Home MarocSouverainetéPrésides Sebta et MelillaCrise migratoire à SebtaCrise migratoire de Sebta : A.R. Chami réagit à la résolution anti-marocaine du Parlement européen

Crise migratoire de Sebta : A.R. Chami réagit à la résolution anti-marocaine du Parlement européen

by Perspectives Med
0 comments
Crise migratoire de Sebta : A.R. Chami réagit à la résolution anti-marocaine du Parlement européen

Le diplomate a affirmé que la résolution « ne retient aucune des tentatives d’instrumentalisation de la question migratoire », ajoutant que « de nombreux amendements à caractère hostile n’ont finalement pas été retenus, grâce à l’approche responsable, constructive et sereine de la majorité des eurodéputés, notamment ceux des principales formations politiques du Parlement européen ».

L’ambassadeur marocain a regretté « les campagnes de communication et de propagande qui tentent d’attribuer au texte des dispositions ou des prises de position qu’il ne contient pas ».

La résolution considère toutefois que « Sebta et Melilla font partie intégrante du Royaume d’Espagne et, à ce titre, de l’Union européenne et de ses frontières extérieures ». Le texte adopté affirme que « toute tentative de porter atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté d’un État membre, ou d’exercer des pressions à cet égard — y compris par l’instrumentalisation de la migration par des pays tiers ou d’autres acteurs internationaux hostiles — constitue une menace hybride pour la sécurité et la stabilité de l’UE et de ses États membres et nécessite une réponse allant au-delà des instruments conçus pour gérer les flux migratoires ordinaires ».

Fébrilité espagnole

Par ailleurs, l’Assemblée de Madrid a adopté jeudi deux motions déposées par le Parti populaire (PP) et Vox, appelant le gouvernement espagnol à revoir sa relation avec le Maroc et à sécuriser la frontière du Préside occupé, après l’afflux migratoire massif qu’a connu l’enclave en juillet.

Le Parti populaire (PP-Droite classique) a insisté sur l’urgente mise en place de mesures de retour volontaire ou d’expulsion pour les personnes entrées de manière irrégulière en Espagne, avec un renforcement des contrôles de la police des étrangers, le déploiement d’agents de Frontex et d’unités d’intervention rapide. Le parti demande par ailleurs que la relation bilatérale avec Rabat repose sur « le respect, la réciprocité et la fidélité aux engagements », rejetant toute « menace, pression ou chantage ».

Le plan de sécurisation des frontières de Sebta inclut le prolongement de la clôture frontalière en mer depuis la barrière du Tarajal, le renforcement des effectifs de la Police nationale et de la Garde civile, et l’adoption d’un système avancé de surveillance maritime. Il prévoit aussi des modifications législatives pour élargir les expulsions immédiates aux entrées maritimes irrégulières. Le PP a également sollicité l’Union européenne pour reconnaître le statut spécial de Sebta et Melilla et pour initier un plan de relance économique sur cinq ans pour ces régions.

Pour sa part, Vox a appelé à réaffirmer la « pleine souveraineté espagnole » sur Sebta, Melilla, et d’autres territoires contrôlés par l’Espagne en Afrique du Nord, à rejeter toute revendication marocaine à leur sujet, et à convoquer l’ambassadeur du Maroc pour protester contre leur désignation en tant que « territoires occupés ».

A noter que 10 000 migrants, entrés à Sebta lors de l’afflux massif de juillet dernier, demeurent sans statut régulier dans la ville, selon les estimations récentes du gouvernement espagnol. Près de 6 000 d’entre eux sont hébergés dans des structures mises en place par les autorités, tandis que 3 000 à 4 000 autres se trouvent disséminés dans les rues, les forêts et sur les plages.

Ces chiffres reposent sur des informations fournies par les forces et services de sécurité espagnols présents à Sebta, rapportent des médias espagnols. Ils sont deux fois supérieurs aux estimations antérieures présentées par Fernando Grande-Marlaska, ministre de l’Intérieur, qui avait déclaré le 13 août qu’environ 5 000 migrants restaient dans la ville, deux semaines après l’arrivée de près de 80 000 personnes. Il avait réitéré ce chiffre à la fin du mois devant le Congrès des députés.

La publication de cette nouvelle estimation coïncide avec le transfert de migrants vers des tentes installées à l’intérieur du port de Sebta, dotées d’une capacité d’environ 1 700 places. Après des tensions, des mouvements de foule et une intervention des forces de sécurité ont permis d’accueillir 500 migrants, les autres devant être transférés dans les prochaines heures.

Ángel Víctor Torres, ministre chargé du commandement unique à Sebta, avait indiqué que 4 160 migrants avaient été hébergés. Avec la capacité supplémentaire du camp installé dans le port, le nombre de personnes prises en charge dans des structures supervisées par le gouvernement atteint environ 6 000, facilitant leur enregistrement et le lancement des procédures d’expulsion pour ceux ne remplissant pas les conditions d’asile.

Le gouvernement espagnol reconnaît qu’il reste environ 3 000 à 4 000 migrants sans abri à relocaliser. Il prévoit d’aménager de nouveaux espaces, mais ces travaux n’ont pas encore débuté et leur emplacement n’a toujours pas été déterminé.

Des centaines de migrants ont tenté jeudi de pénétrer en masse dans un camp situé à l’intérieur du port de Sebta, provoquant l’intervention de la police espagnole pour disperser la foule. L’opération a donné lieu à des scènes de chaos, faisant plusieurs blessés. L’unité d’intervention de la police, l’UIP, a dû agir alors que des détonations étaient entendues. Certains migrants ont été aperçu le visage ensanglanté, tandis que d’autres souffraient de larmoiements dus à une exposition à une substance non identifiée.

Des migrants en provenance de la zone dite du Trampolín ont tenté de rejoindre le port, tandis que des centaines attendaient à proximité, rapportent des sources locales. L’intervention policière s’est achevée après quelques minutes, permettant de rétablir l’ordre et de répartir les migrants en groupes, selon la capacité d’accueil du camp. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent de larges groupes de migrants courant vers le camp, provoquant des Mougeot de foule, alors que certains tentaient désespérément d’obtenir une place à l’intérieur.

Ce transfert intervient après le rejet par l’Audience nationale espagnole d’une demande d’urgence déposée par le Syndicat unifié de la police, qui réclamait la suspension du camp destiné à accueillir les migrants arrivés lors de la récente vague d’entrées massives à Sebta. La juridiction a jugé cette demande de suspension « injustifiée ».

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.