L’Université des Sciences Médicales de la province de Hormozgan, dans le sud de l’Iran a fait état de 3 martyrs et deux blessés suite à l’agression américaine sur l’île de Qeshm. Le vice-gouverneur de Hormozgan a déclaré qu’une attaque ennemie avait visé une maison d’habitation sur l’île de Qeshm, confirmant que les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver trois personnes bloquées sous les décombres. De son côté, le vice-gouverneur du Khouzestan a annoncé que les zones entourant les villes de Shadegan, Ahvaz et Abadan ont été la cible de tir de missiles américains, indiquant également que des secteurs aux alentours de la ville d’Arvandkenar ont subi une agression américaine.
La télévision iranienne a rapporté que deux explosions ont été entendues dans le port de Bandar Abbas, probablement dues à des activités de défense des forces armées iraniennes. Elle a également fait état de détonations entendues sur les îles d’Abou Moussa et de Kish, ainsi que dans la zone maritime entourant l’île de Qeshm. L’agence Tasnim a indiqué que les tirs intensifs de missiles américains se poursuivaient depuis le territoire koweïtien en direction de l’Iran. Pour sa part, l’agence Fars a confirmé qu’une explosion avait été entendue dans la province de Bouchehr, avant de faire état plus tard de plusieurs détonations sur l’île de Kish, tandis que Nour News rapportait que plusieurs explosions avaient retenti dans la ville d’Ahvaz.
Auparavant, l’armée américaine avait annoncé avoir lancé des « attaques » contre l’Iran. Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré que ses forces avaient ciblé des dizaines d’« objectifs appartenant au Corps des Gardiens de la révolution (CGRI) ». Il a également précisé que plus de 50 000 soldats américains demeurent déployés dans la région du Moyen-Orient.
Les États-Unis poursuivent leurs agressions en violation du mémorandum d’entente conclu en Suisse en juin dernier avec la partie iranienne. Cette nouvelle agression américaine intervient après une trêve de plusieurs jours.
Les Européens épaulent les USA
L’Iran a riposté à toute agression américaine en ciblant les bases et les positions stratégiques de l’armée américaine dans la région et s’oppose aux tentatives de traversée de navires par des voies illégales incitées par Washington dans le détroit d’Ormuz, qui demeure fermé en raison de l’agression.
Dans le cadre de la riposte iranienne, la télévision iranienne a révélé que des missiles ont ciblé la base aérienne Muwaffaq al-Salti en Jordanie sur la base de renseignements parvenus au quartier général Khatam al-Anbiya. Elle a ajouté que l’opération est intervenue après le redéploiement par Washington de chasseurs A-10 et F-15 ainsi que de nouveaux systèmes militaires au sein de la base, soulignant que la force aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution a mené une « opération surprise » au cours de laquelle elle est parvenue à détruire ses objectifs. Elle a affirmé que tous les mouvements des forces américaines dans la région sont « sous surveillance », et que les Gardiens de la révolution et l’armée iranienne cibleront les objectifs définis « dans les plus brefs délais » si nécessaire. Le Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran a révélé avoir visé une base américaine en Jordanie en riposte à l’agression américaine contre l’Iran dans la nuit de mercredi à jeudi. « Ce matin, l’ennemi américain, incapable de s’engager dans une confrontation militaire directe, a eu recours aux bases occupées dans votre pays et a lancé une attaque aérienne avec des bombes anti-bunker sur deux maisons d’habitation, ciblant deux modestes maisons de citoyens locaux sur l’île de Qeshm, ce qui a entraîné le martyre du père, de la mère et de l’un des enfants de la famille, et a blessé deux autres enfants », a précisé le CGRI dans un communiqué. Et de poursuivre qu’ « en réponse à ce crime, les forces aérospatiales de la Garde ont ciblé des hangars et le hangar de maintenance des avions de chasse F-35 ennemis sur la base aérienne d’Al-Azraq, détruisant complètement 3 avions F-35 et endommageant gravement 3 autres avions ». Selon le CGRI « plusieurs officiers ennemis, techniciens et équipes de maintenance ont été tués lors de cette attaque ».
Pour sa part, l’armée jordanienne a dit avoir intercepté 5 missiles tirés depuis l’Iran.
