mercredi, mai 13, 2026
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Guerre génocidaire d’Israël : Le Hamas n’a toujours pas fait son deuil de l’accord US

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : Le Hamas n’a toujours pas fait son deuil de l’accord US

Le mouvement de résistance palestinien Hamas a annoncé samedi que sa délégation se trouve actuellement au Caire, où elle tient des réunions avec les médiateurs afin d’élaborer des mécanismes pour la mise en œuvre complète de l’accord sur Gaza. Dans ce contexte, le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré à Anadolu que les discussions portent sur l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier.

Cet accord devait mettre fin à la guerre génocidaire menée par Israël depuis deux ans, qui a fait plus de 72 000 morts et plus de 172 000 blessés parmi les Palestiniens depuis octobre 2023. Cependant, malgré cet accord, Israël poursuit ses attaques et maintient des restrictions sur l’entrée de nourriture, de médicaments et de matériaux d’abri dans la bande de Gaza, où 2,4 millions de Palestiniens, dont 1,5 million de déplacés, vivent dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles.

Dans le même temps, H. Qassem a précisé que « la délégation du Hamas, dirigée par le Dr Khalil al-Hayya, est au Caire pour tenir des réunions avec les médiateurs afin d’établir des mécanismes pour la mise en œuvre complète du plan de paix pour la bande de Gaza proposé par le président américain Donald Trump ». Aucun autre détail n’a été fourni concernant le programme de la visite. Selon lui, ces réunions portent également sur « la garantie de l’application de la première phase, en particulier de ses aspects humanitaires, ainsi que sur l’ouverture de négociations parallèles concernant la deuxième phase et ses différents volets ».

Pour rappel, le 29 septembre 2025, Donald Trump avait annoncé un plan en trois phases visant à mettre fin à la guerre israélienne à Gaza, comprenant un cessez-le-feu, un retrait partiel, la libération des captifs israéliens restants et l’entrée de convois d’aide.

Si le Hamas a respecté ses engagements lors de la première phase en libérant des prisonniers israéliens, Israël, en revanche, n’a pas pleinement appliqué ses obligations et a poursuivi ses attaques, causant la mort et des blessures parmi des centaines de Palestiniens.

La deuxième phase prévoit notamment un retrait israélien plus large de Gaza, la reconstruction et le début du désarmement des factions, mais elle n’a pas encore été mise en œuvre. Bien que D. Trump ait annoncé en janvier le lancement de la deuxième phase de son plan en 20 points, plusieurs questions en suspens demeurent non résolues.

Dans ce cadre, « le Hamas a répondu positivement et avec attention aux propositions avancées par les médiateurs afin d’assurer la mise en œuvre des différents volets de l’accord, en raison de l’intransigeance israélienne et des violations flagrantes, notamment les tueries et le renforcement du blocus contre la population de la bande de Gaza », a déclaré H. Qassem. Il a par ailleurs révélé que « plusieurs propositions sont sur la table, et le Hamas souhaite s’engager dans ces efforts, en particulier ceux menés par les médiateurs égyptiens, qataris et turcs ». « Nous abordons ces différentes propositions avec intérêt, positivité et sérieux afin de garantir la mise en œuvre de tous les aspects de l’accord, en particulier ceux liés au volet humanitaire », a-t-il ajouté.

Il a également souligné que le Hamas participe à l’ensemble des efforts visant à traiter les complexités de la deuxième phase, notamment le déploiement du Comité national pour l’administration de la bande de Gaza, la question des forces internationales et la gestion des armes palestiniennes. Le Comité national pour l’administration de Gaza est un organe apolitique chargé de gérer les affaires civiles quotidiennes. Il regroupe des personnalités palestiniennes de premier plan, en plus de son président Ali Shaath. Bien qu’il ait entamé ses travaux depuis Le Caire en janvier, il n’a pas encore commencé ses opérations dans la bande de Gaza. Il y a quelques jours, il a annoncé sur le réseau social américain Facebook que le comité avait reçu une approbation initiale pour entrer à Gaza, soulignant que ses membres sont prêts à démarrer leurs activités immédiatement.

