Lors du dernier décompte officiel en Turquien 17 134 morts ont été dénombrés jeudi soir, et 3 317 en Syrie, soit un total de 20 451 victimes. Outre les très nombreux blessés, 23 millions de personnes sont « potentiellement exposées, dont environ cinq millions de personnes vulnérables », selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont le premier responsable est attendu à Damas. « Je suis en route pour la Syrie, où l’OMS soutient les soins de santé essentiels dans les zones touchées par le récent tremblement de terre, en s’appuyant sur notre travail de longue date dans le pays », a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus, jeudi dans un tweet.
L’OMS redoute une crise sanitaire majeure, qui causerait encore plus de dommages que le séisme. Les organisations humanitaires s’inquiètent tout particulièrement de la propagation du choléra, réapparu en Syrie.
Dans la journée de jeudi, six camions chargés notamment de matériel et de produits d’entretien – couvertures, matelas, tentes, matériel de secours, lampes solaires – sont entrés en territoire syrien depuis la Turquie via le poste de Bab al-Hawa, selon l’Organisation internationale des migrations et des journalistes de l’AFP. L’OIM précise que ces fournitures doivent couvrir les besoins d’au moins 5 000 personnes. Selon un responsable du poste-frontière, Mazen Allouch, il s’agit d’une aide qui était attendue dès avant le tremblement de terre. Cette livraison « sera suivie, si Dieu le veut, comme on nous l’a promis, de convois plus importants pour aider notre peuple sinistré », a-t-il expliqué. Mercredi, un responsable de l’ONU avait averti que le stock des Nations unies dans le nord-ouest de la Syrie permettait à peine de nourrir 100 000 personnes pendant une semaine.
L’Arabie saoudite a ainsi annoncé la mise en place d’un pont aérien pour transporter du matériel sur place. Le pays a aussi débloqué 100 millions de dollars en aide à la Syrie. Les Émirats arabes unis ont également renoué le contact pour porter assistance aux personnes touchées. Même le Qatar, l’un des plus fervents détracteurs du régime syrien, s’est engagé à venir en aide. Le Liban compte, lui, envoyer une délégation à Damas, ce qui marquerait une première depuis 2011.
Du côté occidental, si les pays qui condamnent le régime Assad ont tous promis leur aide, cette dernière se fera par le biais d’ONG déjà sur place ou avec l’aide des Nations unies. La Russie, l’Iran ou encore la Chine, des pays qui sont restés pour certains très proches des autorités syriennes, participent également. Mais la catastrophe est immense, comme le prouvent les 400.000 habitants d’Alep qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans abri. Le Président syrien a rendu visite à Alep pour réconforter les blessés et rassurer la population locale éplorée.
Reste à savoir si Damas cherchera à sensibiliser la Chine en vue de la relance de la reconstruction en Syrie, notamment en édifiant des cités nouvelles susceptibles d’accueillir les victimes de cette catastrophe naturelle sans précédent. Pékin est capable de contourner le Caesar Act qui frappe la Syrie de plein fouet depuis des années déjà. Nombre de pays de moindre envergure ont volé au secours de la Syrie sans attendre le feu vert US dont le blocus asphyxie la population syrienne.
