Le ministère iranien des Affaires étrangères a ensuite également critiqué les déclarations du président américain. « À une époque où le tonnerre des bombes et les clameurs des fauteurs de guerre et des agresseurs pèsent lourdement sur la conscience mondiale, les paroles du pape Léon XIV résonnent comme l’appel profond de l’Évangile : “Heureux les artisans de paix” », a déclaré Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère, sur X, ajoutant qu’insulter le pape constitue « non seulement un acte non chrétien », mais aussi « une attaque flagrante contre la défense responsable de la paix, de la justice et de l’humanité ».
Le pape Léon XIV a affirmé ne « pas avoir peur » de l’administration de D. Trump et a promis de « s’exprimer haut et fort », après que le président américain l’a qualifié de « faible » à la suite de ses déclarations sur la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Selon l’agence ANSA, le souverain pontife s’est exprimé devant des journalistes à bord d’un vol papal reliant Rome à Alger, lundi, déclarant qu’il continuerait à prendre position contre le conflit. « Je n’ai pas peur de l’administration Trump », a déclaré Léon XIV, au début d’une visite de dix jours en Afrique qui le conduira en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. « Je parle de l’Évangile et je continuerai donc à m’exprimer haut et fort contre la guerre », a-t-il ajouté. « Je n’ai aucune intention d’entrer dans un débat avec lui », a-t-il poursuivi, en référence à D. Trump.
Le président américain lui a rappelé l’époque où « l’exercice du culte était restreint et des prêtres arrêtés pour violation des mesures de confinement », selon ses termes. Il a ajouté qu’il ne l’appréciait pas, affirmant : « J’aime beaucoup plus son frère Louis que lui », le décrivant comme un « partisan du mouvement MAGA ». Il a souligné qu’il ne voulait pas d’un Pape jugeant acceptable que l’Iran possède l’arme nucléaire ou s’opposant aux opérations américaines contre le Venezuela.
Le locataire du Bureau Ovale a également critiqué Léon XIV pour ses positions sur la politique américaine, déclarant qu’il ne voulait pas d’un Pape qui critique le président des États-Unis alors que celui-ci exécute ce qu’il appelle « le mandat pour lequel il a été élu », citant au passage la baisse de la criminalité et des performances économiques records à la Bourse. Le président US a poursuivi en affirmant que le Pape « devrait être reconnaissant » de sa présence au pouvoir, estimant que son élection était « une surprise », qu’il ne figurait sur aucune liste traditionnelle et qu’il n’avait été choisi que parce qu’il est Américain, pour des raisons liées à la gestion des relations avec l’administration américaine. « Si je n’étais pas à la Maison-Blanche, Léon ne serait pas au Vatican », a-t-il lancé.
Il a estimé que le Souverain pontife « nuit à l’Église catholique » par ce qu’il considère comme un parti pris politique et une « préoccupation pour la gauche radicale », l’appelant à se concentrer sur ses missions religieuses et à éviter l’action politique.
Dimanche, le Pape Léon XIV avait lancé un appel à la paix, exhortant les dirigeants à mettre fin aux guerres, déclarant : « Assez de culte de soi et d’argent, assez de démonstrations de force, assez de guerre », et critiquant la politique étrangère et d’immigration du président. Il a aussi exprimé sa compassion pour le peuple libanais, affirmant qu’il existe un « devoir moral » de le protéger. « Je suis plus proche que jamais, en ces jours de tristesse, de peur et d’espoir, du cher peuple libanais. », a-t-il déclaré lors d’une homélie devant la foule place Saint-Pierre.