Armes palestiniennes

S’agissant de cette question sensible, H. Qassem a affirmé la position clairement exprimée par le Hamas, « d’autant plus que ce sujet s’inscrit dans un contexte politique plus large lié aux droits fondamentaux de notre peuple, notamment le droit à l’autodétermination et à la création d’un État palestinien. « Nous aborderons cette question dans le cadre d’un consensus national, à travers le dialogue et des approches internes, et non uniquement sous l’angle israélien. » Il a ajouté que « les négociations se poursuivent et demeurent sérieuses, notamment sur la question des armes. Le Hamas s’efforce de préserver les intérêts du peuple palestinien et d’éliminer tout prétexte permettant à l’occupation de reprendre la guerre. Cela passe notamment par l’application des engagements de l’occupation dans la première phase, comme la cessation des violations, l’entrée complète et suffisante de l’aide conformément à l’accord, ainsi que l’accès du Comité national pour l’administration de Gaza à la bande de Gaza. »

« Les violations de l’occupation relèvent d’une politique systématique. Elle n’a respecté ni ses engagements ni les efforts des médiateurs au cours des six derniers mois », a-t-il dénoncé.

Enfin, H. Qassem a expliqué que « Israël a déplacé à plusieurs reprises la soi-disant “ligne jaune” vers l’ouest, entraînant des déplacements de population, des morts et des destructions. Par ailleurs, l’aide est fortement restreinte, empêchant l’entrée des fournitures essentielles pour notre peuple palestinien, en violation de l’accord ».

Extension israélienne

La « ligne jaune » désigne une frontière théorique à l’intérieur de Gaza vers laquelle les forces israéliennes se sont temporairement retirées dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, séparant les zones sous contrôle israélien de celles où les Palestiniens sont autorisés à se trouver.

Les forces israéliennes ont étendu leur occupation à 59 % de la bande de Gaza et se préparent à une éventuelle reprise de ce que des responsables militaires israéliens décrivent comme une campagne contre le Hamas dans l’enclave palestinienne, rapporte dimanche la radio de l’armée israélienne. Avant le cessez-le-feu d’octobre 2025, Israël contrôlait 53 % du territoire, précise la radio. De son côté, le mouvement palestinien Hamas affirme que l’armée israélienne occupe désormais plus de 60 % de l’enclave côtière.

De hauts responsables militaires israéliens « font pression pour une reprise des combats à Gaza et estiment que le meilleur moment pour vaincre le Hamas est maintenant », ajoute la radio. Le média fait également état de préparatifs militaires en vue d’une éventuelle reprise des hostilités, soulignant que l’armée a réduit ses effectifs dans le sud du Liban et redéployé des brigades régulières vers Gaza et la Cisjordanie. Le commandement sud aurait finalisé ses plans opérationnels et serait prêt à reprendre les combats sur ordre de la direction politique.

Ces informations interviennent alors que des violations du cessez-le-feu sont signalées dans la bande de Gaza, ainsi que des attaques en Cisjordanie. La trêve devait mettre fin à deux années d’offensive israélienne sur Gaza, qui ont fait plus de 72 000 morts et 172 000 blessés, et détruit environ 90 % des infrastructures civiles.

Londres ferme les yeux

A signaler aussi que la police métropolitaine de Londres a décidé de ne pas ouvrir d’enquête contre dix ressortissants britanniques, dont des binationaux, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour leur participation présumée aux opérations militaires israéliennes à Gaza, rapporte un article de Middle East Eye paru le 2 mai.

La procédure faisait suite à un dossier de 240 pages déposé en avril dernier par le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR) et le Centre de droit d’intérêt public (PILC), accompagné du soutien de plus de 70 juristes et experts des droits humains. Ce rapport détaillait des allégations graves : attaques contre des civils et des travailleurs humanitaires, frappes sur des zones résidentielles, tirs délibérés sur des hôpitaux et déplacements forcés de populations, en lien avec les opérations militaires israéliennes à Gaza.

Dans sa réponse du 27 avril, la police a estimé qu’il n’existait pas de perspectives réalistes de condamnation et que les conditions ne permettaient pas de mener une enquête efficace, tout en reconnaissant que certaines actions à Gaza pourraient relever du droit international humanitaire. Les organisations plaignantes dénoncent une décision « prématurée » et estiment que les autorités ont appliqué un seuil juridique trop strict, empêchant l’ouverture même d’une phase d’enquête destinée à vérifier les éléments disponibles. Selon leurs avocats, cette position risque de créer un vide juridique concernant d’éventuelles responsabilités de citoyens britanniques impliqués dans des conflits à l’étranger, alors que la collecte de preuves exige précisément une enquête approfondie.

Cette décision intervient dans un contexte sensible au Royaume-Uni, où les débats sur la guerre à Gaza, la liberté d’expression et les manifestations pro-palestiniennes se sont intensifiés ces derniers mois. Elle s’ajoute à d’autres controverses liées à la présence de ressortissants britanniques dans l’armée israélienne et aux questions de responsabilité internationale dans un conflit ayant fait des dizaines de milliers de victimes à Gaza.

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