La Patronne de l’Exécutif a affirmé qu’« il n’y a eu aucune confusion au début du mandat du gouvernement, et il n’y a pas de remaniement ministériel ». Elle a décrit la décision concernant la ministre istiqlalienne comme « courageuse », précisant que « cette dame avait bénéficié d’une réhabilitation judiciaire en 2019», ajoutant que les soupçons survenus ensuite n’étaient pas connus au moment de sa nomination. « Lorsque nous avons découvert, à partir de documents et d’informations, l’existence de soupçons, il est devenu impossible de laisser cette dame gérer l’argent public et l’avenir des Marocains », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté avoir « pris la décision et soumis une demande à Sa Majesté, que Dieu l’assiste, qui l’a acceptée rapidement. C’est de l’audace, pas de la confusion ».
F-Z El Mansouri a réitéré la position du gouvernement qui ne tolérera aucun soupçon, et a rejeté ce qu’elle a qualifié de « brouillage et de rumeurs creuses ». Plus, le nouvel exécutif, soutient-elle, tient à rompre avec la trajectoire du gouvernement précédent, en raison de son « refus catégorique de laisser les riches s’enrichir davantage et les pauvres s’appauvrir davantage ». La nouvelle coalition, assure-t-elle, est plus enclin à la mise en place d’une économie forte et d’un environnement favorable à l’investissement, fondé sur la simplification des procédures et la réforme des mécanismes d’octroi des autorisations, selon un cahier des charges. Plus, elle a insisté sur « la nécessité d’encourager les entreprises, dont le rôle est central dans la création d’emplois dans notre pays et dans la dynamisation du développement, lequel garantit la stabilité et permet au Maroc de devenir un pays émergent offrant un avenir prometteur à ses enfants ». Elle a affirmé que « la volonté d’enrichir certains individus au seul motif qu’ils sont proches du pouvoir est exclue ».
La cheffe du gouvernement a également défendu l’appellation de « gouvernement politique » qu’elle a choisie pour désigner la nouvelle coalition exécutive, composée de quatre partis. Selon elle, « cette qualification repose sur les références idéologiques et politiques des partis qui la composent, sur les parcours militants de plusieurs de ses membres, ainsi que sur leur engagement à écouter les citoyennes et les citoyens et à répondre à leurs attentes ». Dans une pique à la voix du RNI, allié d’hier, elle a rejeté toute confusion et assuré que « ce qui unit les composantes de la majorité gouvernementale, c’est l’existence de références politiques et idéologiques clairement définies, ainsi que les parcours militants suivis par plusieurs de leurs membres au sein de leurs partis ». Plus, elle a tenu à rappeler que certains ministres avaient mené des combats politiques importants, au cours desquels ils avaient affronté des luttes internes au sein de leurs partis pour s’imposer et défendre leur vision de la société. Elle a estimé que « cet esprit militant constitue l’un des éléments qui font du nouveau gouvernement un “gouvernement politique” ».
En terme de pratique politique, la responsable a affirmé que la démocratie défendue par le gouvernement ne devait pas rester formelle ni se réduire à un simple slogan. Elle doit, au contraire, reposer sur le dialogue, la proximité avec les citoyennes et les citoyens, ainsi que sur l’écoute de leurs préoccupations. Elle a souligné que l’essence même de l’engagement militant et de l’action politique, tout comme la campagne électorale, reposait sur les échanges avec les citoyens et la prise en compte de leurs attentes. Évoquant les défis auxquels l’action politique est confrontée, la cheffe du gouvernement a reconnu que le taux de participation aux élections, qui s’est établi à 38 %, traduisait, selon son analyse, une crise de confiance des citoyennes et des citoyens à l’égard des institutions, notamment des institutions élues. Ce constat a constitué un élément central des consultations menées avec les composantes actuelles de la nouvelle coalition en vue de la formation du gouvernement. Elle a estimé que « le principal levier pour rétablir cette confiance consiste à ancrer l’éthique dans la gestion des affaires publiques et dans la pratique politique ». Elle a affirmé que « le gouvernement ne défend pas un discours populiste, mais une conviction : celle de la nécessité d’améliorer l’économie nationale, de répondre aux attentes des citoyens et de renforcer le processus démocratique dans le pays ».
La cheffe du gouvernement a insisté sur le fait que l’intégrité ne constituait pas un simple slogan politique, mais une nécessité sociale, dans un contexte marqué par la montée de la colère et des protestations chez les jeunes. Ces manifestations traduisent notamment des revendications liées à la confiance dans les institutions et à la performance des acteurs politiques.
S’agissant du programme gouvernemental, F-Z El Mansouri a défendu l’orientation du gouvernement consistant à proposer des mesures concrètes pour répondre aux attentes des citoyens. Elle a précisé que l’élaboration de ce programme ne s’était pas limitée à des études théoriques ni à l’attente de propositions toutes faites générées par l’intelligence artificielle, mais qu’elle s’était fondée sur l’écoute des citoyens et sur la prise en compte des réalités propres aux régions et aux provinces du pays.
La discussion du programme gouvernemental présenté lundi par la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a permis aux organisations syndicales représentées à la Chambre des conseillers de détailler leurs attentes et leurs réserves. Les interventions ont porté sur les salaires, la hausse du coût de la vie, l’emploi, la protection sociale, les retraites et la préservation des services publics. Les syndicats ont également insisté sur la nécessité de traduire les engagements annoncés en mesures concrètes, tout en divergeant dans leur appréciation du programme et de sa capacité à répondre aux attentes des travailleurs.

