Khalid Baghad, conseiller communal et acteur associatif à Melaab, indique que plusieurs zones du Sud-Est, notamment dans les provinces d’Errachidia, de Zagora et de Tinghir, sont touchées par les essaims dans les oasis et les exploitations agricoles. Selon lui, les criquets s’attaquent particulièrement aux palmiers. Akhit, Aït El Hou, Akrouz et Bouydoud, relevant de la commune de Melaab dans la localité de Tinejdad, figurent parmi les zones infestées.
La menace ne se limite pas à la culture saisonnière. Les criquets pèlerins représentent un danger direct non seulement pour l’économie locale, mais aussi pour l’équilibre social et environnemental oasien, en raison de leur capacité à ravager, en un temps record, de vastes étendues de cultures et d’arbres fruitiers, précise l’associatif. « Si la propagation des criquets se poursuit, la production agricole va baisser, les revenus des agriculteurs vont diminuer et les coûts liés à la réhabilitation des exploitations endommagées vont grimper. Les palmeraies sont l’épine dorsale de l’économie oasienne, qui se retrouve directement menacée », assure-t-il alors que la zone peine encore à s’affranchir des dégâts causés par un succédané d’années de sécheresse sur l’écosystème oasien ainsi fragilisé. La migration climatique n’est pas à écarter, non plus.
Institutions et autorités compétentes, dont l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) de Drâa-Tafilalet, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), outre les autorités locales, ont été sollicitées pour intervenir et éviter le pire.
Les acteurs locaux appellent à une mobilisation urgente des parties prenantes. Ils plaident pour le renforcement des opérations de surveillance et de lutte sur le terrain, la mobilisation de commissions techniques pour recenser les dégâts et évaluer les pertes subies, ainsi que la mise en place de mécanismes de soutien et d’indemnisation. Ces mesures, ajoutent-ils, sont indispensables pour préserver les oasis et les équilibres socioéconomiques locaux. Ils préviennent que «tout retard dans l’intervention pourrait entraîner des pertes encore plus importantes».

