Benjamin Netanyahu a déclaré que la réunion avait porté sur trois possibilités : négocier un accord plus large avec les responsables iraniens, maintenir le blocus du détroit d’Ormuz ou entreprendre des actions militaires supplémentaires. Il a ajouté : « Nous avons analysé ces trois possibilités, et la décision finale revient à Trump. » Le Premier ministre israélien qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI, a décrit sa relation avec le président américain comme un partenariat. « Trump et moi sommes partenaires, il est le partenaire principal et je suis le partenaire secondaire », mais il a souligné dans le même temps qu’il agissait en fonction de ce qu’il jugeait nécessaire pour la sécurité d’Israël, ajoutant : « Je suis le Premier ministre d’Israël, et lorsque je dois défendre les intérêts et la sécurité de mon pays, je le fais. »
S’exprimant au sujet de l’Iran, B. Netanyahu a déclaré être « sceptique quant au mode opératoire de l’Iran et à sa manière de mener ses affaires », accusant les Iraniens de « toujours mentir, toujours tricher, toujours gagner du temps », avant d’ajouter : « Voyons si la pression diplomatique et économique peut changer la façon de faire des Iraniens. » Il a souligné qu’il « n’a trompé personne » et que « personne ne dicte au président Trump ce qu’il doit faire », ajoutant que l’Iran est « plus faible aujourd’hui que jamais », mais il a déclaré ne pas croire que le régime iranien se soit effondré. Il a fait remarquer que la capacité de l’Iran à faire du commerce via le détroit d’Ormuz un atout ou une arme de négociation « n’aurait pas pu être prédite avec précision », ajoutant qu’il pensait que les Iraniens en étaient capables, mais qu’ils devaient en tenir compte des conséquences.
B. Netanyahu a averti que cibler Israël par l’Iran serait une « grave erreur », affirmant qu’Israël réagirait « très fermement », soulignant que son objectif est de garantir que l’Iran, sous ce régime, ne possède pas d’armes nucléaires, et que c’est un point sur lequel il est d’accord avec le président US. Sur le volet du soutien américain à Israël, il a affirmé qu’un « changement » s’était opéré dans ce soutien en raison de la diffusion des médias sociaux, ce qui l’inquiète. Il a accusé des pays qu’il n’a pas nommés de manipuler la situation en utilisant des « fermes de robots et d’autres moyens », arguant qu’il existe un lien direct entre la propagation des médias sociaux et le déclin du soutien à Israël. Dès lors, il a déclaré vouloir un soutien des deux partis démocrate et républicain pour Israël, car il considère ce pays comme un « pilier fondamental » de la sécurité nationale israélienne, ajoutant que « tout le monde dans le monde comprend aujourd’hui l’ampleur du grave danger que représente l’Iran pour la paix mondiale ».
D. Trump a rencontré B. Netanyahu mardi dernier à la Maison Blanche, une rencontre que Carolyn Levitt, porte-parole de la Maison Blanche, a qualifiée de « positive et productive » dans un message publié sur la plateforme X. La réunion s’est tenue à l’abri des médias et, outre D. Trump et B. Netanyahu, y ont assisté le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, le directeur de la CIA John Ratcliffe et l’envoyé spécial américain au Moyen-Orient Steve Witkoff, selon des photos publiées par le bureau du Premier ministre israélien.
Pendant la réunion, un rassemblement de manifestants a été organisé devant la Maison Blanche, protestant contre la visite de B. Netanyahu.
Tsahal face aux mutins
En Israël, médias et observateurs sont en émoi depuis que des dizaines de soldats de la brigade Guivati (Givati) ont quitté leur base militaire, Sde Teiman, dans le Néguev, suite à un différend avec leurs commandants militaires concernant le retrait et la destruction de symboles utilisés par les soldats.
Le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que « récemment, un certain nombre de soldats d’un bataillon de combat ont commencé à quitter leur base sans l’autorisation de leurs commandants, après que le commandant du bataillon a décidé de retirer les panneaux relatifs aux événements inhabituels, en particulier ceux liés aux traditions des « jeunes et des anciens » du bataillon. » Selon lui « ce comportement est contraire aux valeurs de l’armée israélienne et à ce qui est attendu de ses soldats. »
Le journal Maariv a cité une source militaire israélienne affirmant que le retrait des soldats avait rendu le bataillon inopérant, alors même qu’il se préparait à participer à des opérations militaires dans la bande de Gaza dans la période à venir. Elle a ajouté que la mutinerie serait due aux tentatives de combattants vétérans d’imposer des normes et des comportements au sein du bataillon « Tsabar », ce qui a déclenché un conflit interne qui s’est soldé par le départ de dizaines de soldats et de commandants de la base.
La source a décrit l’incident comme exceptionnel et sans précédent au sein de l’armée israélienne, soulignant que ses répercussions opérationnelles ont été immédiates, le bataillon se retrouvant inapte à participer aux missions de combat qu’il s’apprêtait à mener dans la bande de Gaza.
Sde Teiman est une base militaire qui comprend un centre de détention tristement célèbre utilisé par l’armée d’occupation israélienne depuis le début de la guerre d’extermination contre Gaza le 7 octobre 2023. La prison a suscité des critiques internationales constantes, tant au niveau des droits de l’homme que des médias, les organisations de défense des droits de l’homme et les rapports internationaux accusant les autorités israéliennes de détenir des Palestiniens dans des conditions extrêmement dures et de commettre des violations systématiques à leur encontre.
De nombreux rapports et témoignages ont documenté des cas de torture, de mauvais traitements, d’agressions physiques et sexuelles, ainsi que des décès de détenus à l’intérieur de l’établissement, ce qui a suscité des appels répétés à des enquêtes indépendantes et à la mise en cause des responsables de ces violations.

