samedi, juin 6, 2026
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Législatives : FGD et PSU lancent l’ « Alliance de gauche »

by Perspectives Med
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Législatives : FGD et PSU lancent l’ « Alliance de gauche »

Les responsables des deux formations ont insisté sur la dimension stratégique et durable de cette nouvelle structure, présentée comme une étape vers la reconstruction d’un pôle de gauche capable de peser dans le débat politique national. Abdesalam El Aziz, secrétaire général de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a tenu à souligner la portée du projet. « Il ne s’agit pas seulement d’une alliance électorale », a-t-il affirmé, précisant qu’il s’agit d’un « alliance politique stratégique » appelée à se poursuivre au-delà du rendez-vous électoral de septembre.

La déclaration fondatrice a été lue par Abderrahim El Asri, secrétaire général du Parti socialiste unifié (PSU). Selon lui, cette initiative vise à « unifier les luttes des forces de gauche démocratiques et progressistes, dépasser la fragmentation qui a marqué la scène politique de gauche et défendre les revendications légitimes des mouvements sociaux ainsi que la souveraineté nationale ».

Pour les promoteurs de cette alliance, le contexte national impose une recomposition des forces progressistes. A. El Asri a ainsi expliqué que cette démarche constitue une réponse aux défis politiques, économiques, sociaux et liés aux droits humains auxquels le Maroc est confronté. Ces défis, a-t-il estimé, « menacent notre souveraineté nationale et approfondissent les disparités sociales, territoriales et régionales ». Il a également évoqué « une conscience partagée de la difficulté des conditions que traverse notre peuple », estimant que cette situation rend nécessaire la construction d’« un front populaire cohérent », capable de proposer « de véritables alternatives » répondant aux aspirations des Marocains à « un Maroc de liberté, de dignité, de justice sociale, de démocratie et d’égalité réelle ».

La charte politique commune qui encadre l’Alliance de la gauche repose sur plusieurs principes fondateurs. Le premier établit un lien étroit entre la défense de la souveraineté nationale et la transition démocratique. Le texte affirme l’attachement de la coalition à l’intégrité territoriale du Royaume et considère que la démocratie constitue « la seule soupape de sécurité » permettant de consolider cette souveraineté et de l’ancrer durablement. Les deux formations estiment également que le renforcement du front intérieur et la préservation de la dignité des citoyens passent nécessairement par une démocratisation plus profonde des institutions.

Dans cette perspective, l’alliance défend « la lutte commune et pacifique » ainsi que l’engagement dans les mouvements populaires afin de promouvoir un changement démocratique à travers une réforme constitutionnelle et politique d’envergure. Selon le texte fondateur, cette réforme devrait garantir une véritable démocratie et mettre fin aux dysfonctionnements structurels du système politique.

Les signataires plaident notamment pour une séparation effective des pouvoirs, devant conduire à l’instauration d’une monarchie parlementaire dans laquelle l’exercice du pouvoir reviendrait aux représentants élus. Cette évolution passerait par le transfert intégral des prérogatives aux pouvoirs législatif et exécutif, dans le cadre d’élections libres et transparentes assurant la souveraineté populaire. Le document insiste également sur la nécessité de mettre en place une justice indépendante.

Le troisième pilier de l’alliance concerne la lutte contre la corruption, les rentes et les conflits d’intérêts. Les deux partis appellent à renforcer l’État de droit et à consacrer le principe de la responsabilité assortie de la reddition des comptes.

Le quatrième axe est consacré aux questions économiques et sociales. Il prévoit « la mise en place d’une alternative de développement juste et réconciliée avec l’environnement », ainsi qu’une amélioration des conditions de vie des catégories sociales les plus vulnérables et des territoires marginalisés.

Sur le plan international, l’Alliance de la gauche réaffirme son opposition à toutes les formes de normalisation avec Israël. Elle renouvelle également son soutien à la cause palestinienne ainsi qu’à « toutes les causes humaines justes » à travers le monde.

Les deux formations entendent par ailleurs institutionnaliser leur coopération en mettant en place des mécanismes permanents de coordination organisationnelle et institutionnelle. Le texte fondateur insiste également sur la défense de l’égalité réelle, la lutte contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et le renforcement de la participation politique des jeunes.

Cette nouvelle étape marque un retour partiel à l’esprit qui avait présidé à la création de la Fédération de la gauche démocratique en 2014. Celle-ci était née d’une alliance entre le Parti socialiste unifié, le Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste et le Congrès national ittihadi, avec pour objectif une fusion progressive des trois formations. Le projet avait cependant été ébranlé par l’éclatement de divergences en 2021. Ces désaccords avaient conduit à une fusion réalisée sans la participation du PSU, ouvrant une période de tensions et de fragmentation au sein de la gauche démocratique.

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