De son côté, le président américain avait déclaré mercredi à Fox News : « Nous répondrons fermement à l’attaque par missiles iranienne contre les forces américaines en Jordanie. »
L’agence de presse Fars a révélé que « les systèmes de navigation aérienne ont confirmé l’activité d’au moins deux avions allemands et français fournissant un soutien militaire américain dans l’espace aérien jordanien ». Elle a affirmé que « les données de navigation aérienne montrent que des avions allemands et français aident Washington à intercepter des missiles iraniens visant des bases américaines en Jordanie » et fait remarquer que « l’entrée en service d’avions militaires allemands et français dans la ligne d’assistance à Washington intervient après l’échec des États-Unis à intercepter des missiles iraniens ».
Le CGRI a confirmé que le détroit d’Ormuz restera fermé tant que les menaces et les ingérences américaines dans la région se poursuivront, avertissant que toute participation au soutien des États-Unis ferait l’objet d’une réponse « sévère ». Dans un communiqué publié jeudi, il a déclaré que deux pétroliers avaient tenté, mercredi soir, sous « l’incitation d’aéronefs américains », de quitter la voie non sécurisée au sud du détroit d’Ormuz, mais qu’ils avaient rapidement fait demi-tour après le déclenchement d’un violent incendie à bord de l’un d’eux. Il a ajouté que le détroit d’Ormuz est une « terre iranienne » et que la force navale du CGRI y exerce son contrôle, soulignant qu’« aucun étranger venu de milliers de kilomètres ne sera autorisé à s’ingérer » dans les affaires du détroit.
Le communiqué a souligné que toute partie qui agresse l’Iran « sera punie le jour même », avertissant les pays qui aident les États-Unis qu’ils recevront une « réponse sévère » s’ils ne modifient pas leur comportement. Le CGRI a affirmé que le détroit d’Ormuz « ne pourra pas être rouvert » à la lumière des « surenchères et menaces » émises par les responsables américains, en plus de leurs ingérences dans les mouvements maritimes de la région, avertissant que ces politiques rendront la situation « plus difficile et plus complexe ».
A signaler aussi que D. Trump a rencontré mercredi le prince Khaled ben Salmane, ministre saoudien de la Défense, selon un responsable américain et une source informée cités par le site Axios. La source a précisé que la rencontre a été ajoutée à l’agenda du ministre saoudien après sa réunion avec le vice-président américain J.D. Vance, au cours de laquelle il a transmis un message du prince héritier Mohammed ben Salmane concernant la guerre avec l’Iran et l’évolution de la situation dans la région.
Elle a ajouté que l’émissaire saoudien a souligné au cours de la réunion que les attaques ayant ciblé les installations énergétiques saoudiennes par des factions irakiennes pro-iraniennes avaient franchi la « ligne rouge », et que la riposte saoudienne visait à défendre la sécurité du Royaume, tout en prétendant que Riyad ne soutient pas l’escalade et cherche à désamorcer les tensions.
La source a indiqué que le prince K. ben Salmane avait également informé J.D. Vance que l’Arabie estimait que Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien , poussait à l’escalade avec l’Iran, alors que le Royaume considère que la désescalade est l’option la plus judicieuse et affirmé que l’Arabie est actuellement capable de gérer la situation avec le groupe « Ansarullah » au Yémen et qu’elle mène en parallèle des négociations avec lui.
Par ailleurs, une première cargaison qatarie de gaz naturel liquéfié a traversé le détroit d’Ormuz « avec la permission de l’Iran », trois semaines après l’arrêt du trafic maritime dans le détroit par l’Iran. Selon l’agence iranienne Fars news, « le navire qatari a franchi la frontière tout en diffusant ses données de navigation, a suivi l’itinéraire spécifié par l’Iran et poursuit son voyage vers les eaux internationales sans problème. »
Le CGRI avait précédemment annoncé que deux pétroliers tentant de traverser le détroit d’Ormuz avaient rebroussé chemin face à ce passage « dangereux », soulignant que le détroit restera fermé jusqu’à la fin des menaces et des ingérences américaines, et promettant une « riposte sévère » aux pays impliqués dans l’aide apportée aux États-Unis dans leur agression contre l’Iran. « Aucun étranger venant de milliers de kilomètres ne sera autorisé à intervenir. Avec l’aide de Dieu, l’agresseur sera puni le jour même. », a averti le CGRI.
