élections de mi-mandat, et peut-être même le Sénat si le conflit s’éternise. D. Trump en est bien conscient, mais relancer les hostilités ne le tente guère. The Atlantic révèle d’ailleurs que les réserves de munitions américaines fondent à vue d’œil, tandis que certains alliés du Golfe, redoutant les représailles iraniennes, restreignent désormais l’accès à leurs bases. Le locataire de la Maison Blanche a bien essayé un plan appelé « Projet Liberté », qui prévoyait d’envoyer des navires de guerre américains escorter les bateaux dans le détroit, mais un accrochage avec les forces iraniennes a suffi à tout arrêter par crainte que la situation ne dégénère. Résultat : le président américain ne peut plus avancer, mais ne sait pas non plus comment reculer sans perdre la face. Publiquement, il répète qu’il a toutes les cartes en main, alors qu’en privé ses propres conseillers confient qu’il est piégé. Il réclame une sortie honorable, mais personne à Téhéran ne semble disposé à lui accorder cette faveur.
