mardi, mai 12, 2026
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Tout en faisant face à l’agression israélienne : Le pays du Cèdre au bord du déchirement confessionnel

by Perspectives Med
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Tout en faisant face à l’agression israélienne : Le pays du Cèdre au bord du déchirement confessionnel

L’Organisation des Nations unies a souligné lundi la situation « volatile » au Liban, faisant état d’une intensification de l’activité militaire israélienne dans le sud du pays au cours du week-end. Ainsi, « au cours du week-end, la FINUL a observé une activité intensive de l’armée israélienne, notamment de vastes frappes aériennes à proximité de plusieurs villages du sud, ainsi que la poursuite d’opérations navales au large de Naqoura », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, lors d’un point de presse.

Il a précisé que vendredi, des chars israéliens ont bloqué des routes lors de patrouilles de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) près d’Al Bayyadah, limitant ainsi la liberté de mouvement des Casques bleus. De plus, il a indiqué que des « tirs de mitrailleuse des forces israéliennes ont touché une position de la FINUL près d’At-Tiri, dans le district de Bint Jbeil, un projectile ayant atteint un véhicule à l’intérieur du camp ».

Enfin, il a rappelé que « les Casques bleus ne doivent jamais être pris pour cible, et leur sûreté ainsi que leur sécurité doivent être garanties à tout moment ».

A Beyrouth, la tension politique atteint des sommets. Ainsi, Ali Ammar, membre de la commission des Affaires étrangères, a réclamé l’expulsion de l’ambassadeur américain au Liban suite à ses déclarations après sa visite au patriarche maronite Béchara Rai. « Nous ne pouvons que condamner fermement l’ingérence flagrante de l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth dans les affaires libanaises et son appel au déplacement des citoyens libanais de leur pays, à l’instar de ce que fait l’ennemi dans le sud », a affirmé le député du Hezbollah.

Après avoir rencontré le patriarche Rai, Michel Issa, ambassadeur des Etats-Unis, avait déclaré lors d’un point de presse que « ceux qui ont mené une campagne contre le patriarche devraient aller vivre ailleurs ».

La diffusion par la chaine libanaise pro américaine LBC d’une video en dessins animés s’inspirant des Angry Birds, offensante à l’égard du secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem et des combattants de la résistance, des partisans du Hezbollah ont rendu la pareille en diffusant des caricatures satiriques à l’égard du patriarche Rai.

Selon A. Ammar, « ce discours incendiaire, provocateur, raciste et abjecte révèle le rôle destructeur de l’administration américaine contre notre pays, qui cherche à entraîner le Liban vers Washington, dans un état d’humiliation et de soumission, et à imposer la capitulation à son gouvernement. » Plus, a-t-il ajouté, « cet ambassadeur fait preuve d’une telle imprudence, d’une telle arrogance et d’une telle tutelle qu’il pense pouvoir dicter au pays, avec ses trois pouvoirs de gouvernement et ses présidences, tout ce qu’il désire. »

Selon le député du Hezbollah, le diplomate américain devrait être révoqué : « Si quelqu’un porte atteinte à la dignité de la nation et à la souveraineté de son peuple, la mesure la plus simple à prendre est de le considérer comme indésirable et de l’envoyer dans un institut diplomatique afin qu’il y apprenne les principes, l’étiquette et le décorum du travail et de la parole diplomatique. » Les propos de M. Issa ont suscité de l’indignation lorsqu’il a dit que « Netanyahu n’est pas un ogre », insistant pour une rencontre entre lui et le chef de l’Etat libanais Joseph Aoun estimant que ce n’est pas une concession.

« Nous affrontons une phase dangereuse de l’histoire de notre région, ainsi que pour l’avenir de notre pays et de nos générations, au cours de laquelle l’ennemi sioniste criminel s’acharne contre nous, sous le soutien et la direction du tyran américain injuste, appuyé par les puissances de l’oppression, du colonialisme et les vaincus qui courent après les débris de ce monde maculés par le sang du génocide et le meurtre de l’enfance et de la vie », a signalé le leader du Hezbollah,  dans un message publié, lundi 4 mai. Cheikh Naïm Qassem a déclaré « que la Résistance, son peuple et ses partisans se dressent, malgré la faiblesse du nombre et de l’équipement, face à la tyrannie des monstres humains, offrant des martyrs dans leur forme la plus noble et la plus grande, empêchant l’ennemi d’atteindre ses objectifs, et qu’elle tienne bon et perdure… car c’est cette fermeté qui mène à façonner l’avenir de notre pays, de nos générations et de notre région avec nos alliés, comme un avenir digne, empreint de dignité et d’indépendance. » Il a souligné que « l’agression vise à spolier le droit et à occuper la terre et l’avenir par la force, tandis que la Résistance vise à libérer la terre et à rendre justice au droit. Avec la Résistance, l’ennemi est incapable d’atteindre ses objectifs, peu importent sa tyrannie et son arrogance ». Comme il a certifié qu’il « n’y a pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continue », ajoutant : « Les mots manquent pour condamner le ciblage des civils, des villages et des localités, la destruction et le meurtre d’enfants, de femmes, d’hommes et de vieillards. Nous patientons et nous résistons, et Dieu le Très-Haut est avec nous. »

