mardi, mai 12, 2026
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Dérives dans la société israélienne : La violence à tous les étages

by Perspectives Med
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Dérives dans la société israélienne : La violence à tous les étages

Les dossiers criminels ouverts concernant des mineurs soupçonnés sont passés de 44 dossiers en 2019 à 109 dossiers en 2024. Les experts et les historiens attribuent cette tendance à la hausse à l’effondrement des cadres éducatifs, au manque de financement alloué à la jeunesse et à l’absence de programmes de réhabilitation, ce qui a exacerbé les tendances agressives « structurelles ». Concernant la criminalité en général, le journal indique que le nombre total de meurtres a explosé ces dernières années et que l’année 2025 avait établi un nouveau record en termes de nombre de décès, atteignant 309 personnes, dépassant les statistiques de 2023 et 2024. Cette période coïncide avec le mandat du gouvernement actuel, qui fait face à de vives critiques en raison de la détérioration de la « sécurité personnelle ».

Les données ont réfuté les affirmations persistantes du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, concernant le renforcement des effectifs de police avec des milliers de personnes, car les chiffres ont révélé que l’augmentation réelle des effectifs (le solde global entre les recrutements et les départs à la retraite) n’a pas dépassé 1 822 policiers sur trois ans,  un nombre inférieur à celui des périodes précédentes et qui ne  correspond pas à l’actuelle « explosion de la criminalité ».

Cette controverse statistique survient à la suite de nouveaux meurtres qui ont soulevé des questions sur l’inadéquation du système de sécurité israélien, au moment même où le commissaire de police Danny Levy a admis que le décrochage scolaire des enfants avait contribué à cette détérioration, dans un contexte d’échanges d’accusations au sein de l’establishment israélien quant à la responsabilité de la « société ayant atteint ce niveau d’effusion de sang ». Mais le cœur du problème pourrait bien être ailleurs. Force est de constater que ces analyses cherchant à détecter les causes de la montée de la violence au sein de la société israélienne évitent de stigmatiser la violence extrême exercée dans l’impunité totale sur les Palestiniens et les peuples du Moyen Orient ces dernières années. Une violence que les Israéliens ne cherchent plus à cacher, l’affichant ostensiblement avec une certaine fierté dans les vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux.

Signe de cette propension ostentatoire à la violence est le gâteau d’anniversaire de Ben-Gvir, orné du symbole de la potence. Il lui a été offert par son épouse pour saluer sa décision approuvée par le parlement israélien en faveur de la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. Ce qui consacre la normalisation des scènes de violence et à un affaiblissement de la sensibilité à leur égard.

Depuis la désignation de I. Ben-Gvir, la violence des geôliers israéliens contre les détenus palestiniens a atteint un niveau gravissime : les centres de détention continuent de fonctionner comme un réseau de camps de torture pour les Palestiniens, où les mauvais traitements systématiques, notamment les violences physiques et psychologiques, les conditions inhumaines, la famine et le refus de soins médicaux, persistent et s’aggravent, entraînant de nombreux décès, déplore l’organisation israélienne B’Tselem pour les droits de l’homme dans les territoires occupés. Certains témoins relatent également les violences sexuelles qu’ils ont subies ou dont ils ont été témoins. De même, I. Ben-Gvir a attisé la violence des colons en Cisjordanie occupée en les armant et en neutralisation les sanctions qu’ils devraient mériter. Ils s’acharnent avec une violence extrême contre les Palestiniens dans l’intention affichée de les expulser de leurs terres.

S’apparentent aussi à des scènes de violence au sein de la société israélienne les rassemblements réalisés par les colons dans les périphéries de la bande de Gaza, se réjouissant des massacres été perpétrés par l’armée israélienne contre la population palestinienne et des démolitions qui ont suivi, dans la perspective de la chasser pour y établir des colonies. L’attaque de violence gratuite réalisée la semaine passée par un colon israélien contre une religieuse chrétienne française dans la ville sainte d’al-Qods ne saurait être comprise en dehors de cette violence dégainée, nourrie par l’impunité.

