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Nucléaire iranien : Tel-Aviv souffle le chaud et le froid

Pas un jour ne passe sans que les médias israéliens ne se fassent l’écho de déclarations officielles, d’experts ou d’articles de presse sur la décision israélienne d’une frappe contre les sites nucléaires iraniens. Washington s’oppose sur ce sujet avec Tel-Aviv, les Américains tentant de renouer le dialogue avec les Iraniens…

La dernière faite par Amikam Norkin, commandant de l’armée de l’air israélienne, a assuré que « l’attaque contre l’Iran est une priorité première pour l’armée israélienne ». Et plus récemment, il est question que ces frappes aient lieu l’an prochain.
Auparavant, le quotidien Times of Israel, entre autres, a évoqué que les forces de l’armée de l’air israélienne ont intensifié leurs efforts ces derniers mois pour se préparer à bombarder les sites nucléaires iraniens depuis qu’elles ont obtenu un budget supplémentaire.
Quelques heures avant, la chaine de télévision Canal 12 rendait compte de la somme allouée par le gouvernement israélien à son armée et qui s’élève à un milliard et demi de dollars. Précisant qu’elle devrait être destinée à fournir et renforcer des avions, des bombardiers, des drones de reconnaissance et des armements destinés à être utilisés pour l’attaque.
Le déferlement de ces déclarations belliqueuses est intrinsèquement liée à l’inertie dans laquelle se trouvent les négociations sur le programme nucléaire iranien, imputable aux Iraniens qui ne semblent pas pressés d’y retourner. La dernière session, la sixième depuis le début de l’an avait eu lieu en juin dernier, avant le départ du gouvernement de Hassan Rohani.
Les responsables israéliens ne cachent pas leur exaspération d’autant plus que l’administration Biden ne cherche pas à aggraver le contentieux face au manque d’intérêt exprimé par le gouvernement iranien d’Ebrahim Raïssi. Depuis son avènement au pouvoir, celui-ci laisse entendre que son pays ne compte pas s’empêtrer dans des discussions interminables qui ne mènent à rien. Les choses sont claires pour Téhéran : les nouvelles clauses que les Américains et les Occidentaux veulent inclure dans l’accord n’ont rien à voir avec lui. Son programme balistique lié à sa défense relève du sacré. Elle ne veut pas non plus sacrifier son rôle régional.
Tant que les Etats-Unis ne réintègreront pas l’accord et ne suspendront leurs sanctions, il n’est pas non plus question pour les Iraniens de suspendre la reprise de leurs activités d’enrichissement qui ont atteint les 20%.
Au milieu de tout cela, les responsables israéliens n’arrêtaient pas de compter les jours qui restaient aux Iraniens jusqu’à la fabrication de la bombe atomique. En même temps, ils n’ont eu de cesse de visiter Washington, pour pousser les Américains à hausser le ton et brandir le choix militaire. En vain.
« La seule solution possible au dossier nucléaire est la solution diplomatique. Et comme l’Iran dit vouloir revenir aux négociations ce ne sera pas difficile », a tranché Robert Malley, émissaire spécial américain pour le dossier iranien. Et les Israéliens de se rendre à l’évidence. « Il y a une déception. Il est clair que l’administration Biden ne se sent pas concernée de brandir un quelconque choix militaire contre l’Iran », a commenté le chroniqueur israélien de la chaine de télévision Canal13, Alon ben David. Ils sont nombreux comme lui à en arriver à cette conclusion.
Depuis, les responsables israéliens affichent vouloir eux-mêmes exécuter ce choix militaire. Mais les doutes planent sur la possibilité qu’ils passent à l’acte. Surtout sans feu vert US. Tel est l’avis de Ronen Etsik, conférencier et général de réserve israélien ; qui a écrit pour le journal Israel Hayom que l’assaut contre les sites nucléaires iraniens « n’a aucune chance réelle d’être réalisé ». « On parle d’une attaque depuis plusieurs années. Les installations nucléaires iraniennes sont connues et très bien fortifiées. Les Iraniens ne sont pas un ennemi que l’on peut prendre à la légère. Ces installations constituent pour eux des sites d’une grande importance. De là, leur protection est cruciale », a-t-il écrit.
Evoquant les risques environnementaux encourus en cas de frappe, le militaire israélien ne perçoit pas de réelle velléité israélienne de bombarder les infrastructures iraniennes. L’expert a soigneusement évité de citer les risques de l’éclatement d’un conflit régional généralisé qui pourrait découler du recours au choix militaire. Celui-là même qu’Israël veut éviter à tout prix…

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