Critiques aux USA
En Amérique, un élu démocrate de Californie a critiqué la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, qui a repris il y a environ deux semaines. Le représentant Kevin Mullin a déclaré à CNN, au sujet de l’implication financière des États-Unis dans la guerre contre l’Iran : « Nous avons dépensé 37 milliards de dollars pour cela. » Plus, il a assuré que « c’est une guerre qui cherche à se justifier. Je crains qu’au final nous y perdions des fortunes, des vies, et que nous ne soyons pas plus près d’une véritable paix au Moyen-Orient. »
Il a également observé que « la politique intérieure du président Donald Trump se détériore sous nos yeux », faisant référence à la hausse des prix de l’essence et des produits ménagers, ainsi qu’à l’opposition américaine à la guerre.
- Mullin a souligné que la priorité devait être de « mettre fin à cette guerre », mais s’est dit préoccupé par le fait que les États-Unis pourraient se retrouver dans une situation pire qu’avant le début du conflit, une situation dans laquelle il pourrait n’y avoir aucun accord et le détroit d’Ormuz resterait fermé. « Ce président pourrait en arriver à un accord beaucoup plus faible » que l’accord nucléaire conclu par l’ancien président Barack Obama avec l’Iran.
La guerre contre l’Iran, depuis son déclenchement le 28 février, s’est heurtée à une opposition généralisée aux États-Unis, ainsi qu’à des tentatives répétées des démocrates pour faire adopter une loi empêchant le président Donald Trump de la poursuivre. Le député républicain américain Thomas Massie a affirmé que les États-Unis ont été considérablement affaiblis par la guerre contre l’Iran. Il a accusé l’administration américaine actuelle d’affaiblir les défenses antimissiles du pays, d’épuiser ses réserves de pétrole et de sacrifier des hommes et des femmes pour Israël.
Le député républicain a ajouté que l’administration américaine avait provoqué une hausse des prix des biens de consommation et une augmentation de la dette publique, tout en négligeant les besoins internes des États-Unis au profit d’Israël.
Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, avait précédemment reconnu que la guerre menée par son pays contre l’Iran avait coûté jusqu’à présent 37,5 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 8 milliards de dollars par rapport à la dernière estimation publique. Cependant, CBS News, citant ses sources, a confirmé que le coût réel de cette guerre est bien supérieur à l’estimation fournie par le responsable US. Cela s’explique en partie par le fait que l’estimation actuelle n’inclut pas les coûts tels que la reconstruction militaire des bases américaines endommagées.
Selon The Hill, un récent sondage a révélé que près de 8 Américains sur 10 estiment que la guerre contre l’Iran a été plus difficile que ce qu’avait anticipé l’administration D. Trump. Le sondage a révélé que plus des trois quarts des 2 193 participants estiment que l’administration Trump a eu plus de difficultés à gérer le conflit qu’elle ne l’avait anticipé.
Dans le sondage CBS News/YouGov, seuls 20 % personnes interrogées ont déclaré que le conflit s’était déroulé aussi facilement que prévu par l’administration, tandis que seulement 4 % ont affirmé que l’administration avait eu la tâche plus facile que prévu.
Quant à l’avenir de la guerre, 37 % des participants à l’enquête ont déclaré qu’elle durerait des mois, 21 % ont dit qu’elle durerait des années, 9 % ont dit qu’elle durerait des jours ou des semaines, tandis qu’un tiers des participants n’ont pas exprimé d’opinion claire.
Environ deux tiers des participants estimaient que D. Trump devait mettre fin immédiatement à la guerre, tandis que le tiers restant disait qu’il devait la poursuivre jusqu’à ce que le pouvoir iranien fasse de nouvelles concessions.
Dans le même contexte, un sondage Politico réalisé en juillet dernier a montré que le pourcentage d’électeurs MAGA qui pensent que la guerre vaut son coût économique est tombé à un peu plus d’un tiers, contre 50 % en mai dernier. Selon Politico, le déclin du soutien parmi les partisans les plus fidèles du président est la preuve la plus claire que « la patience des Américains s’épuise alors que l’économie continue de dominer les principales préoccupations des électeurs à l’approche du cycle électoral crucial de mi-mandat ».