D’ailleurs, elle n’épargne pas non plus les militants pro palestiniens dans les pays occidentaux alliés d’Israël. Exprimant leur hostilité aux politiques génocidaires israéliennes, ils font l’objet de violente répression, poursuivis par la police, traqués pas la justice et harcelés dans les médias mainstream, avec l’implication des autorités et des acteurs locaux sous l’impulsion des lobbies sionistes. Une répression qui menace les fondements mêmes des régimes démocratiques dignes de ce nom. Les acteurs des organisations internationales de l’ONU en sont aussi les victimes. Cette violence acharnée israélienne conjuguée à l’impunité n’est pas une dérive mais un aboutissement progressif du projet sioniste colonialiste, ne pouvant perdurer sans elle. Elle finit néanmoins par se retourner contre son environnement. La violence des jeunes est bien un signe indicatif.

Dérapages en Cisjordanie

À Bethléem, les forces d’occupation israéliennes ont pris d’assaut le camp de réfugiés de Dheisheh, au sud de la ville, et arrêté le journaliste Islam al-Amarneh, sœur d’un journaliste détenu et épouse d’un détenu. À Jénine, les forces israéliennes ont arrêté deux sœurs de la ville de Qabatiya, ainsi que deux jeunes hommes du village d’Arana, au nord-est de la ville, après avoir perquisitionné leurs domiciles.

Les arrestations se sont étendues à Hébron, où un candidat élu aux élections municipales a été arrêté, quelques jours seulement après la démission forcée d’un autre candidat élu lors des mêmes élections. Les forces d’occupation israéliennes ont également arrêté un jeune homme dans le sud d’Hébron et mené des perquisitions dans plusieurs maisons des villes de Sa’ir et d’al-Shuyukh, au nord de la ville.

Dans le gouvernorat de Tulkarm, les forces d’occupation israéliennes ont perquisitionné plusieurs maisons de la ville de Saida, au nord d’Hébron, transformant certaines en avant-postes militaires, dans un contexte de déploiement massif dans la région.

Cette campagne intervient dans un contexte d’escalade des perquisitions et des arrestations menées par les forces d’occupation israéliennes dans différentes parties de la Cisjordanie.

Des organisations du Mont du Temple lancent une campagne, avec la participation de membres de la Knesset, pour mener une incursion dans la mosquée Al-Aqsa le vendredi 15 mai 2026, date célébrant l’occupation juive de la ville sainte d’al-Qods que les sionistes appellent « Jour de Jérusalem ».

Cette incursion devrait être suivie le soir par la Marche du Drapeau au cours de laquelle les colons encercleront les portes de la Vieille Ville avant d’entrer par la Porte de Damas, envahissant ses rues et ruelles et agressant ses habitants dans une démonstration de souveraineté sioniste.

Rappelant que l’occupation de Jérusalem avait lieu le 28 du mois hébreu Iyar, qui correspondait alors au 7 juin 1967, le journaliste palestinien Ziad Abheis indique que le dilemme cette année pour les organisations du Mont du Temple est que cette commémoration coïncide avec un vendredi, jour où il est interdit aux colons de pénétrer dans l’esplanade des Mosquées. Normalement, la police d’occupation facilite ces incursions des colons du dimanche au jeudi chaque semaine, mais les empêche les vendredis et samedis. A signaler que vendredi marquera le 78e anniversaire de la Nakba palestinienne de 1948. Abheis a constaté que la campagne des organisations du Mont du Temple s’est jusqu’à présent articulée autour de trois actions principales : La première a eu lieu dimanche, lorsque l’organisation « Le Mont du Temple entre nos mains » (Beyadenou) » a diffusé le numéro de téléphone personnel du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, auprès de ses sympathisants, les incitant à le contacter directement pour exiger l’ouverture de la mosquée Al-Aqsa aux colons vendredi.

