Les États-Unis et l’Iran envisagent d’avancer à mercredi la signature de leur accord de paix, initialement prévue vendredi, selon Axios. L’accord pourrait être signé électroniquement dès mercredi, ce qui permettrait l’entrée en vigueur du volet concernant le détroit d’Ormuz et la publication éventuelle du texte par Washington.
Selon le média américain, les discussions visant à accélérer le calendrier ont pour objectif de rouvrir le détroit avant vendredi, une mesure soutenue par les deux parties. L’Iran aurait toutefois demandé que le texte de l’accord ne soit pas rendu public avant la signature officielle et a rejeté les affirmations selon lesquelles la Maison-Blanche agirait sous pression politique.
Malgré un éventuel changement de calendrier, la rencontre prévue vendredi en Suisse entre les délégations américaine et iranienne, conduites respectivement par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, devrait être maintenue. Les discussions devraient porter sur le lancement de négociations concernant le programme nucléaire iranien.
Une source bien informée a indiqué à Reuters que l’accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran comprend un fonds spécial d’une valeur de 300 milliards de dollars « destiné à stimuler l’investissement ». La source proche du dossier, qui a requis l’anonymat car le plan n’a pas encore été rendu public alors que Washington et Téhéran s’apprêtent à le signer vendredi, a ajouté que le fonds vise à inciter économiquement les deux parties à parvenir à un accord final pour mettre fin à la guerre. Suite aux précédents rapports faisant état de l’existence de ce fonds, Reuters a révélé, pour la première fois que plus de la moitié du montant a déjà été promise et qu’il serait entièrement constitué de fonds du secteur privé.
La source a indiqué que le nouveau fonds est un véhicule d’investissement privé, et non un programme de reconstruction ou d’indemnisation, et qu’il ne comprendra aucun fonds ou subvention gouvernementale, ajoutant que des entreprises basées aux États-Unis, dans les pays du Golfe, en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique ont accepté de s’engager dans le financement. Il a précisé que les investissements promis concernent notamment les secteurs de l’énergie, de la logistique, de l’industrie et des transports.
Selon une source iranienne de haut rang citée par Reuters, Téhéran aurait initialement demandé aux États-Unis 400 milliards de dollars d’indemnisation pour les dommages de guerre, mais Washington aurait refusé de verser cette somme, d’où l’idée d’un fonds, qui serait baptisé Fonds de reconstruction et de développement. La source iranienne a ajouté que ce mécanisme prévoit des contributions de pays de la région sous diverses formes, notamment l’obtention de prêts, l’établissement de lignes de crédit ou le financement direct de la reconstruction de sites endommagés par la guerre, y compris des installations telles que le complexe sidérurgique de Mobarakeh, les raffineries de pétrole, les aéroports et les infrastructures endommagées par la guerre à plus grande échelle. Et a indiqué que le fonds d’investissement est totalement indépendant des négociations parallèles concernant la levée des sanctions américaines et le déblocage des avoirs souverains iraniens gelés à l’étranger, décrivant les deux volets comme deux mécanismes financiers distincts avec des objectifs et des échéanciers différents.
La source a déclaré : « Le fonds ne sera pas créé tant que l’accord final n’aura pas été signé… Pendant ces soixante jours, les gestionnaires du fonds travailleront avec les Iraniens et les investisseurs pour planifier et définir la portée des projets. »
Une porte-parole de la Maison Blanche a fait référence à une interview accordée lundi par CBS au vice-président américain J.D. Vance, dans laquelle ce dernier déclarait que l’Iran pourrait recevoir un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars soutenu par les États du Golfe s’il respectait un accord avec Washington, notamment le démantèlement de son programme nucléaire, l’élimination de son stock de matières enrichies et l’acceptation d’un régime strict d’inspection et de contrôle.
La source n’a pas précisé le mode de gestion du fonds ni l’identité de ses gestionnaires, indiquant que des détails essentiels étaient encore en cours d’élaboration. Elle a toutefois mentionné que des entreprises de Corée du Sud, du Japon, de Singapour, de Malaisie et des États-Unis figuraient parmi celles qui s’étaient engagées, sans toutefois fournir de liste exhaustive.
L’agence américaine Bloomberg a publié les détails des clauses du protocole d’accord conclu entre Téhéran et Washington. Le protocole stipule, dans sa clause principale, que Téhéran et Washington, ainsi que leurs alliés dans la guerre, proclament dès la signature la fin immédiate et définitive de la guerre sur tous les fronts, y compris le Liban.
Selon le texte rapporté par l’agence, les deux parties et leurs alliés s’engagent à ne mener aucune action hostile à partir de ce jour, et à s’abstenir de menacer d’utiliser la force ou de l’utiliser l’un contre l’autre, tout en s’engageant à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun et à s’abstenir de toute ingérence dans leurs affaires intérieures respectives.
Bloomberg a indiqué que Téhéran et Washington ont convenu d’entamer des négociations officielles et directes en vue de l’accord final, après avoir reçu des garanties quant à l’exécution de plusieurs clauses fondamentales, et se sont engagés à parvenir à cet accord dans un délai maximum de 60 jours renouvelable, à condition qu’il soit ultérieurement adopté par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le protocole d’accord publié par l’agence comprend des mesures exécutives dès son entrée en vigueur. Il stipule que les États-Unis lèvent, immédiatement après la signature du protocole, le blocus maritime imposé à l’Iran, et interdisent toute entrave ou interférence à son encontre. En contrepartie, l’Iran s’emploie à reprendre le trafic des navires dans un délai de 30 jours, en tenant compte de sa nécessité de lever les obstacles. De plus, Washington s’engage à retirer ses forces dans un délai de 30 jours à compter de la date de la signature de l’accord final.
Les deux parties ont également convenu de maintenir le statu quo jusqu’à l’obtention de l’accord final, de sorte que l’Iran préserve son programme nucléaire actuel sans que Washington n’impose de sanctions ou ne renforce ses troupes dans la région.
Sur les plans économique et nucléaire, Bloomberg a révélé que le protocole a posé les piliers d’une solution comprenant des engagements mutuels et de larges exemptions financières. L’agence a mentionné que le protocole d’accord inclut l’engagement de Washington à débloquer les fonds et les avoirs iraniens gelés, parallèlement à l’engagement de délivrer, dès la signature, des exemptions de sanctions pour les exportations de pétrole brut iranien, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés, ainsi que pour les services bancaires qui y sont liés.
Les États-Unis se sont également engagés à mettre fin aux sanctions imposées à l’Iran selon un calendrier qui sera convenu dans le cadre de l’accord final.
En outre, Washington s’engage à coopérer avec ses partenaires régionaux pour élaborer un plan, approuvé par les deux parties, visant à réhabiliter l’Iran et à développer son économie. Le protocole mentionne qu’un financement d’au moins 300 milliards de dollars sera garanti pour ce plan, dont le mécanisme d’exécution sera formulé dans le cadre de l’accord final au cours des 60 jours prévus.
En contrepartie, l’agence a indiqué que l’Iran réaffirme dans le protocole qu’il ne produira jamais d’armes nucléaires, tandis que les deux parties ont convenu de renvoyer l’examen du sort des matières enrichies et de toutes les autres questions liées au dossier nucléaire pour qu’ils soient traités de manière adéquate dans l’accord final.

