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L’enclave gazaouie toujours à feu et à sang : L’ONU exige toute la lumière sur les charniers de Gaza

Une « catastrophe humanitaire colossale » se profile dans la bande de Gaza selon l’ONU à l’heure où Israël ordonnait samedi matin de nouvelles évacuations de la population palestinienne à Rafah, mais aussi dans le nord de l'enclave, alors que l'armée s'apprête à étendre son offensive. Appels aux évacuations qui n’occultent en rien les crimes sionistes dans l’enclave palestinienne en ruines.
L’enclave gazaouie toujours à feu et à sang : L’ONU exige toute la lumière sur les charniers de Gaza

Le ministère de la Santé a annoncé samedi un nouveau bilan de 34 971 martyrs dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre entre Israël et la résistance  palestinienne le 7 octobre. En 24 heures, au moins 28 morts supplémentaires ont été recensés, selon un communiqué du ministère qui fait état de 78 641 blessés en plus de sept mois de guerre. Baha’ Akacha, journaliste photographe, a péri dans un raid israélien contre sa maison dans le camp Jabalia, au nord de la bande de Gaza. Il s’agit du 143eme journaliste tué par l’armée sioniste. C’est dans cette atmosphère morbide que 300 000 Gazaouis sont appelés manu militari à trouver refuge dans la zone humanitaire d’al-Mawasi. Ce sont des quartiers supplémentaires de Rafah, la ville du sud de l’enclave palestinienne, où sont réfugiés plus d’un million de Gazaouis, qui sont depuis ce samedi matin visés par ces ordres d’évacuation.

Le porte-parole de l’armée israélienne a également demandé sur son compte X aux habitants de la région de Jabaliya et Beit Lahia, à l’extrémité nord de l’enclave, d’évacuer et de se rendre « immédiatement dans des abris à l’ouest de la ville de Gaza », indique un communiqué qui prévient que les troupes israéliennes vont opérer « avec une grande force » dans la région. Sur le terrain, il y a lieu de signaler que la résistance palestinienne, dans ses diverses composantes, mène toujours des opérations contre l’armée sioniste qui tente de réinvestir des zones gazaouies ou d’avancer vers Rafah. La preuve, des médias israéliens ont rapporté qu’un hélicoptère militaire a atterri à l’hôpital Soroka dans le Néguev, avec plusieurs blessés de l’armée sioniste blessés dans les combats à l’est de la dernière ville encore debout, à la frontière avec l’Egypte.  Auparavant, les Brigades Al-Qassam avaient signalé avoir ciblé deux chars avec des obus Al-Yassin 105 à proximité de la caserne Saad Sayel, à l’est de Rafah, au sud de la bande de Gaza. Et tendu une embuscade à l’intérieur de ladite caserne ayant fait plusieurs tués et blessés parmi les assaillants. En outre, un bâtiment dans lequel des soldats sionistes s’étaient retranchés a essuyé le tir d’un obus TBG, alors qu’un véhicule de transport de troupes a été touché dans la zone. La résistance a aussi assuré avoir mené une opération militaire complexe près de la mosquée Al-Da’wa.

Plus au nord, les combats faisaient encore rage entre la résistance palestinienne et l’armée sioniste à Hay Al-Zeitoune. Et une fois de plus, des salves de roquettes ont été tirées depuis le nord de l’enclave palestinienne sur Beer Sheva sans pour autant qu’elles ne soient interceptées par la DCA israélienne.

Les Brigades al-Qassam du Hamas ont annoncé samedi la mort du captif israélien Nadav Popplewell (51 ans) qui porte aussi la nationalité britannique. Selon leur porte-parole Abou Ubaida, le captif a succombé dans un raid israélien sur son lieu de détention, depuis plus d’un mois, ainsi que la captive Judy Weinstein. « Son état de santé s’est détérioré et il a succombé parce qu’il n’a pas reçu les soins médicaux intensifs nécessaires dans les centres de soin parce que les hôpitaux ont été détruits dans la bande de Gaza ou sont hors de service », a expliqué Abou Ubaida sur Telegram. Il a ajouté que Popplewell  était détenu ainsi que sa mère qui a été libérée dans le cadre de l’accord d’échange. « Son fils est resté pour affronter la mort », a-t-il souligné.

Les Qassam ont diffusé une vidéo sur ce captif dans laquelle ils font la comparaison entre les captifs qui ont été libérés après l’accord d’échange, et ceux qui décèdent en raison de l’insistance des Israéliens à refuser cet accord de nouveau.

La veille vendredi, les Qassam avaient révélé avoir sauvé de justesse un captif israélienne qui a tenté de se suicider dans son lieu de détention dans la bande de Gaza. Imputant « l’entière responsabilité à l’ennemi et Netanyahu en personne de la détérioration physique et psychologique de certains captifs de l’ennemi ». Abou Ubaida avait déclaré auparavant que plus de 70 captifs israéliens ont été tués dans les raids israéliens sur la bande de Gaza.