Le député Amit Halevy, du Likoud, parti au pouvoir, a déjà demandé à I. Ben-Gvir d’ouvrir la mosquée Al-Aqsa aux colons le vendredi 15 mai 2026, déclarant que « le Mont du Temple ne peut être fermé aux Juifs lors de la célébration de la Journée de Jérusalem ». Il a lié l’issue de la bataille de la mosquée Al-Aqsa à la « bataille des civilisations menée par Israël », affirmant que cette bataille se joue « à Gaza, à Manhattan, dans les rues d’Europe, au Sud-Liban et en Iran… » et que « le Mont du Temple est un front crucial dans cette bataille ». A. Halevy avait le 7 juin 2023 soumis une proposition de partage spatial de la mosquée Al-Aqsa entre juifs et musulmans. Beyadenou avait précédemment lancé une pétition invitant les colons à hisser le drapeau israélien à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa le vendredi 15 mai 2026, afin d’assurer la présence du plus grand nombre possible d’extrémistes tentant de prendre d’assaut la mosquée.

Selon Abheis, depuis l’occupation, les colons n’ont jamais réussi à prendre d’assaut la mosquée Al-Aqsa un vendredi. Il semble que les précédents établis par l’occupation lors de la fermeture d’Al-Aqsa pendant quarante jours, incluant trois vendredis de Ramadan et deux autres par la suite, les aient enhardis à consolider ce qu’ils considèrent comme des précédents historiques et des « succès ».

Les organisations du Mont du Temple avaient déjà mené une campagne similaire pour prendre d’assaut Al-Aqsa le premier jour de l’Aïd al-Adha, le 11 août 2019, jour qui coïncidait avec la commémoration de la destruction du Temple. À l’époque, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait lui-même facilité l’assaut. Après l’avoir interdit plusieurs fois, notamment après la prière de l’Aïd, il a ordonné à la police israélienne de l’autoriser et de la faciliter, après le départ de la plupart des fidèles musulmans. Ce jour-là, l’esplanade de la mosquée était devenue un théâtre d’affrontements sanglants avec environ 1 500 fidèles restés sur place. Cette incursion est entrée dans la mémoire collective des colons israéliens sous le nom de « plaie de l’Aïd al-Adha », rappelle Abheis.

Par ailleurs, Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, s’est félicité du gel d’environ 5 milliards de dollars de recettes fiscales appartenant à l’Autorité palestinienne. Selon le quotidien Haaretz, ce ministre israélien ultra figure de l’extrême droite au sein du gouvernement de coalition dirigé par Benyamin Netanyahu, a indiqué qu’environ 14 milliards de shekels (près de 4,75 milliards de dollars) de recettes fiscales destinées à l’Autorité palestinienne étaient retenus dans les caisses israéliennes.

Dans ce contexte, le journal souligne que l’Autorité palestinienne subit une forte pression économique en raison des décisions politiques israéliennes, ajoutant que cette mesure aggrave davantage la situation économique en Cisjordanie occupée.

Par ailleurs, les recettes fiscales retenues continuent d’augmenter chaque mois. Confrontée à une crise financière qui dure depuis près de trois ans, l’Autorité palestinienne est contrainte d’adopter de nouvelles mesures d’austérité. Le commandant de la région centre de l’armée israélienne aurait mis en garde contre le fait que cette politique pourrait « accroître les risques sécuritaires en Cisjordanie », mais Smotrich poursuit néanmoins son application.

Alors que la Palestine occupée reste fortement dépendante d’Israël pour son commerce extérieur, la quasi-totalité des importations et exportations palestiniennes transitent par Israël ou par des points sous son contrôle. En vertu du Protocole économique de Paris signé en 1994 avec l’Organisation de libération de la Palestine, les autorités israéliennes collectent, pour le compte de l’Autorité palestinienne, les taxes aux points de passage qu’elles contrôlent, avant de reverser environ 190 millions de dollars par mois au Trésor palestinien. Toutefois, depuis 2019, Israël procède à des retenues sur ces fonds, invoquant notamment les allocations versées par l’Autorité palestinienne aux prisonniers et anciens détenus.

De son côté, l’Autorité palestinienne utilise ces recettes fiscales pour payer les salaires des fonctionnaires, lesquels représentent près de 65 % de ses revenus totaux.En conséquence, en raison des déductions opérées par Israël, l’Autorité palestinienne n’est plus en mesure de verser intégralement les salaires des fonctionnaires depuis novembre 2021.

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