Cet échange entre les deux hommes, qui ont notamment évoqué la guerre au Moyen-Orient, est intervenu deux semaines avant une visite prévue en Chine du président américain Donald Trump, qui devrait rencontrer son homologue chinois Xi Jinping. Cette visite de Donald Trump est présentée comme une occasion importante de dissiper durablement les tensions bilatérales de 2025 après son retour à la Maison Blanche.
L’année 2025 a été marquée par une âpre bataille économique, à coups de droits de douane et de restrictions commerciales diverses, jusqu’à une trêve prononcée en octobre à l’occasion d’une rencontre entre les leaders américain et chinois en Corée du Sud.
« Les deux parties doivent préserver la stabilité durement acquise, bien préparer les grandes échéances des interactions à haut niveau, élargir les domaines de coopération et garder sous contrôle les points de divergence », a déclaré Wang Yi à Marco Rubio, d’après un compte-rendu du ministère chinois des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie chinoise s’est félicité de liens « globalement stables » et a appelé à des relations « fondées sur le respect mutuel, la coexistence pacifique et la coopération gagnant-gagnant ».
Un des grands points d’achoppement entre Pékin et Washington reste la question de Taïwan. La Chine considère l’île de 23 millions d’habitants comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore « unifiée » avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Pékin reproche régulièrement à Washington de ne pas honorer ses engagements diplomatiques en poursuivant ses livraisons d’armes à Taïwan, en lui offrant un soutien sur la scène internationale et en ne s’opposant pas clairement à son indépendance.
« La question de Taïwan touche aux intérêts fondamentaux de la Chine et constitue le plus grand facteur de risque dans les relations sino-américaines », a ainsi souligné Y. Wang auprès de M. Rubio. « Les États-Unis doivent honorer leurs engagements, prendre les bonnes décisions, ouvrir de nouvelles perspectives à la coopération bilatérale et déployer les efforts nécessaires pour la paix dans le monde », a insisté le chef de la diplomatie chinoise au moment où les Américains sont toujours aux prises avec la guerre au Moyen-Orient, qu’ils ont déclenchée en attaquant l’Iran.
Dans son communiqué, la diplomatie chinoise affirme que les deux hommes ont « échangé leurs points de vue sur la situation au Moyen-Orient », sans fournir davantage de précisions.
Par ailleurs, He Lifeng, vice-Premier ministre chinois, a exprimé le même jour, lors d’une visioconférence avec Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, les « vives préoccupations » de Pékin face aux restrictions commerciales de Washington, selon un média d’État chinois. Cet appel entre les deux principaux responsables des négociations économiques bilatérales a lieu deux semaines avant la visite attendue en Chine du président américain.
- Lifeng a eu durant l’appel – auquel participait également le représentant américain au Commerce Jamieson Greer – des « échanges francs, approfondis et constructifs », notamment sur la manière de « résoudre de manière appropriée » les différends, selon l’agence Chine Nouvelle. Il a toutefois « exprimé ses vives préoccupations concernant les récentes mesures de restriction économiques et commerciales prises par les États-Unis à l’encontre de la Chine », a souligné Chine Nouvelle.
Les deux premières économies mondiales se sont livrées en 2025 une âpre bataille commerciale, avant une trêve conclue en octobre et de nouvelles discussions à haut niveau tenues mi-mars à Paris, qui ont permis d’apaiser les tensions. Nombre de dossiers continuent toutefois de perturber leurs relations économiques, des droits de douane américains aux restrictions américaines sur les technologies de pointe exportées vers la Chine. Selon la Maison Blanche, la visite de D. Trump à Pékin se déroulera les 14 et 15 mai. La diplomatie chinoise n’a pas officiellement confirmé sa venue ni ces dates.
