Le Conseil de sécurité est saisi d’une première version du texte sur le Sahara marocain, qui doit aussi fixer le sort de la Minurso, dont le mandat expire le 31 octobre. Rédigé par les États-Unis, porte-plume du dossier, le document prolonge la trajectoire ouverte par la résolution 2797.
Le projet affirme qu’une autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution viable au différend. Il demande aux parties de négocier en s’appuyant exclusivement sur la proposition marocaine élargie et actualisée. Il salue l’action de l’Envoyé personnel Staffan de Mistura et celle des États-Unis, qui ont facilité trois rounds de pourparlers directs à Washington et Madrid. Ces rencontres ont réuni le Maroc, le polisario, l’Algérie et la Mauritanie. Le texte reconnaît aussi le leadership du président Donald Trump et note que de plus en plus d’États membres reconnaissent la souveraineté du Royaume sur le Sahara.
Le calendrier de la mission est précisé. Son mandat de maintien de la paix prendrait fin le 30 avril 2027, avant une poursuite en mission politique spéciale du 1er mai au 31 octobre 2027. Le mot « référendum » disparaîtrait de son intitulé. Le Secrétaire général devrait entamer sans délai le retrait progressif du volet militaire, avec une baisse d’au moins 50 % des effectifs autorisés d’ici le 31 janvier 2027 et la fermeture ou le regroupement de sites d’équipes. Ses propositions détaillées sur le mandat, la structure, le personnel et les ressources de la future mission sont attendues au plus tard le 15 décembre. Elles devront couvrir le suivi de la situation, l’action antimines et le soutien au processus politique. Le projet s’appuie sur une revue stratégique selon laquelle le mandat actuel renvoie à des tâches restées sans suite depuis plus de vingt ans.
Le projet demande aussi à l’Envoyé personnel de consulter un large éventail de voix sahraouies, y compris celles qui sont extérieures aux parties à la négociation. Elles se trouvent dans les provinces du Sud, dans les camps et dans la diaspora, et ces échanges devront figurer dans les rapports du Secrétaire général. La disposition relativise la prétention du Polisario à parler seul au nom des Sahraouis. Sur les camps de Tindouf, le texte s’alarme d’un déplacement prolongé et de conditions humanitaires dégradées, et plaide pour des financements orientés vers des solutions durables. Il charge le HCR d’achever dans les six mois l’enregistrement des populations. Il condamne enfin l’attaque ayant visé la ville d’Es-Smara le 5 mai dernier et déplore qu’une partie, qu’il ne nomme pas, ne se soit pas engagée de manière substantielle dans les négociations. Le Conseil se dit prêt à envisager des mesures supplémentaires si ce blocage persiste.
Face à ces développements, le Polisario menace de se retirer du processus. Dans une lettre datée du jeudi 22 octobre, adressée par Sidi Mohamed Omar, représentant auprès de l’ONU et coordinateur avec la Minurso, à la Grecque Aglaia Balta, présidente du Conseil, le mouvement séparatiste qualifie le projet de « dangereuse rupture sans précédent » avec le droit international. Il rejette toute modification du mandat de la Minurso qui irait dans le sens de la position marocaine et subordonne la poursuite de sa participation à des changements substantiels. La lettre ne précise toutefois pas les dispositions récusées et se borne à contester l’orientation générale du texte, qui ne saurait, selon ses termes, servir de base de délibération. Le Polisario rappelle en même temps « rester attaché à une solution définitive » et invite les parties concernées à « intervenir pour préserver le processus de paix ». Il soutient que le cadre du Conseil ne se limite pas à la résolution 2797 et que la Minurso est née en 1991 d’un accord entre les deux parties. Il brandit ce retrait alors qu’il a lui-même siégé aux trois cycles de discussions du premier trimestre 2026.