Il a insisté sur le fait que « le Liban est la partie agressée et celle qui a besoin de garanties pour sa sécurité et sa souveraineté. Quant à l’allégation de l’ennemi israélien prétendant vouloir la sécurité de ses colonies au nord de la Palestine occupée, il l’a obtenue par l’application stricte par le Liban de l’accord du 27/11/2024 pendant quinze mois. Cependant, l’ennemi israélien n’a pas respecté une seule étape de l’accord, l’a violé plus de dix mille fois, a tué cinq cents civils, en a blessé des centaines, a détruit des milliers de maisons et de vies, et a déplacé les gens de leurs villages… Tout cela parce qu’il n’a franchi aucun pas sur la voie du ‘Grand Israël’, et il n’y parviendra pas, même si les monstres de la terre parmi les criminels de l’humanité se ralliaient à lui ».

Il a rappelé que l’armée libanaise s’est déployée au sud du fleuve Litani en application de l’accord. À ceux qui demandent d’où viennent les résistants et les armes, il a répondu que la Résistance a choisi des méthodes en phase avec la période et a tiré les leçons de l’expérience, soulignant que tout le monde a pu constater la maîtrise de la Résistance dans ses performances et ses surprises sur le terrain. Il a précisé qu’il « n’est pas nécessaire de se figer géographiquement : les résistants viennent de nombreux endroits du Liban, assurent leur armement adéquat et opèrent selon une tactique de harcèlement pour infliger le maximum de pertes aux soldats et officiers ennemis, et pour l’empêcher de se stabiliser sur la terre qu’il a occupée. » Et de renchérir que « la Résistance et son peuple livrent une performance légendaire qui a stupéfié l’ennemi comme l’ami ; ne la poignardez pas dans le dos. Nous ne vous appelons pas à adopter ses convictions, mais nous vous appelons à ne pas servir le camp des ennemis en cette phase délicate. »

Il a insisté sur le fait qu’il est du devoir de l’autorité de veiller à l’unité nationale, de réaliser la souveraineté, d’ordonner à l’armée de défendre le pays, d’assurer la protection de tous les citoyens et de traiter les problèmes économiques et sociaux. Et appelé le gouvernement à exposer aux citoyens ses réalisations, « ce qu’il a appliqué de l’accord de Taëf sans sélectivité ni interprétation erronée, son engagement envers la Constitution et la coexistence… Malgré sa faiblesse et son incapacité, il doit établir des plans et des programmes basés sur la construction de l’État et de sa souveraineté. Nous sommes présents, comme nous l’avons toujours été, pour être le soutien et l’aide dans le cadre de l’unité et de l’indépendance. »

Le leader s’est en outre interrogé sur l’existence d’un pays au monde « dont l’autorité s’accorde avec l’ennemi pour affronter la résistance du pays contre l’occupation ? Cela n’existe pas… Venez, affrontons les objectifs de l’ennemi et libérons la terre par notre unité interne, afin de réussir ensemble à expulser l’ennemi et permettre à l’autorité d’accomplir ses devoirs. »

Il a expliqué que quatre facteurs aident à traverser cette étape : « la poursuite de la Résistance, l’entente interne, le profit tiré de l’accord irano-américain, et le profit tiré de tout mouvement international ou régional qui exerce une pression sur l’ennemi. » et assuré « que le monde garde à l’esprit que la solution ne sera jamais la reddition », martelant que « la solution avec l’ennemi ne réside pas dans l’ingénierie politique et militaire du Liban pour en faire un pays faible et sous tutelle, ni dans une diplomatie entravée par la poursuite de l’agression et le non-respect des accords. »

« Nous sommes pour la diplomatie qui mène à l’arrêt de l’agression et à l’application de l’accord », précisant : « avec la diplomatie de négociation indirecte qui a donné des résultats dans l’accord maritime et l’accord de cessez-le-feu, tout en préservant les capacités du Liban. » Il a souligné que « la négociation directe est une concession gratuite sans fruit, un service rendu à Netanyahou qui veut projeter une image de victoire, ainsi qu’à Trump avant les élections de mi-mandat, a-t-il encore fait valoir. »

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