 

Enquête sur les charniers

A signaler que le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé vendredi une enquête « indépendante » et « immédiate » après la découverte autour d’hôpitaux de Gaza de fosses communes où étaient enterrées « des centaines » de personnes. Dans une déclaration, les membres du Conseil expriment « leur profonde inquiétude concernant les informations sur la découverte de fosses communes, dans et autour des hôpitaux Nasser et al-Chifa à Gaza, où des centaines de corps, notamment de femmes, d’enfants et de personnes âgées, étaient enterrés ». Ils soulignent la nécessité de « rendre des comptes » et appellent à ce que des enquêteurs aient un « accès sans entrave à tous les lieux des fosses communes à Gaza, pour mener une enquête immédiate, indépendante, rigoureuse, complète, transparente et impartiale afin de déterminer les circonstances derrières les fosses. »

Le Conseil ne précise pas qui pourrait conduire cette enquête. Il souligne d’autre part l’importance pour les familles de « connaître le sort et la localisation de leurs proches disparus, en accord avec le droit international humanitaire ».

Les hôpitaux de la bande de Gaza ont été durement ciblés depuis le début de l’opération militaire que mène l’occupant israélien dans le territoire palestinien. L’armée israélienne accuse le Hamas d’utiliser les hôpitaux à des fins militaires, ce que la résistance palestinienne a toujours nié. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait indiqué en avril que l’hôpital al-Chifa n’était plus qu’une « coquille vide » jonchée de dépouilles humaines. Plusieurs fosses communes ont été mises au jour dans trois hôpitaux de la bande de Gaza depuis avril.

Washington ferme les yeux

Dans un rapport diffusé le même jour, le Département d’État US a critiqué la manière dont Israël mène la guerre dans la bande de Gaza, sans toutefois constater de violations spécifiques qui aboutirait à une suspension de l’aide militaire américaine apportée à l’État hébreu.  La diplomatie américaine a jugé « raisonnable d’estimer » que Tsahal ait pu employer des armes US dans des situations « incompatibles avec leurs obligations en matière » de droit humanitaire international. Elle a ajouté avoir « reçu des informations de plusieurs sources onusiennes et non gouvernementales crédibles sur des violations présumées des droits de l’homme par les forces israéliennes au cours de la période considérée ». Néanmoins,  « la nature du conflit à Gaza fait qu’il est difficile d’évaluer ou de tirer des conclusions sur des incidents individuels », conclut encore le rapport.

La parution de ces conclusions sur l’emploi des armes livrées par l’industrie américaine à travers le monde était particulièrement attendue cette année alors que les critiques s’accentuent à l’encontre d’Israël sur sa façon de mener la guerre contre le Hamas. Initialement prévue le 8 mai, cette parution a été retardée de quelques jours. Un délai dû à des «  débats au sein du Département d’État », stipule l’AFP. Sa divulgation intervient au moment où l’administration Biden entend accentuer la pression sur Israël, alors que se profile une intervention terrestre à Rafah où plus d’un million de Palestiniens se sont réfugiés, selon les estimations de l’ONU.

 Dans une interview accordée à CNN et diffusée le 9 mai, le président américain avait pour la première fois menacé Israël de suspendre certaines livraisons d’armes. « S’ils entrent à Rafah, je ne leur livrerai pas les armes qui ont toujours été utilisées […] contre des villes », avait affirmé Joe Biden, admettant que « des civils ont été tués à Gaza à cause de ces bombes et d’autres manières dont ils s’en prennent aux centres de population ». Premier soutien militaire et politique d’Israël, les États-Unis font également face à une importante pression internationale. Ceux-ci ont bloqué au Conseil de sécurité, à plusieurs reprises, des résolutions de cessez-le-feu à Gaza, ainsi qu’à l’admission de la Palestine au sein de l’organisation internationale. Une requête qu’une écrasante majorité de pays membres ont demandé de reconsidérer. Le 10 mai, l’Assemblée générale de l’ONU a ainsi voté en faveur d’une adhésion de la Palestine aux Nations unies. Adhésion à laquelle Washington a d’ores et déjà déclaré opposer à nouveau son véto au Conseil de sécurité.

Sur le front judiciaire, plusieurs pays, tels que l’Afrique du Sud, la Turquie, la Libye ou la Colombie ont entrepris ou appellent à trainer Israël devant la justice internationale. Les États-Unis sont traversés depuis la mi-avril par un mouvement de protestation étudiant réclamant un cessez-le-feu immédiat à Gaza où se déroule, depuis plus de sept mois un génocide à ciel ouvert. Un mouvement de grogne qui s’est depuis étendu au campus de plusieurs pays occidentaux.

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont marché pacifiquement samedi dans les rues parisiennes pour demander un cessez-le-feu immédiat à Gaza. D’autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes de France. En Suède aussi, la ville de Malmo qui accueille l’Eurovision sous un feu de critiques à cause de la présence israélienne, a vibré pour la énième fois au rythme de la solidarité avec les Palestiniens. A Milan, les Italiens ont aussi marché pour la paix à Gaza. Même à Brème, en Allemagne, autre allié organique de l’entité sioniste, les marcheurs étaient nombreux à réclamer la fin de la guerre contre le peuple palestinien.

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