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Tension russo-otanienne : Moscou cherche à « incapaciter » Kiev

Une attaque massive a été lancée par la Russie, lundi, contre des installations énergétiques dans plusieurs régions d’Ukraine. Kiev a particulièrement été visée par les missiles russes en représailles contre les raids de drones sur la base navale de Sébastopol. D’autres villes n’ont pas été épargnées par les armes de précision tirées depuis la mer.

Selon le ministère russe de la Défense, « toutes les frappes ont atteint leur objectif. Toutes les cibles désignées ont été touchées », s’est-il félicité dans un communiqué, cité par l’AFP.

L’alerte aérienne a été déclenchée dans plusieurs villes ukrainiennes. Des explosions ont été entendues à Kiev, à Kharkov et dans d’autres régions ukrainiennes. Les médias locaux rapportent que la région de Tcherkassy est sans électricité. Dans la région de Kiev, il n’y a pas de lumière ni d’eau et le courant est coupé dans la région de Tchernigov.

Selon Igor Terekhov, maire de Kharkov des infrastructures critiques ont été frappées et le trafic a été interrompu dans le métro de la ville. Des explosions ont été entendues dans les régions de Jitomir, de Rovno et de Khmelnitski, toutes les trois en Ukraine occidentale.

Vitali Klitchko, maire de Kiev, a confirmé des impacts sur des infrastructures critiques de la ville. « Une partie de la capitale est sans électricité. L’approvisionnement en eau est perturbé dans certains quartiers. »

Les chemins de fer ukrainiens ont annoncé sur Telegram que certaines zones étaient privées d’électricité et que des locomotives diesel de réserve ont été mises en service. La présidence ukrainienne a déclaré que des coupures d’électricité étaient décrétées d’urgence suite aux explosions sur des infrastructures critiques.

Les frappes avec des armes à longue portée sur des infrastructures critiques ukrainiennes ont débuté le 10 octobre. Vladimir Poutine avait alors déclaré que c’était une réponse à l’attaque terroriste contre le pont de Crimée et contre d’autres sites civils en Russie. Depuis, des alertes aériennes se déclenchent presque chaque jour dans les régions ukrainiennes, parfois dans tout le pays.

Les exportations de céréales ukrainiennes ont repris lundi 31 octobre en mer Noire avec l’appui de l’ONU et de la Turquie, après la suspension par la Russie de sa participation à l’accord international qui garantit un corridor humanitaire. Le maitre du Kremlin a donné son « feu vert » à cette opération tout en exigeant des Ukrainiens des garanties quant à la sécurité de navigation.

Au moins dix cargos étaient engagés les cales pleines dans le couloir maritime, dont le Ikaria Angel, affrété par le Programme alimentaire mondial avec 30.000 tonnes de blé destinées à Djibouti, selon le site Marine Traffic. Le Centre de coordination conjointe (JCC), chargé de superviser l’accord international sur les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, a prévu une douzaine de cargos au départ des ports d’Ukraine sur la journée.

Quatre autres bateaux devaient se diriger d’Istanbul vers l’Ukraine après inspection de leurs cales.

Moscou a cependant mis en garde contre la poursuite « risquée » et même « dangereuse » de la navigation en Mer Noire sans son accord : « Dans des conditions où la Russie évoque l’impossibilité de garantir la sûreté de la navigation dans ces zones, un tel accord est difficilement applicable », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Mais dès le matin, Amir Abdulla, coordinateur des Nations unies pour l’Initiative sur les céréales ukrainiennes, avait estimé sur Twitter que’« aucun cargo civil » ne devait « devenir une cible militaire, ni être retenu en otage. L’alimentation doit passer ».

L’accord passé sous l’égide des Nations unies et d’Ankara avec la Russie et l’Ukraine pour garantir les exportations ukrainiennes doit permettre de répondre aux besoins alimentaires fondamentaux de 45 pays, dont 33 en Afrique, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de cet engagement ont aussitôt provoqué un rebond des prix sur les marchés internationaux, la tonne de blé dépassant les 354 euros sur Euronext en séance. L’ONU et la Turquie sont donc engagées dans une diplomatie tous azimuts pour le maintenir à flot.

« Bien que la Russie se montre hésitante parce que les mêmes facilités (qu’à l’Ukraine, ndlr) ne lui ont pas été offertes, nous sommes résolus à poursuivre nos efforts au service de l’humanité », a déclaré lundi le président turc Recep Tayyip Erdogan. Un accord signé séparément avec la Russie, et sans l’Ukraine, devait faciliter les exportations d’engrais et de produits agricoles russes, entravées par les sanctions occidentales. Mais il n’a jamais été vraiment appliqué.

La Russie a suspendu son adhésion à l’accord sur les exportations ukrainiennes en raison d’une attaque de drone vendredi 29 octobre sur la Crimée. Dimanche, elle s’est retirée « jusqu’à nouvel ordre » des inspections de navires, rendues obligatoires par l’accord international.

Le JCC, qui organise les inspections de navires à Istanbul, a annoncé l’arrivée d’inspecteurs supplémentaires fournis par les délégations turques et des Nations unies : « dix équipes » devaient inspecter lundi quarante navires à destination de l’Ukraine. Le JCC précisait dimanche soir avoir « obtenu l’accord de l’Ukraine » avoir « informé » la délégation de Russie : il assurait que cette dernière « entendait poursuivre le dialogue avec la Turquie et l’ONU ». Comme il a précisé que « La délégation de la Fédération de Russie s’est également dite prête à coopérer à distance sur les points qui exigent une décision immédiate » .

Après un coup d’arrêt samedi, onze cargos avaient pu être inspectés dimanche.

La Défense russe a fait savoir dans un communiqué, le 30 octobre, qu’elle avait déterminé le mode d’attaque utilisé la veille selon elle par Kiev avec l’aide du Royaume-Uni contre sa flotte militaire de Sébastopol.

Elle précise ainsi avoir remonté à la surface et analysé des «débris des drones marins utilisés par le régime de Kiev sous la direction de représentants du Royaume-Uni», notamment leurs «modules de navigation», de fabrication canadienne.

«Après avoir reconstruit les informations lues dans la mémoire du récepteur de navigation, il a été établi que les drones marins avaient été lancés depuis la côte près de la ville d’Odessa», détaille encore le communiqué. Ces drones se seraient ensuite déplacés «le long de la zone de sécurité du « corridor céréalier »» pour, ensuite, changer « de route en direction de la base navale russe de Sébastopol», précise enfin le texte.

Selon Moscou, cela pourrait donc indiquer que ce drone a été lancé depuis «l’un des navires civils affrétés par Kiev ou ses parrains occidentaux pour exporter des produits agricoles depuis les ports maritimes ukrainiens».

L’accord, conclu en juillet sous l’égide de l’ONU et qui permettait jusqu’alors à Kiev d’exporter ses céréales depuis la mer Noire, a été suspendu à la suite de l’attaque lancée le 29 octobre sur Sébastopol. Il a été précisé que «neuf véhicules aériens sans pilote et sept drones maritimes autonomes» avaient été utilisés.

Cette suspension de l’accord a été dénoncée par Joe Biden, qui a jugé cette action «scandaleuse» alors que l’Union européenne, via son chef de la diplomatie Josep Borrell, a exhorté la Russie à «revenir sur sa décision».

En donnant son « feu vert » pour la reprise du trafic céréalier, V. Poutine n’a pas hésité à rappeler que le gros des expéditions de blé ukrainien est absorbé par les pays riches (35°/°) et que seuls 3 à 5 °/° profitent aux pays qui en ont réellement besoin, notamment en Afrique.

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