H. Halevi a déclaré dimanche, lors de la troisième conférence annuelle « Faire face à la haine » au Musée du patrimoine juif à New York : « Malheureusement, nous avons commis des erreurs. Nos bombes ont tué des captifs », selon ce qu’a rapporté le journal israélien Jerusalem Post. Il a ajouté : « Ce n’était évidemment pas intentionnel, nous ne savions pas qu’ils s’y trouvaient. »
Israël a souvent nié sa responsabilité dans la mort des captifs, accusant le Hamas de les avoir tués, ce que le mouvement a maintes fois démenti. H. Halevi a également précisé qu’il lui avait fallu beaucoup de temps pour convaincre le pouvoir politique d’approuver le lancement d’une opération terrestre à Gaza afin d’aider à récupérer les captifs.
En mars 2025, le haut gradé israélien a démissionné de ses fonctions, annonçant qu’il assumait une part de responsabilité dans l’attaque du 7 octobre 2023, et Eyal Zamir lui a succédé. Il a qualifié l’attaque du 7 octobre d’« échec qui aurait pu être évité », mais a rejeté les allégations concernant l’existence d’une « trahison interne » au sein de l’appareil de sécurité israélien qui aurait aidé le Hamas à exécuter l’attaque. « Il n’y a eu absolument aucune trahison, et le niveau politique ainsi que la direction de l’État doivent le dire clairement et sans équivoque », a-t-il affirmé tout en ajoutant qu’ « aider le Hamas aurait nécessité un vaste réseau de collaborateurs, et pas une seule personne, or après 3 ans, aucun individu de ce type n’a été trouvé. »
Concernant les demandes de création d’une commission d’enquête officielle sur les défaillances du 7 octobre, H. Halevi a estimé qu’Israël devait mener l’enquête à son terme et poser les « questions difficiles ». En 2024, la Cour pénale internationale a émis deux mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant, ancien ministre de la Défense,pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.
H. Halevi a indiqué que les priorités de l’armée d’occupation avant l’attaque étaient centrées sur l’Iran et le Hezbollah, tandis que le Hamas était considéré comme une menace moins pressante. « Nous aurions dû mener une guerre à Gaza, mais l’ordre de nos priorités était : d’abord l’Iran, puis le Hezbollah », poursuivant : « Et seulement après, le Hamas, parce que nous ne savions pas que le Hamas avait l’intention de mener une opération d’une telle ampleur. » Il a reconnu que le chef du Hamas à Gaza à l’époque, Yahya Sinwar, s’était efforcé d’empêcher Israël d’anticiper l’ampleur de l’attaque du 7 octobre, déclarant : « Sinwar a fait tout ce qui était en son pouvoir pour nous prendre par surprise et mener des opérations simultanées. » Et de conclure que « chaque point le long de la frontière de Gaza a été attaqué immédiatement après 06h29 du matin. »
Dérives génocidaires
Malgré l’accord de cessez-le-feu annoncé depuis le 10 octobre 2025, Israël poursuit sa guerre d’extermination à Gaza à travers des bombardements quotidiens qui ont entraîné le martyre de 1 580 Palestiniens et fait 5 711 blessés, principalement des femmes et des enfants. De plus, Israël empêche l’entrée des quantités convenues de denrées alimentaires, de médicaments, de fournitures médicales, de matériel d’abri et de maisons préfabriquées dans la bande de Gaza, où environ 2,4 millions de Palestiniens, dont 2,15 millions de déplacés, vivent dans des conditions catastrophiques.
La Cour internationale de Justice, organe judiciaire principal des Nations unies, examine une plainte déposée par l’Afrique du Sud, à laquelle se sont jointes de nombreuses nations, accusant ‘Israël’ de commettre un crime de génocide contre les Palestiniens à Gaza.
A signaler par ailleurs que des enregistrements et des documents concernant le rôle de premier plan de Mohammed Deif, ancien commandant en chef des brigades Al-Qassam, dans la planification de l’attaque du 7 octobre, ont révélé l’ampleur du fossé entre les estimations des services de renseignement israéliens et la réalité de ses capacités et de son activité militaire.
Selon un article publié par le site « Times of Israel », les enregistrements ont montré que M. Deif a continué à gérer les opérations militaires et à communiquer avec les hauts commandants d’Al-Qassam, en dépit de la croyance de l’institution sécuritaire israélienne qu’il souffrait de blessures physiques graves et de restrictions de santé limitant ses capacités. Les enregistrements ont également révélé des réunions ayant regroupé M. Deif et environ 14 hauts commandants militaires, dont Marwan Issa et Mohammed Sinwar, en plus de ses directives concernant le ciblage du quartier général de la division de Gaza, dans le cadre des préparatifs de l’attaque du 7 octobre.
L’article a indiqué que le Hamas a réussi à exploiter les estimations israéliennes erronées concernant l’état de santé de M. Deif et à préserver la confidentialité de ses mouvements et de ses communications, à un moment où les services de renseignement israéliens n’ont pas été en mesure de saisir la réalité de son rôle et de ses capacités. Ces données mettent en lumière l’un des aspects les plus marquants de l’échec du renseignement israélien, qui consiste à s’en remettre à des estimations inexactes concernant la direction d’Al-Qassam et ses capacités, jusqu’à la surprise constituée par l’attaque du 7 octobre.
LDans la journée de mardi, l’occupation israélienne a commis un massacre dans la bande de Gaza entraînant le martyre et la blessure d’un certain nombre d’officiers et de membres du dispositif de sécurité intérieure, à la suite d’une frappe ciblée par des avions de l’occupation israélienne à Al-Mawasi, dans la ville de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, selon le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité nationale.
Un Palestinien a également été blessé par des tirs des forces d’occupation israéliennes aux abords du rond-point Abou Hamid, au centre de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Par ailleurs, 6 Palestiniens sont tombés en martyre et 27 autres ont été blessés au cours des dernières 24 heures dans la bande de Gaza, selon ce qu’a annoncé le ministère de la Santé.
Ces attaques interviennent dans le contexte de la poursuite des violations israéliennes de l’accord de « cessez-le-feu », avec les martyrs et les blessés qu’elles laissent derrière elles dans différentes zones de la bande de Gaza. Depuis l’annonce du « cessez-le-feu » le 11 octobre 2025, le nombre total de martyrs a atteint 1 599, tandis que le nombre de blessés est monté à 5 774, et les corps de 847 martyrs ont été retirés des décombres. Le bilan cumulé depuis le début de l’agression, le nombre total de martyrs a atteint 74 615, tandis que le nombre total de blessés s’élève à 175 899.

