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Tension américano-iranienne : Ça sent toujours le baroud !

by Perspectives Med
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Tension américano-iranienne : Ça sent toujours le baroud !

« Les échanges se poursuivent mais aucun accord définitif n’a encore été conclu », a fait savoir Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos relayés par les médias d’Etat.

Le président américain avait annoncé plus tôt qu’il s’apprêtait à prendre une « décision finale » sur un possible accord mais des sources iraniennes à l’agence Fars ont démenti ses affirmations sur deux points centraux : la réouverture du détroit d’Ormuz et le nucléaire iranien.

Des sources iraniennes au sein de la délégation de négociation iranienne ont rappelé à la chaîne Al-Manar les conditions de Téhéran. Elles comprennent en premier un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban, et la cessation de toutes les hostilités contre l’Iran et ses alliés par les États-Unis et leurs alliés.

Selon ces sources, Washington a tenté à plusieurs reprises de contourner cette condition et d’exclure le Liban, mais l’Iran a insisté pour inclure le Liban et garantir la cessation des hostilités à son encontre, menaçant de ne pas signer d’accord contraire, ce qui a contraint Washington à accepter.

Concernant le détroit d’Ormuz, l’accord devrait permettre le rétablissement progressif de la navigation après la levée du blocus naval américain et la vérification de son efficacité. L’Iran rouvrira ensuite progressivement le détroit à la navigation selon ses procédures établies.

Les sources indiquent également qu’un déblocage des avoirs iraniens gelés, estimés à 12 milliards de dollars, a aussi été convenue assurant que « c’est une revendication iranienne sur laquelle l’Iran ne renoncera pas ». Il est aussi question de la levée des sanctions sur les ventes de pétrole iranien et la liberté de circulation des navires.

Selon les sources iraniennes, les tractations sur le dossier nucléaire seront transférées à la deuxième étape et seront liées à la question de la levée de toutes les sanctions américaines contre l’Iran. Le sort de l’uranium enrichi en Iran sera ainsi discuté, dans un cadre de négociation après avoir vérifié la question de la fin de la guerre.

Des sources iraniennes, citées par l’agence de presse Fars, ont affirmé vendredi que les dernières déclarations de Donald Trump sur un possible accord avec l’Iran était un « mélange de vérité et de mensonge », qu’il s’agisse du détroit d’Ormuz ou du nucléaire iranien. Le Président « Trump a affirmé que l’Iran était tenu d’ouvrir le détroit d’Ormuz sans frais de péage, alors qu’aucune clause de ce type ne figure dans le texte de l’accord », ont assuré ces sources. La destruction des matières nucléaires de l’Iran n’y figure pas non plus, ont-elles ajouté.

L’Iran exige également « le versement immédiat de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés » et « tant que ce paiement n’est pas effectué, l’Iran n’entrera pas dans une phase suivante de négociation », ont encore prévenu ces sources, faisant part de leur « méfiance totale envers les Etats-Unis.

Enfin, sur le Liban, elles réitèrent la demande iranienne « d’un cessez-le-feu complet, conformément aux exigences du Hezbollah » et préviennent « que toute violation des engagements entraînera des représailles immédiates ».

D. Trump avait affirmé auparavant sur son réseau Truth social qu’il s’apprêtait à prendre une « décision finale » sur un possible accord. « L’Iran doit accepter qu’ils n’auront jamais d’arme nucléaire. Le détroit d’Ormuz doit être ouvert immédiatement » et Téhéran doit s’engager à le déminer, avait énuméré le président américain. L’uranium enrichi « sera déterré par les Etats-Unis (…) en étroite coordination avec la République islamique d’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique, et DÉTRUIT », avait-il ajouté. Sur la question des avoirs, il a par ailleurs précisé qu’il n’y aurait « aucun échange d’argent pour le moment ». « Les navires bloqués dans le détroit en raison de notre blocus naval exceptionnel et sans précédent, qui va maintenant être levé, peuvent entamer leur retour au port ! Saluez vos épouses, époux, pères et familles de ma part », a-t-il tweeté aussi.

Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, avait auparavant dénoncé « les demandes excessives ainsi que les positions changeantes et contradictoires » des Etats-Unis. Alors que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a haussé le ton en annonçant avoir directement frappé une base aérienne américaine jeudi à l’aube, (au Koweit selon toute vraisemblance-NDLR). Cette opération militaire d’envergure intervient en réponse à une attaque menée par l’armée américaine contre une position stratégique située près de l’aéroport de Bandar Abbas. Il a précisé que « la base américaine, d’où avait été lancée l’opération militaire, a été la cible de la riposte iranienne ». Et d’ajouter que « cette riposte constitue un avertissement sérieux à l’ennemi : toute agression ne restera pas sans réponse, et en cas de récidive, la réplique sera plus ferme. » Il a conclu en affirmant que « la responsabilité des conséquences incombe à la partie agressive ».

Visées sur Oman

A rappeler que D. Trump avait directement menacé, mercredi soir, le Sultanat d’Oman, le mettant en garde contre toute tentative d’ingérence dans le dossier du détroit d’Ormuz. Il a déclaré sur un ton ferme : « Oman doit se comporter comme n’importe quel autre pays (dans ce dossier), sinon nous devrons le faire sauter. »

De même, il a rejeté l’idée de parvenir à un accord à court terme qui permettrait à l’Iran ou au Sultanat d’Oman de contrôler le détroit d’Ormuz.  « Parmi les choses qui seront réalisées dans le protocole d’accord, c’est que le détroit sera ouvert immédiatement », a-t-il ajouté. Et de conclure : « Nous verrons comment les choses vont évoluer, et si l’accord sera couronné de succès pour devenir un véritable accord. »

En avril dernier, le ministère omanais des Affaires étrangères a indiqué que des représentants du Sultanat d’Oman et de l’Iran s’étaient réunis pour discuter des « options possibles » afin de permettre le passage des navires par le détroit d’Ormuz.

Il est à noter que le Sultanat d’Oman adopte une politique de neutralité positive dans le dossier du détroit d’Ormuz, affirmant la nécessité de garantir la liberté de la navigation internationale par le dialogue, loin des menaces américaines, ce qu’il traduit par des visites officielles répétées à Téhéran pour discuter de la stabilité de la région.

Mascate joue le rôle de « médiateur de confiance » pour faire baisser les tensions dans cette voie d’eau vitale, considérant que la sécurité du détroit est une responsabilité régionale collective dans laquelle elle rejette toute tentative de mondialisation ou de diktats extérieurs.

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